Handball/ Après la CAN féminine Luanda-2016 : Diables-Rouges: des ambitions limitées

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A Luanda, où vient de s’achever la 22e Coupe d’Afrique des nations de handball féminin, dotée du trophée Edith Lucie Bongo Ondimba, l’Angola a brillé chez elle, tandis que le Congo rentre les mains vides, bien vides, faute d’ambitions. Tout annonçait cette compétition comme étant celle de la revanche, pour l’Angola dépossédée du titre continental par la Tunisie, il y a deux ans, à Alger, après huit titres successifs à son actif, de 1998 à 2012.

L’enjeu de l’épreuve (titre africain et qualification pour la prochaine Coupe du monde) donnait à penser que rien n’aurait été laissé au hasard pour cet objectif. C’est ce qui s’est produit, car l’Angola a récupéré sa couronne, au terme d’un parcours sans-faute. En finale, elle n’a laissé aucune chance à la Tunisie, qui s’est retrouvée là après la disqualification du Sénégal (pour avoir aligné une joueuse non éligible). Score final: 37-17.
Le Sénégal a été la révélation de la compétition. 46 ans après sa première finale lors de l’édition inaugurale, il s’est hissé, pour la deuxième fois de son histoire en finale, avant d’en être malheureusement privée.  
Que dire du Congo? Grâce à l’exclusion du Sénégal, il termine au pied du podium, donc quatrième. Mais, si le degré de mobilisation dans la préparation d’une compétition est un critère important pour juger des objectifs visés par un pays participant, il est difficile de dire que le Congo nourrissait de grandes ambitions pour Luanda 2016, malgré l’enthousiasme affiché par certains pour une possible place sur le podium. La préparation à minima entamée pour  ce tournoi continental reflète assez bien  le tâtonnement  et l’improvisation qui caractérisent la gestion du handball congolais.
L’équipe nationale de handball du Congo n’existe que lorsqu’il y a des compétitions. Ainsi, c’est à deux mois environ du début de la CAN 2016 que l’on a rassemblé les éléments  présélectionnés pour une préparation  qui a été plus une sinécure qu’une occasion de travail rigoureux. Si bien que les Diables-Rouges, tout en ayant des éléments intrinsèquement bons, ont perdu face à des adversaires d’un même tonneau, en raison de leurs méthodes de travail et d’organisation.
Le handball congolais a besoin d’être véritablement pris en main, organisé dans ses bases et géré dans la perspective d’une affirmation internationale. Cela suppose que les hommes amenés à assurer ces responsabilités maîtrisent leur environnement et bénéficient de la confiance des autorités sportives.
A Luanda, l’équipe féminine congolaise aurait pu mieux faire. Il lui a manqué cette audace que confèrent les tournois internationaux, ce culot que procure la maîtrise technique individuelle, cette volonté qui anime celles qui se savent entourer d’attention et de considération.
Il y aurait, aussi, à redire sur l’encadrement technique des joueuses et sur la capacité, notamment des responsables du handball congolais à tirer des leçons des échecs passés. Ils entretiennent toujours l’illusion d’un handball structuré, organisé et opérationnel. En réalité, les succès des premières années du handball féminin furent obtenus beaucoup plus par le courage et la persévérance de ses encadreurs de l’époque et par le sérieux et l’abnégation de ses joueuses que par la planification et le suivi d’une politique. A méditer! Il y va de l’avenir du jeu à sept congolais.

Guy-Saturnin
MAHOUNGOU