Fiba-Afrique : De lourdes sanctions planent sur le Congo

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Un document officiel du bureau régional africain de Fiba (Fédération internationale de basket-ball), dont notre rédaction a reçu copie, indique que le Congo s’expose à de lourdes sanctions s’il maintient sa décision de renoncer à organiser l’Afro-basket masculin 2017 qu’il avait librement sollicité et obtenu, le 16 mai 2017, en signant la lettre d’accord portant attribution de cette compétition.


Les réactions sont nombreuses et contrastées au lendemain de la correspondance du gouvernement congolais datée du 8 avril, dans laquelle il signifie à Fiba Afrique son incapacité d’honorer son engagement, en raison de la situation socio-économique morose à laquelle le pays est confronté, à cause «de la conjoncture nationale et internationale marquée par la chute du prix du baril du pétrole».
Pour Fiba Afrique, c’est «inacceptable». «Le Congo ne peut pas mettre en avant la crise pétrolière pour ne pas organiser l’Afro. Il y a un an, le Congo aurait désisté  nous aurions compris. A 3 mois de l’événement, c’est un préjudice trop important pour les fédérations qui ont fait des éliminatoires et pour le basket africain», réagit un responsable de Fiba Afrique ayant requis l’anonymat. Son instance souligne que «cette situation est une première dans l’histoire du basket-ball africain et mondial». Il ne serait donc pas surprenant que, d’ici quelques jours, le Congo s’attire la foudre de l’instance dirigeante du basket-ball continental.
Que disent les textes de Fiba Afrique, en cas de retrait unilatéral et de non-respect des échéances financières? Le procès-verbal de la séance de travail qui a réuni, le 12 avril 2017, à Abidjan, Fiba Afrique et un délégué de la Fécoket (Fédération congolaise de basket-ball) est clair.  Fiba Afrique condamnerait le Congo au règlement total, avant le 1er août 2017, de l’engagement financier pris à la signature de la lettre d’accord, notamment les droits d’attribution de la compétition (300.000 dollars US, soit 192 millions de francs CFA) et les droits de commercialisation (1.500.000 euros, soit 984 millions de francs CFA). Des droits que le Congo n’a pas payé avant le 15 septembre 2016, enfreignant ainsi la lettre d’accord du 16 mai 2016.
La faîtière du basket-ball africain ne s’arrêtera pas à cette sanction, puisqu’elle réclamera le remboursement des frais occasionnés pour l’organisation de la compétition (C. Disposition commerciales point 13) et infligera d’autres sanctions financières (Amendes) et disciplinaires (suspension des activités de Fiba Afrique, etc.) à l’encontre du Congo (E. Dispositions spéciales, point 3.b 4).  En plus, du paiement dans un délai de 2 mois d’une amende de 500.000 dollars, soit 320 millions de francs CFA  (Art. 8.b) conformément aux règlements unifiés des compétitions de Fiba Afrique. Sans oublier, éventuellement, la contrainte d’éponger les coûts liés à la réparation des préjudices subis. Car, pour Fiba Afrique, qui pourrait dénoncer la décision du Congo devant les tribunaux compétents de Paris, «le délai est trop court pour trouver un autre pays d’accueil, et le chamboulement est obligatoirement pénalisant», souligne-t-il.
Finalement, l’option de renoncer à sa décision de se désister est plus avantageuse financièrement pour le Congo. C’est pourquoi Fiba Afrique conseille la Fécoket de travailler à sauver la situation et se propose «de rencontrer, dans les plus brefs délais, les plus hautes autorités congolaises.».

Guy-Saturnin MAHOUNGOU

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