Criminalité dans la région des Grands Lacs : Mutualiser les systèmes judiciaires nationaux

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Le réseau de coopération judiciaire pour les pays membres de la conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) a organisé à Kintélé (Brazzaville) du 4 au 5 avril 2019, sa 4e réunion plénière sous le thème générique: «Le commerce illicite et la gestion des ressources naturelles». Elle a eu pour but de faire le point des activités de l’année écoulée, de discuter des activités prochaines, et d’échanger sur les bonnes pratiques aux fins de mieux lutter contre la criminalité organisée, en particulier l’exploitation illégale des ressources naturelles dans la sous-région.

 

Ouverte par Aimé Ange Wilfrid Bininga, ministre de la Justice, des droits humains et de la promotion des peuples autochtones, en présence de Mme Barbara Matasconi, représentant de l’envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, Anthony Kwaku Ohemeng-Boamah, coordonnateur résident du système des Nations Unies au Congo, Parek Maduot, représentant du secrétaire exécutif de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et Sandro Donati, représentant du bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), cette réunion a regroupé 45 participants, praticiens du droit venus des Etats membres de la CIRGL, des partenaires au développement et des organisations de la société civile. Ils ont débattu de la coopération judiciaire proportionnelle à la menace contre la paix, la sécurité et la stabilité dans la sous-région.
La réunion a permis ainsi de discuter de la législation, des bonnes pratiques pour travailler ensemble sur des cas concrets. Il a été question pour le réseau d’orienter son action, de renforcer ses outils et de faire appel à des initiatives ad hoc, afin d’en faire un instrument primordial dans la lutte contre la criminalité transfrontalière, la construction d’une paix et la stabilité durable dans la région.
A l’ouverture, l’ensemble des intervenants a reconnu que l’efficacité des systèmes judiciaires nationaux ne peut pas être perçue au seul niveau national, et qu’ils ne peuvent pas contribuer tous seuls à éradiquer le crime organisé transnational sévissant dans la région depuis des décennies.
Les efforts doivent être complémentaires et se renforcer mutuellement si l’on veut obtenir des résultats tangibles en matière de lutte contre l’impunité des crimes transnationaux. Dans ce sens, la coopération internationale en matière pénale est indispensable pour lutter efficacement contre différentes formes de criminalité transnationale organisée.
A la lumière des échanges, les praticiens du droit pénal ont rédigé un texte, l’appel de Brazzaville, demandant à chaque pays membre d’être davantage déterminé à coopérer, à donner la main pour former la chaine de solidarité dans la lutte commune contre la criminalité transfrontalière organisée.
Le ministre Aimé Ange Wilfrid Bininga a indiqué que les braconniers lourdement armés et les marchands véreux de trophée d’animaux partiellement ou totalement protégés s’activent jour et nuit à dégarnir forêts et savanes herbeuses de leurs plus luxuriantes espèces fauniques. «Bientôt nos aires protégées ne disposeront ni de troupeaux d’éléphants d’Afrique, ni de colonnes de groupes de singes, ni de singuliers okapi, encore moins de vols groupés de grands oiseaux. Au final, le mobile élogieux des politiques publiques portant protection des espèces en voie d’extinction est tourné en déclaration de guerre. Si bien que les Etats et leurs partenaires sont pris pour cibles par les exploitants illégaux de ces ressources naturelles.»
Pour donner en effet vie au protocole de la CIRGL inhérent à la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, une coopération judiciaire sans faille ni prétexte de relâchement est plus que jamais nécessaire, a-t-il été réaffirmé.

Philippe BANZ

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