Santé : Sensibiliser et mobiliser contre l’autisme

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L’ambassade de France au Congo et l’Ecole Case Dominique de Poto-Poto, qui accueille des enfants autistes dès le plus jeune âge et leur offre une éducation de qualité, ont conjointement organisé mardi 2 avril 2019, à l’Institut français du Congo, une table ronde pour sensibiliser à l’autisme au Congo. Y ont pris part Bertrand Cochéry, ambassadeur de France au Congo, Anatole Collinet Makosso, ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation et de nombreuses personnes attentives à cette maladie qui est devenue un obstacle au développement des enfants qui en souffrent.

 

La table ronde a réuni des spécialistes comme Milda Matondo, psychiatre au CHU de Brazzaville, Raoul Sika, chargé des ressources humaines à la Commission épiscopale de l’éducation catholique (CEEDU), Dieumerci Nakavoua, directeur de l’Ecole spéciale Case Dominique et Sœur Ida-Pélagie Louvouandou, de la Case Dominique.
«Le Conseil de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, tenu en septembre 2016, avait recommandé la réouverture de cette filière, et nous travaillons avec mon collègue de l’Enseignement supérieur pour que soit rouverte cette filière en charge de la formation des enseignants spécialisés sur deux handicaps, particulièrement celui des déficients auditifs», a déclaré Anatole Collinet Makosso qui a ensuite exprimé son envie de soutenir les enfants vivant avec handicap. «Cela se fait par une prise en charge totale de tous les enfants, sans discrimination, particulièrement  pour ceux présentant des déficiences. Pour ces derniers, la prise en charge est assurée par le biais de l’éducation informelle et plus particulièrement de l’enseignement spécialisé.»
L’ambassadeur français a quant à lui appelé toutes les parties à agir pour faire  reculer cette maladie: «l’Etat ne peut pas tout faire, et je pense que c’est vraiment quelque chose qui, aujourd’hui, s’inscrit sur la marque de fabrique de l’action des Gouvernements auxquels vous avez l’honneur d’appartenir», ce qui revient à dire que l’Etat doit agir avec les partenaires, les ambassades et le secteur privé. Il doit les encourager, les écouter et conclure avec eux un pacte de solidarité et de responsabilité.
Considéré comme un trouble neuro-développemental qui affecte le système nerveux, le développement global du mental de l’enfant, l’autisme est généralement diagnostiqué à l’âge de 3 ans. Ce handicap se manifeste par différents signes dès le bas âge: aliénation du comportement social, problèmes de communication et du langage, modicité des centres d’intérêts et des activités qui sont spécifiques à la personne et stéréotypés (répétition des mêmes actions). Ce sont des signes essentiels pour détecter la maladie,  a indiqué le Dr Paul Gangou.  Ils apparaissent dans l’enfance et ont tendance à persister à l’adolescence et à l’âge adulte.
Psychologue, volontaire à la case Dominique, Mme Justine Etienne a donné des approches de solution pour atténuer ce handicap, afin de permettre aux victimes d’acquerir une certaine autonomie. «Il s’agit de recevoir l’enfant dans toute sa globalité et pour obtenir cette globalité de l’enfant, l’échange avec les parents, le travail en équipe avec eux, sera primordial pour avancer ainsi que la communication en équipe avec les enseignant et les membres de l’équipe de prise en charge».
La table ronde a été clôturée par la sœur Ida-Pélagie Louvouandou, coordonnatrice de l’Ecole spéciale Case Dominique qui a remercié tous les participants à la table ronde, en particulier l’ambassadeur de France et le ministre de l’Enseignement primaire et secondaire pour l’initiative prise et les gens qui font confiance à la case Dominique. «Là où il y a la division à cause de l’autisme, apportons l’union. Car beaucoup de famille se disloquent. Là où il y a la tristesse à cause des troubles envahissants de développement, apportons la joie. Car il y a beaucoup de familles qui ne savent plus rire. Là où il y a le désespoir à cause des troubles spectres autistiques, apportons l’espérance», a-t-elle insisté.
Il faut d’ores et déjà se lever maintenant pour instaurer les bases afin de reculer ou d’atténuer cette maladie en république du Congo.  

Diachiley MASSAMBA (Stagiaire)