Pointe-Noire : Des médicaments avariés saisis dans des cabinets médicaux

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Faux médicaments, médicaments avariés: la situation est presque critique en République du Congo où des expatriés ont fait de la santé des Congolais un commerce lucratif, en foulant au pied le serment d’Hippocrate. Mardi 22 mai 2018, à Siafoumou (arrondissement 4 Loandjili), une équipe de contrôle de la Direction départementale de la concurrence et de la répression des fraudes commerciales, s’occupant du secteur de la santé et de la beauté, a saisi un important lot de médicaments avariés dans plusieurs cabinets médicaux appartenant à des sujets asiatiques. Ces médicaments étaient administrés aux patients sans soucis de l’éthique et de la déontologie médicales.

Notre journal, informé, s’est rapproché du responsable de cette Direction départementale, M. Martin Moubari, pour mieux informer l’opinion publique sur ces pratiques d’un autre âge mettant à mal la santé des Congolais. Interview.

*Monsieur le directeur départemental, comment votre équipe est-elle arrivée à déceler cet important lot de médicaments avariés dans ces cabinets médicaux?

** Tout d’abord merci d’être venu à la source pour avoir les bonnes informations. C’est au cours d’une opération de contrôle de routine que l’équipe qui s’occupe du secteur santé et beauté a découvert dans le cabinet d’un sujet étranger, au quartier Makayabou, à Loandjili, des produits dans sa boite à pharmacie dont la date de péremption était largement dépassée. Au moment où les agents fouillaient dans le stock, un patient s’est rapproché d’eux en les informant qu’il était en train d’être perfusé dans l’une des salles pour cause de paludisme, mais curieusement, la dame du propriétaire du cabinet est venue arracher la perfusion et l’a cachée sous le lit. Vérification faite, les contrôleurs ont constaté que les produits introduits dans cette perfusion étaient périmés depuis juillet 2017. Et, c’est un cas de flagrant délit. Sur ces entrefaites, ils ont appelé ici à la direction et, nous avons donné des instructions pour que le propriétaire soit présenté devant nous. C’est ce qui a été fait. Aussi avons-nous sollicité le concours de la police et ensemble, nous avons arrêté la criminelle. Au regard de ce fait, nous avons intensifié le contrôle auprès de ces opérateurs étrangers évoluant dans le secteur de la santé pour voir s’il n’y a pas d’autres fraudeurs. Et Dieu merci! Nous avons mis également la main sur un autre sujet coréen, avec des produits secs avariés - certains depuis 2014 -, qu’il administre aux malades. Il s’est agi des gélules, des comprimés, des ampoules, des aiguilles et la liste n’est pas exhaustive. Toujours à Loandjili, au quartier Siafoumou, nous avons découvert, au cabinet du Dr Hong, des produits pharmaceutiques avariés. Dans la clinique d’acuponcture du Dr Rhy, l’équipe a découvert des seringues et des aiguilles d’acuponcture dont la péremption date de 2015, mais qu’il continue à utiliser sur les malades. Voilà ce je puis vous dire sur cette opération qui continue d’ailleurs.
* Par rapport à cette réalité criminelle, que dites-vous à la population?
** Le Congolais d’une manière générale aime ce qui est moins cher. Nous demandons simplement aux malades qui se rendent dans ces cliniques d’exiger des médecins traitants la prescription d’une ordonnance, afin d’acheter les produits dans des officines pharmaceutiques officiellement reconnues par l’Etat et l’Ordre national des pharmaciens du Congo. Car la santé n’a pas de prix.
Par ailleurs, tous les produits saisis seront détruits suivant la procédure légale en vigueur.

Propos recueillis par
Equateur Denis NGUIMBI

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