Michel Sidibé, directeur exécutif de l’ONU Sida : «Je serai l’avocat du Congo pour mobiliser les ressources nécessaires»

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Pour s’enquérir des efforts fournis par les autorités du pays en matière de lutte contre le sida, Michel Sidibé, directeur exécutif de l’ONU Sida et secrétaire général adjoint des Nations Unies, a séjourné au Congo du 3 au 4 avril 2019. Pendant ces deux jours, il a rencontré, tour à tour, Clément Mouamba, premier ministre, Pierre Ngolo, président du Sénat, et Denis Sassou Nguesso, le président de la République.

Il s’est aussi entretenu avec la société civile et la presse. Des rencontres qui lui ont permis de recueillir toutes sortes d’informations pour mieux apprécier la lutte contre le sida au Congo. «L’engagement est bien pris par les responsables», a-t-il fait savoir.

A travers ces rencontres, le directeur exécutif de l’ONU Sida a appris ce qui a pu se faire au cours des années et ce qu’il faudrait faire pour atteindre les populations qui n’ont pas encore accès au traitement. Et il faudrait aller beaucoup plus vite, a-t-il affirmé. «On est fier que le Congo soit membre du conseil d’administration. C’est un une plateforme mondiale, a-t-il poursuivi, qui permet de porter le nom du Congo et de se battre pour mobiliser des ressources nécessaires pour le Congo et je serai l’avocat du pays.»  
Le premier ministre l’a rassuré que le Gouvernement met l’accent sur le social de telle sorte que les médicaments soient disponibles. Le Gouvernement a promis fournir plus d’efforts pour renforcer le partenariat avec le Fonds mondial pour le sida.
Au Sénat, Michel Sidibé a soutenu que le Parlement est l’instrument idéal de contrôle pour aider à avoir une allocation budgétaire adéquate. Il fait de sorte que les programmes sociaux et le développement soient en harmonie avec la demande de la population. Le Parlement est l’organe qui aide aussi à créer une transparence pour une obligation des résultats.
A la présidence de la République, Michel Sidibé a obtenu l’engagement ferme du président de lutter contre la maladie. Il lui a annoncé qu’il est prévu un sommet panafricain en juillet prochain à Brazzaville. Aussi ont-ils abordé les questions de la préparation de ce futur sommet.
L’Onu Sida a actuellement un déficit de 66 milliards de dollars américains. Si l’on veut atteindre l’objectif de 2030 de l’Union africaine, il est important que la pérennisation des acquis soit sauvegardée. La solidarité étant la condition sine qua none, a-t-il conclu. Mais, malgré les assurances qu’a reçues le directeur exécutif de l’Onu Sida des autorités, au Congo l’analyse de la dynamique de l’épidémie a montré que celle-ci reste de type généralisé et quasi-stable depuis 2010, mais en baisse depuis 2016. L’épidémie reste généralisée avec 3,2 % de prévalence chez les adultes, selon les données de l’enquête de séroprévalence et les indicateurs du sida réalisés en 2009 et à 3,14 %, selon les estimations de l’Onu Sida en 2018.
Entre 2010 et 2016, la prévalence de la maladie est restée stable avec une baisse amorcée en fin 2016 de 3 %. Toutefois, les prévalences restent importantes dans les groupes clés et vulnérables tels que chez les jeunes filles enceintes de moins de 15 ans, avec 3,8 % en 2017; les populations carcérales 3,7 %, les professionnels du sexe 8,1 % et les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes 41,2 %. Chez les homosexuels et les professionnels du sexe, la prévalence du VIH est encore en hausse. Elle représente plus de 58 % chez les homosexuels et 8 % chez les professionnels du sexe. En 2017, les infections ont été élevées à un plus haut niveau que celui de 2010: 7.200 en 2010 et 7.900 en 2017.


Philippe BANZ

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