Vie des clubs : Une planche de salut nommée sponsor

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Le sponsoring des équipes serait comme une bouffée d’air pur, dans la mesure où il peut faire face aux nombreux problèmes auxquels le football congolais est confronté sur le plan financier. La plupart des clubs connaissent une crise financière aiguë, à cause de l’essoufflement de nombreux dirigeants qui ne sont plus motivés pour poursuivre leur mission à la tête des clubs.

Ces dirigeants ont consenti beaucoup d’efforts personnels sur le plan financier, afin de faire face  aux nombreux problèmes  de leurs clubs (Prise en charge des joueurs, des entraîneurs, du personnel médical et autres, puis logistique, etc.). Il leur est difficile, maintenant, de continuer, la situation dans ce registre devenant de plus en plus délicate. Une situation accentuée par le désengagement du public et le nombre impressionnant de resquilleurs dans les stades, à tel point que le football congolais ne génère plus l’argent de son développement.
Les dirigeants du CARA, notamment leur coordonnateur général, Jean-François Ndéngué, l’ont compris. Ils ont arraché pas moins de dix sponsors, qui feront route ensemble avec eux, pour la saison sportive 2016-2017. Encore faut-il que les partenaires ciblés confirment avant le 31 décembre leur engagement, en  mettant la main à la poche, comme convenu dans le protocole d’accord.
Le sponsoring n’est pas une nouveauté au Congo. Il est aussi vieux que le monde. En effet, dans les années cinquante, les équipes Diables-Noirs et A.S Lorraine furent, respectivement, sponsorisés par les Cigarettes Brazza (Siat) et la Boulangerie Léon, pour la première nommée, et la Brasserie Primus, pour la seconde. Ainsi les Diables-Noirs portèrent, astucieusement, sur leur maillot: «Diables-Noirs Brazza». Et les murs de certaines artères de la ville furent inondés des posters géants d’Ange Baboutila ‘’Fantomas’’, leur défenseur intraitable de l’époque, vantant le «bon pain Léon». Quant à la Lorraine, surnommé La Prima (comme Primus), son sponsor lui imposa ses couleurs «Sang (Rouge) et or».
Comme le sponsoring a pour effet de faire progresser plus vite le football en allégeant la trésorerie des équipes par les moyens qu’il lui procure, ce fut alors le printemps du football congolais. Il est vrai que ce fut aussi l’époque dorée de toute une pléiade de grands footballeurs que le pays ait connus et qui figurent depuis dans le gotha.
En 1982, l’accord de sponsoring entre le CARA et la brasserie Kronenbourg a permis aux Aiglons de se maintenir sur les cimes du football congolais, a rappelé Alain Fouka, président de la section foot, l’autre jour.
Il en est de même, plus récemment, pour les Diables-Noirs. Depuis 2009, ils sont sponsorisés par Lynx Energy Trading, via sa filiale au Congo, le distributeur des produits pétroliers X-Oil dont le nom apparaît sur leur maillot officiel. Résultats: deux titres nationaux de champion (2009 et 2011) et trois victoires de Coupe du Congo (2012, 2014 et 2015).
Avec un concours complémentaires, si possible la subvention de l’Etat, le sponsoring pourrait sauver le football congolais de sa trop grande indigence.
Seulement voilà, le sponsor viendra, rarement, vers les équipes. Il faut aller le dénicher, le chercher. Son concours se sollicite. On doit savoir lui faire la cour et se montrer persuasif. Savoir faire tourner la langue comme faisaient en leur temps les Papa Odin (+), Gilbert Mankoundia (+), Pascal Nkakou (+), Michel Ehouango (+), ont affirmé nos contemporains.

Guy-Saturnin
MAHOUNGOU
     

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