Gouvernance forestière : Pour plus de justice et de transparence dans la gestion des ressources forestières

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Le tout premier Forum régional pour la gouvernance forestière, du projet ‘’Voix des Citoyens pour le Changement’’ - Observation indépendante, en sigle CV4C, s’est ouvert à Brazzaville, du 30 au 31 octobre. Dans le cadre du projet «Renforcement de la Gouvernance Forestière en Afrique» (SAFG) et du projet EU-CFPR du Centre International pour le Développement et la Formation (CIDT), il est le 11e d’une série de conférences internationales similaires.

 

Le Forum a été ouvert par Mme Rosalie Matondo, ministre de l’Economie forestière, représentant le premier ministre, en présence de nombreux officiels, dont le chef-adjoint de la Délégation de l’Union européenne au Congo, les ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques, la représentante de l’université de Wolverhampton et le représentant de la COMIFAC. Il a regroupé des acteurs du secteur privé et public, de la société civile, des partenaires au développement, des représentants des communautés dépendantes des forêts, des peuples autochtones et des universitaires. De nombreuses thématiques comme la foresterie participative, l’engagement du secteur privé, la conversion des forêts, les marchés domestique du bois, les droits des peuples autochtones, etc., y ont été développées dans le but d’améliorer la gouvernance forestière, lutter contre l’exploitation illégale, la déforestation et la dégradation des forêts dans le Bassin du Congo.
Ouvrant les travaux, la ministre Rosalie Matondo a déclaré que le Congo a engagé un vaste programme d’aménagement forestier pour faciliter son développement et la diversification économique. Le but visé étant de faire que de ses forêts ne soit produit que du bois légal et dont la traçabilité est effective.
Claude Bochu, chef-adjoint de la Délégation de l’Union européenne (UE) au Congo, a indiqué que la politique de promotion de la bonne gouvernance forestière de l’Union s’articulait autour de deux axes: les activités d’atténuation et d’adaptation au réchauffement climatique et la création d’opportunités de croissance économique et d’échanges commerciaux dans le domaine de l’exploitation des ressources forestières. «Le premier, a-t-il expliqué, se réfère notamment au processus REDD+, que l’UE contribue à financer dans le cadre des Nations Unies, et dont le mécanisme international soutient les pays en voie de développement qui protègent et restaurent leurs stocks de carbone forestier, par la lutte contre la déforestation et la préservation de la biodiversité. Le deuxième au Plan d’action FLEGT, initiative lancée en 2003 par l’UE, vise à combattre l’exploitation illégale des forêts et à promouvoir le commerce légal du bois.»
Le Gouvernement congolais et l’UE ont signé à cet effet le 17 mai 2010 un Accord de partenariat volontaire (APV) sur l’Application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux (FLEGT). Celui-ci est entré en vigueur le  1er mars 2013.
Estimant que la forêt fait partie des solutions les moins onéreuses face aux impacts du réchauffement climatique, le représentant de la COMIFAC a souligné l’urgence et la nécessité qu’il y a à gérer durablement les forêts du bassin du Congo et d’ailleurs.
Plus de 20 recommandations ont été formulées à la fin des travaux. Elles visent toutes à atteindre les buts plus étendus du Projet CV4C, à travers le partage d’expériences et la sensibilisation.
Aurelien Mbzibain, du CIDT, a remercié, à la clôture, le Gouvernement congolais et les partenaires internationaux, tout comme tous les participants venus de divers horizons pour l’hospitalité et la réussite du Forum. Il a fixé rendez-vous à ces derniers en Indonésie en 2019 pour le prochain Forum.  
Clôturant les travaux au nom du premier ministre, la ministre de l’Economie forestière s‘est réjouie de l’investissement général de tous les participants et de l’état d’esprit qui a prévalu. Elle a déclaré que la réforme entreprise par son département, avec la révision de la loi forestière et ses textes d’application, outre l’aménagement forestier et la certification obligatoire des concessions forestières, a pris en compte les nouvelles thématiques telles que l’APV-FLEGT, la REDD, les permis domestiques, les forêts communautaires et la mise en œuvre du système de vérification informatique de la légalité. Des signaux forts pour le Congo vers la bonne gouvernance des forêts.
Etant donné que les pays du bassin du Congo travaillent toujours pour l’harmonisation de leurs politiques sectorielles, Mme Rosalie Matondo a rappelé l’opportunité de veiller à ce que dans les pays du Bassin du Congo soient instaurés une vraie synergie de travail et un vrai partage d’informations entre départements ministériels clés concernés par secteur forestier, à savoir: les Ministères de l’Economie, des Finances et budget, du Commerce, de l’Environnement, de l’Agriculture, etc.   
Pour mémoire, le projet CV4C, cofinancé par l’Union européenne et le DFID, est mis en œuvre au Cameroun, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, au Gabon et en République du Congo. Sous la direction du CIDT de l’université de Wolverhampton, les organisations partenaires de ce projet dans les cinq pays sont: pour le  Cameroun, le Centre pour l’Information Environnementale et le Développement Durable (CIEDD), le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED) et Forêts et Développement Rural (FODER); pour la RDC, l’Observatoire de la Gouvernance Forestière (OGF); pour le Gabon, Brainforest; pour la République du Congo, le Cercle d’Appui à la Gestion Durable des Forêts (CAGDF). S’y ajoutent le Field Legality  Advisory Group (FLAG) en tant que partenaire régional et le World Resources Institute (WRI) en tant que partenaire international.

Viclaire MALONGA
    

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