Civisme : Promouvoir la conscience d’être citoyen communal

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Dans le cadre des échanges d’idées, la Fondation Niosi a organisé mercredi 26 février 2020 à l’Institut français du Congo, à Brazzaville, une conférence sur le thème: «Promouvoir la conscience communale pour développer la citoyenneté urbaine».

Animée par Alphonse Malonga, expert en décentralisation et enseignant à l’Ecole nationale de l’administration et de la magistrature (ENAM) de l’Université Marien Ngouabi, sous la modération de Josué Ndamba, membre de la Fondation, cette conférence a eu pour but de faire prendre conscience aux Congolais du délabrement total de leurs villes. 

Au fil du débat, l’assistance a été édifiée sur le ‘’comment devenir un citoyen de sa commune’’. Etre un citoyen communal nécessite une prise de conscience du respect des lois sur la décentralisation, des décrets d’application de ces lois et des délibérations prises par les autorités des villes.
Aujourd’hui, les villes congolaises font face aux problèmes d’érosion, d’écroulement et d’ensablement des maisons, de gestion d’ordures ménagères qui dégagent des odeurs pestilentielles et polluent; des voies complétement dégradées accélérant l’usure dea véhicules, d’encombrement des rues, des nuisances sonores, etc. Un phénomène désolant qui donne au citoyen une perception imprécise de la ville.
Pour résoudre ces problèmes liés à la croissance urbaine, il faut une conscience communale, une vision et une acceptation de l’intérêt de la collectivité, donc de l’intérêt général.
Pour Alphonse Malonga, «la conscience communale s’acquiert en stimulant chez les populations des communes un sentiment profond d’appartenance à celles-ci; en suscitant la prise de conscience sur la compréhension de ce qu’est l’intérêt général; en vérifiant la pertinence et l’efficacité des politiques et programmes, en surveillant et en vérifiant la dévolution des ressources; en suivant l’exécution financière et physique des programmes, tout comme en veillant à faire émerger l’ensemble des questionnements de toute la communauté sur la gestion publique».
Un citoyen d’une ville, a poursuivi le conférencier, doit avoir une attitude de responsabilité, de solidarité et d’engagement personnel pour le développement de l’ensemble de la commune. Il doit tenir compte des besoins réels des autres, des objectifs et priorités de développement communs et non des seuls intérêts de sa localité. De même qu’il doit participer de façon effective au développement de la commune, payer ses taxes et impôts et participer matériellement et physiquement aux activités d’intérêt collectif.
Le conférencier a en outre souligné que les communes au Congo ne remplissent pas suffisamment leurs services. Elles sont incapables d’assurer les services publics locaux essentiels. Les administrations municipales se confinent à des services classiques comme l’établissement des pièces d’état civil, la gestion des marchés et des pompes funèbres et bien d’autres. Les services essentiels étant mal assurés ou presque pas. Ce qui explique entre autres, les coupures d’eau et d’électricité devenues permanentes. Par ailleurs, l’éclairage public est très insuffisant; il est déficient ou inexistant dans les quartiers. La voirie est très souvent en mauvais état. Les inondations et les érosions récurrentes et l’insalubrité permanente. Les équipements publics sont insuffisants, voire inexistants ou obsolètes. Ce qui amène souvent les agents municipaux à être périodiquement en grève.
Le droit à la ville est à cet effet un leurre pour les habitants des communes du Congo. Les communes, à leur avis, ne sont que des machines à mobiliser des ressources financières locales sans contrepartie tangible en services rendus aux populations. Les administrations ne sont promptes qu’à augmenter la pression fiscale sur les activités et entreprises locales sans jamais se soucier des problèmes réels des opérateurs économiques et du secteur informel. Certains agents poussent l’outrecuidance en développant l’incivisme.
En conclusion, la promotion de la conscience communale s’avère urgente. Les citoyens doivent prendre part à la prise des décisions concernant la gouvernance locale, la lutte contre la pauvreté et la satisfaction de leurs besoins essentiels. En mettant en œuvre et en développant les principes de transparence, d’équité, d’imputabilité. Dirigeants et populations doivent s’impliquer dans l’application de ces principes. Le grand défi à relever étant la prise de conscience de la responsabilité individuelle pour faire un pas vers la citoyenneté.
Jean Claude Boukou, participant et enseignant au département de sociologie à l’université Marien Ngouabi, a estimé que ce genre de débat citoyen ‘’doit durer dans le temps, pour sensibiliser les Congolais aux devoirs et aux droits des citoyens. Beaucoup de phénomènes sont constatés dans nos quartiers: certains voisins élèvent des digues sur la voie publique pour sauvegarder leurs parcelles contre les érosions qui menacent à tout moment…Chacun fait ce qu’il veut. On a l’impression que l’Etat est inexistant. Le citoyen doit savoir qu’il n’est pas seul au monde; à côté de lui, il y a des voisins et d’autres usagers qui utilisent la rue, par exemple. On doit être garant de tout pour notre sécurité’’.

Philippe BANZ

 

 

 

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