Olympisme : Pour briller à Tokyo, l’Afrique avance en groupe

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A trois ans des Jeux de Tokyo 2020, les dirigeants sportifs d’Afrique projettent dès maintenant leurs regards vers le Japon. Plusieurs dizaines d’entre eux étaient réunis pour deux jours, du 20 au 21 avril 2017, à Abidjan (Côte d’Ivoire), à l’invitation de l’A.c.n.o.a (Association des comités nationaux olympiques africains), pour définir, ensemble, une stratégie gagnante pour les Jeux olympiques de Tokyo, en 2020.


L’ACNOA et ses invités ont médité sur les chiffres des Jeux de Rio, en hésitant souvent entre fierté et frustration. Certes, le continent, dans son ensemble, a décroché 45 médailles aux derniers Jeux, à Rio de Janeiro. Mais, l’Europe en a remporté dix fois plus. Surtout, le résultat collectif de l’Afrique pèse moins de 5% du total des médailles distribuées au Brésil, précisément 4,6%. «Insuffisant», ont martelé les uns et les autres.
Dans le détail, le Kenya s’est révélé le plus performant aux Jeux de Rio 2016, avec 13 places sur le podium, pour une délégation forte de 89 athlètes. L’Afrique du Sud a pris la deuxième place, avec 10 médailles, mais avec une équipe olympique nettement plus nombreuse (137 sélectionnés). L’Ethiopie pointe en troisième position, avec un ratio très respectable: 8 médailles pour seulement 38 engagés. Mais, autre motif d’inquiétude relevé à Abidjan, le Kenya et l’Ethiopie ont brillé dans un seul sport: l’athlétisme. L’Afrique du Sud, observée plus que jamais comme le meilleur élève du continent, a fait preuve d’un équilibre des forces unique dans le sport africain, décrochant des médailles en athlétisme, natation, aviron, rugby et triathlon.
Au cours de la dernière olympiade, l’ACNOA avait mis la main à la poche, annonçant dès le printemps 2013 une aide exceptionnelle de 607 000 dollars pour la préparation des Jeux de Rio. Elle a bénéficié à 101 athlètes africains, représentant 17 pays. L’athlétisme a hérité de la plus grosse part (74%), devant la natation (14%), le taekwondo (8%), le judo et la boxe. Pour l’actuelle olympiade, elle se monte à 1 million de dollars pour la période 2017-2020.
L’effort n’est pas mince. Mais l’Afrique voit grand. Elle veut avancer groupée vers Tokyo 2020, sans s’interdire de quitter sa zone de confort.
La première journée du forum de l’ACNOA l’a révélée comme une évidence: l’Afrique du Sud s’impose plus que jamais comme le modèle à suivre. Son équipe olympique a décroché 10 médailles aux Jeux de Rio. Elle en vise au moins 15 à Tokyo 2020, lorgnant vers le cyclisme, l’escalade ou le skateboard comme autant de nouveaux terrains de conquête. Son organisation à l’occidentale, structurée et planifiée, fait des envieux. «Mais rien n’est dû au hasard, nous avons beaucoup investi», explique le président du comité national olympique d’Afrique du Sud, Gideon Sam. Nous avons beaucoup investi.  Pour Lassana Palenfo, président de l’A.c.n.o.a, l’Afrique ira à Tokyo pour viser toujours plus de podiums. Rendez-vous est pris.

Jean ZENGABIO

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