Journée mondiale de l’autisme : Le combat de l’Association des Petites Sœurs Dominicaines et la note d’espoir de la Fondation MTN

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L’Association des Petites Sœurs Dominicaines, à travers son école, «La Case Dominique», spécialisée dans la scolarisation, l’accompagnement et l’insertion sociale des jeunes et enfants en difficulté et/ou exclus du système scolaire, notamment les autistes, a célébré, en dates du 1er et du 2 avril 2017, à Brazzaville, en partenariat avec la Fondation MTN Congo, la journée mondiale de l’autisme. Cette célébration a consisté en la sensibilisation des communautés congolaises sur l’autisme, un handicap très peu connu au Congo.

 

Célébrée depuis 2015 en République du Congo, la journée mondiale de l’autisme, qui ne connaît pas encore l’adhésion escomptée par les populations et les structures locales en charge de ces questions auprès des autorités politiques, gouvernementales que des communautés elles-mêmes, a donné l’occasion, cette année, à une commémoration organisée par l’Association des Petites Sœurs Dominicaines, structure œuvrant en faveur des enfants autistes en République du Congo, sous le thème: «Autisme, parlons-en! Autisme, brisons le silence!».

Ce qu’est l’autisme

Contrairement aux idées reçues, l’autisme n’est pas une maladie mentale, mais une déficience qui ne peut être décelé à travers une échographie, comme c’est le cas pour la trisomie. L’autisme désigne, en réalité, un des «Troubles Envahissants du Développement» communément appelés TED. Ce symptôme ne se guérit pas. Néanmoins, plus la prise en charge est rapide, plus les troubles du comportement peuvent diminuer. C’est pourquoi la troisième journée de l’autisme a été célébrée par la Fondation MTN Congo et l’Association des Petites Sœurs Dominicaines, afin de procéder à la présentation des différentes caractéristiques liées à cet handicap, à travers l’intervention des professionnels tels que le professeur en neuropsychiatrie, M. Max Alain Mouanga. Ce dernier, particulièrement, n’a pas manqué de relever les trois éléments cumulatifs caractérisant ainsi l’autisme, à savoir: le trouble de la communication, la perturbation des relations sociales et des troubles liés au comportement. Mais, la question qu’il faille se poser est celle de savoir combien d’enfants congolais souffrent de cette déficience?
D’après l’OMS, des dizaines de millions de personnes sont atteintes d’autisme en Afrique. La plupart des pays sur le continent n’ont pas de structures adaptées pour traiter le syndrome. Et la population, quant à elle, n’est pas assez informée sur les soins y relatifs.

Un handicap jugé «mystique»

L’anthropologue et psychanalyste Tobie Nathan révèle, dans une de ses études, (Les bébés parlent-ils le langage?), que des enfants ayant des troubles autistiques vivent un déni de leur pathologie. Par exemple, au Bénin, les Yoruba les appellent les Akibus, mot qui signifie «naître et mourir». Ces enfants au regard absent sont très souvent soupçonnés de communiquer avec les esprits et de vouloir nuire à leurs familles. En République du Congo, l’autisme est un syndrome jugé mystique. L’OMS alerte également sur le fait que trop d’enfants autistes en Afrique sont gardés à domicile, sans bénéficier d’aucun soin ou de prise en charge.

Le plaidoyer de l’Association des Petites Sœurs
Dominicaines

Une étude d’«Opinion Way» de 2012 a révélé qu’un médecin sur trois ne sait pas diagnostiquer l’autisme. De même, un médecin sur quatre assimile encore le handicap à une psychose. Alors que faire face à cette méconnaissance, qui perdure en République du Congo et dans certaines régions d’Afrique, car l’autisme est considéré comme une maladie liée au surnaturel, à l’ensorcellement, et les personnes atteintes se retrouvent dans des situations d’exclusion, voire de danger?
C’est pourquoi, pour servir de levier à l’Association des Petites Sœurs Dominicaines, la société MTN Congo, via sa Fondation, a favorablement répondu à sa demande d’appui, en vue d’une bonne sensibilisation autour de cette cause méconnue qu’est l’autisme.
En effet, pour MTN Congo, le concept de responsabilité n’est pas une vue de l’esprit, mais un ensemble d’actions concrètes à l’endroit des ONGs et Associations œuvrant pour le compte des communautés. Une conférence-débat a donc été organisée au cours de laquelle des partages d’expériences, des remarques, des propositions, des engagements, etc, ont été échangés par les parties prenantes composées essentiellement des parents d’enfants autistes, des professeurs et professionnels du domaine médical, afin de construire un changement de mentalités au profit des personnes atteintes d’autisme.
L’objectif est assurément, dans une première phase, une volonté de reconnaissance par les pouvoirs publics, suivi d’une seconde phase qui se veut être la non-exclusion au sein de la société congolaise tout entière. En somme, ce sera une façon de permettre à nos compatriotes d’avoir, eux aussi, «à faire valoir leurs différences, choix et préférences dans les décisions qui les concernent».
Par ailleurs, force a été de constater aussi que ces journées ont permis aux différentes parties prenantes et communautés d’obtenir des informations, des conseils, de consulter  les médecins et spécialistes, mais surtout elles ont été outillées, afin de ne jamais se décourager en cas d’identification de tels symptômes auprès de leurs enfants. Cette journée a également permis d’interpeller le système médical pour apporter des réponses appropriées et adéquates aux différentes préoccupations des populations congolaises.

L’Association des Petites Sœurs Dominicaines à travers «La Case Dominique»

Plus qu’un sacerdoce à l’endroit des familles et enfants défavorisés au Congo, à travers cette initiative, ladite association vient de mettre le Gouvernement de la République face à ses responsabilités constitutionnelles du «vivre égal devant la Nation».
Cependant, le plus difficile sera la pérennisation de ce type d’efforts effectués quotidiennement par ladite association, en brisant certaines croyances susceptibles d’être ancrées au sein des familles congolaises et, consécutivement, empêcher ces dernières d’offrir des chances d’intégration sociale à un bon nombre d’enfants. Il y a donc lieu de saluer le courage de la Sœur Ida Pélagie Louvouandou, responsable de l’Association des Petites Sœurs Dominicaines et initiatrice de ces journées de sensibilisation.
Créée en 2003, l’Association des Petites Sœurs Dominicaines a son siège chez Sœur-Martin, dans le troisième arrondissement de Brazzaville, à Poto-Poto. Elle est l’expression citoyenne de la Congrégation Dominicaine des Petites Sœurs, en qualité de centre d’accueil d’autisme au Congo.

Bilan de cette
initiative

«Le souhait serait qu’il soit mis en place d’un Comité National de Prise en Charge du Dépistage de l’Autisme, composé de pédiatres, de psychologues, de neurologues, de psychiatres avec l’aide du Gouvernement, afin de permettre et de faciliter des diagnostics précoces, puisqu’habilités pour diagnostiquer tous types de pathologies», a estimé la responsable de l’association, Sr Ida Pélagie Louvouandou.
Une mention de satisfaction à l’endroit du Pr Mouanga, pour son engagement et son dévouement, mais aussi pour avoir indiqué que «la santé n’a pas de prix, mais a un coût. Les dépenses de santé sont des dépenses non négociables. Lorsqu’on est malade, il faut se soigner (…) Tout est possible, grâce à certaines ONGs, à la prise en charge publique ou par le système de prise en charge privé… Chacun consulte là où il en a les moyens».
Les moins nantis sont consultés gratuitement, a précisé le Professeur Mouanga, ajoutant: «Je suis venu offrir mes services ici sans demander de rémunération quelconque. Cela fait partie de l’engagement que chacun met au service de la santé pour tous. Et d’ailleurs, tous les médecins seraient prompts à agir ainsi. Car, c’est pour répondre à un besoin que nous avons accepté, avec joie, de venir dans cet espace de partage avec les parents et les enfants eux-mêmes, pour leur dire qu’il est toujours possible de faire quelque chose».
Enfin, toujours à l’occasion de cette même journée, les Petites Sœurs Dominicaines ont également procédé à la sensibilisation de proximité dans les carrefours et les églises de la ville de Brazzaville. Pour la première fois en trois ans de célébration de la journée mondiale de l’autisme, la sensibilisation a atteint un nombre important des populations congolaises, grâce à l’accompagnement de la Fondation MTN.
L’Association des Petites Sœurs Dominicaines a ainsi pu exhorter les parents et le Gouvernement de la République à se mobiliser pour cette cause et a souhaité voir une augmentation de la capacité d’accueil en établissements spécialisés et une diversification des méthodes de prise en charge et de dépistage précoce.
La note d’espoir de ce plaidoyer est qu’en grandissant, certains enfants atteints d’autisme finissent par mener une vie normale ou quasi-normale. Les thérapies et les interventions comportementales peuvent cibler des symptômes spécifiques et apporter des améliorations considérables avec les solutions plus souples existantes désormais.

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