Sécurité : «La Police ne peut pas gagner les batailles sans la discipline!»

  • Imprimer
Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Après les commissariats centraux de la Tsiémé et de la Mfoa, le directeur général de la Police (DGP), le général Jean-François Ndengué a mis le cap les 7 et 12 mars 2019 sur les commissariats centraux de Police du Plateau et du Djoué, dont les missions sont d’assurer la sécurité des personnes et des biens respectivement dans les arrondissements 2 et 3 pour le premier, 1 et 8 pour le second. Des instructions fermes sur l’éthique, la déontologie et l’accoutrement du policier ont été données, à cette occasion, au personnel, avant d’évoquer les questions d’intérêt général et d’écouter les préoccupations de la base.


Le directeur général de la Police est revenu sur les événements socio-politiques que le pays a connus et qui ont abouti à la création des milices ayant semé la terreur. La Police a joué un rôle important pour les éradiquer.
La mission fondamentale du policier, a-t-il rappelé, est de garantir la sécurité, l’ordre, la paix des citoyens. Pour cela, il faut intérioriser les fondamentaux de la Police qui sont sa déontologie et ses statuts rassemblant un certain nombre de dispositions légales comme la discipline et les missions. «Un policier doit avoir les statuts de la corporation pour connaître ses droits et obligations. Ceux qui croient qu’à la Police il y a cette espèce de philosophie du libre arbitre se sont trompés de vocation. Je crois qu’ils doivent démissionner parce que pour venir à la Police, il faut avoir une vocation. Les obligations du policier, on ne peut pas les énumérer toutes, mais j’en prends quelques-unes, en matière de Police judiciaire par exemple, le respect de la garde à vue est de 72H, dépassé ce délai, il faut avoir l’accord du Procureur de la République».
Le général Ndengué a aussi déploré le comportement affiché par certains ‘’routiers’’ qui rançonnent les automobilistes alors qu’ils sont une vitrine de la Police. Il a relevé par ailleurs les problèmes de la corruption, de la concussion, de trafics d’influence qui prennent de l’ampleur dans la Police. Alors que tous les policiers ont des salaires et peuvent vivre avec. Le directeur général de la Police  a aussi constaté qu’il existe des policiers associés à des malfrats dans la consommation de la drogue devenant à leur tour des trafiquants… Ces policiers appelés ripoux, a-t-il prévenu, seront mis hors d’état de nuire.
Dans le cadre de l’éthique, le général Ndengué a mis l’accent sur les problèmes des arrestations arbitraires initiés par des citoyens véreux, avec le placement des citoyens dans les banquettes, ternissant ainsi l’image de la Police puisque ces actes sont strictement interdits. La stratégie de violence adoptée par la Police a également été décriée; elle est dénoncée par les organismes des droits de l’Homme. Les embuscades tendues aux musulmans à la sortie des Mosquées sont à éradiquer.
En un mot, a-t-il martelé, il y a un problème d’éthique aujourd’hui au sein de la Police. «Nous sommes victimes des railleries de la part de nos concitoyens à cause de certains ripoux qu’il faut radier. Le policier doit éviter de chercher un préalable pour intervenir, il doit être professionnel. Il y a aussi ce phénomène d’usurpation des identités des agents décédés qui devient une pratique qu’il faut condamner».
Pour terminer, le DGP a reconnu que la Police ne peut pas gagner les batailles et avancer sans la discipline, une des premières vertus du policier qu’on acquiert par la formation et qui doit continuer à être de mise. A la Police, a-t-il affirmé, la stratification est strictement respectée et dans nos statuts, il y a des obligations concernant la Police judiciaire, administrative, etc. «Ce qui est attendu des policiers, c’est plus d’engagements, plus de décisions et des résultats palpables sur le terrain», a-t-il conclu.
Dans les échanges, les policiers ont posé un certain nombre de doléances liées aux questions de logistique, des avancements, etc. Le général Ndengué a donné, à propos, des pistes de solutions et des instructions. Il a souhaité que les policiers aient l’esprit d’initiatives.

Alain-Patrick MASSAMBA