Réflexion sur le football congolais

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Les amoureux du ballon rond sont médusés par les contreperformances répétées du football congolais. Car bien loin, derrière nous, sont les périodes fastes durant lesquelles ce football a rivalisé avec les meilleures équipes et sélections nationales du continent. Tandis que des joueurs congolais se hissèrent au niveau des meilleurs footballeurs africains.

Ce fut le cas de François M’Pelé, Moukila ‘’Sayal’’, M’Bemba ‘’Tostao’’, N’Domba ‘’Géomètre’’, pour ne citer que ceux-là, car la liste n’est pas exhaustive.
Les mauvais résultats enregistrés cette année par nos clubs représentatifs, CARA, Diables-Noirs, Etoile du Congo et Léopards, puis la mauvaise position occupée par notre équipe nationale dans le classement mensuel de la Fifa sont le reflet de l’agonie de notre football.
Aujourd’hui, le spectacle n’est plus garanti dans nos stades. Conséquence: les Congolais, d’ordinaire férus de football, désertent les gradins. Si les gens ne vont à la pêche, ils remplissent les bistrots ou préfèrent suivre devant le petit écran les matchs se déroulant en Europe ou en Afrique, au lieu d’être dans les gradins de nos stades, à cause des balbutiements des joueurs qui les y éloignent. Même les Diables-Noirs qui, jadis, faisaient déferler des marées humaines, ne réunissent plus, pour tout dire, que quelques dizaines. Cela ne fait pas l’affaire des gérants des stades, des clubs et de la Fécofoot (Fédération congolaise de football), car les caisses sont… vides.
Il faudra, sans doute, beaucoup d’imagination pour recenser et exorciser les démons qui rongent le football congolais et font désengager ceux qui, hier, célébraient, avec faste, les fêtes du football. La débâcle du football congolais ne serait pas imputable uniquement aux seuls techniciens et footballeurs. Pour d’aucuns, les dirigeants des clubs n’en sont pas moins responsables, peut-être sont-ils les premiers responsables des malheurs de notre football. Dans la mesure où, de plus en plus, arrivent des individus dont on ne connaît le passé. Rares sont ceux qui ont l’étoffe de Rémy Ayayos Ikounga, le président de l’A.C Léopards, l’unique sortant du lot, de l’avis de nombreux observateurs, même si son équipe traverse, cette année, des moments difficiles.
Les pouvoirs publics et la Fécofoot sont logés à la même enseigne. Comme les dirigeants des équipes, leur responsabilité est, également, engagée. Dans la mesure où, en ce qui le concerne, l’Etat détermine la politique sportive du pays et doit, entre autres devoirs, apporter une assistance financière, matérielle ou en personnel aux fédérations sportives conformément à la loi 11-2000 du 31 juillet 2000. Tandis que la responsabilité technique incombe à la Fédération, les clubs étant sous son autorité. Pouvoirs publics et Fécofoot jouent-ils réellement leur rôle? Par ailleurs, pour quel football roulerait la Fécofoot? N’a-t-elle pas, par le truchement de sa direction technique nationale, la mission de concevoir le modèle de football susceptible d’être enseigné dans les clubs?
Devant une pareille situation qui risque de perdurer, si  l’on ne prend garde, il faut prendre des mesures pour dénouer la crise. Aussi proposons-nous: dorénavant, ne peuvent être élus à la tête des clubs de football, que des personnes douées, oeuvrant, visiblement, pour l’émergence du football congolais; que le Ministère des sports obtienne tous les fonds nécessaires pour la promotion et le développement du football, qu’il accorde des subventions à la Fécofoot et aux clubs, non sans en contrôler la gestion; que la Fécofoot  soit, elle aussi, plus pragmatique, très regardante, sa mission étant, outre l’organisation des compétitions, d’organiser, de développer et de contrôler l’enseignement et la pratique du football, sous toutes ses formes dans le pays.
En guise de conclusion, l’avenir du football congolais repose sur une profonde remise en cause des certitudes. Par une réflexion sincère, courageuse, dépourvue de toute démagogie. Comme dans les autres domaines de notre société, rupture, rigueur, vérité devraient être érigées en règle de gestion saine du football congolais. Son rayonnement international en dépend.
La balle est dans le camp des pouvoirs publics et de la Fécofoot.

Antoine BEMBA-POKAT
(Observateur sportif)   

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