Pointe-Noire : Les importateurs de ciment dénoncent les accusations de fraude dont ils sont l’objet

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Accusés de fraude à l’importation, les responsables de deux sociétés, I.b.t.c et Condicom, comptant parmi les plus grands importateurs de ciment au Congo, ont organisé une conférence de presse, le 29 décembre 2016, à Pointe-Noire, pour dénoncer la cabale dont ils font l’objet. Il s’agit de Monsieur Hu, directeur général de la société I.b.t.c, assisté de son conseiller fiscal, Serge Tsamba, et de Mme Xu Huizhen, directrice administrative et financière de la société Condicom, accompagné de son assistant, Jean-Charles Xu. Pour eux, leurs sociétés sont en phase avec la loi, il n’y a donc pas lieu de leur interdire les activités d’importation de ciment au Congo.

 

D’entrée de jeu, M. Hu et Mme Xu Huizhen se sont appuyés sur les textes administratifs et juridiques en vigueur au Congo, notamment le décret présidentiel 2007-152 du 12 février 2007 relatif à la libéralisation de l’importation et du prix du ciment en République du Congo, ainsi que la note de service ministérielle n°0575 du 10 mai 2016 tenant les importateurs de ciment à obtenir préalablement l’autorisation du Ministère du commerce, avant d’importer le ciment. «Plusieurs administrations interviennent dans le processus d’importation. Il y a le Ministère du commerce, la société Cotecna, la douane, le Guot, etc, qui effectuent tous les contrôles nécessaires. Nous, Condicom et I.b.t.c, avons toujours respecté les procédures et c’est ce que nous faisons, depuis notre installation au Congo, il y a près de dix ans», a expliqué Serge Tsamba.
Lequel a renchéri: «Nous ne voyons donc pas en quoi l’importation du ciment pose problème dans notre pays. Si nous n’étions pas en phase avec la loi, je ne pense pas que nous ayons continué de fonctionner sans que les pouvoirs publics ne sévissent». Et nul n’a le droit d’interdire ce qui est permis par la loi.
Les deux sociétés d’importation de ciment sont montées au créneau dans les médias, parce que depuis plusieurs mois déjà, certains lobbies mènent un plaidoyer auprès des autorités publiques, afin d’arrêter les importations de ciment qui, selon eux, menacent les industries locales de fabrication de ciment. Par ailleurs, les importateurs de ciment sont accusés de sous-déclaration des coûts de fret et de la valeur Fob, de minimisation de la valeur et des quantités de ciment dans les déclarations, de l’importation du ciment de mauvaise qualité, ainsi que la vente au public du ciment exonéré et destiné aux chantiers de l’Etat. Ainsi, ces lobbies sont parvenus, par le biais de la justice, à faire bloquer le déchargement de deux navires de ciment au Port autonome de Pointe-Noire. Une commission ad’hoc est actuellement à l’œuvre pour enquêter sur la situation. M. Hu de I.b.t.c et Mme Xu de Condicom se disent sereins et confiants aux autorités congolaises pour le dénouement de cette affaire.
Or, en octobre 2016, le ministre du commerce extérieur et de la consommation, Landry Euloge Kolélas avait rappelé que l’arrêt des importations de ciment était conditionné à la capacité des industriels locaux à couvrir la demande en ciment sur territoire national. Ce qui ne semble pas être le cas actuellement. Le ministre Kolélas répondait ainsi au plaidoyer de certaines sociétés locales de fabrication de ciment qui demandaient l’arrêt des importations de ciment.
Mais, au-delà de la liberté d’importation du ciment, il y a un enjeu économique dans cette affaire, notamment la contribution des importateurs à la création de la richesse nationale, car ils sont accusés de ne pas créer des emplois. «Nous contribuons au développement économique du pays à travers les différentes taxes que nous payons comme toutes les autres entreprises. Sur le plan social, nous sommes aussi des pourvoyeurs d’emplois directs (agents de sociétés), les emplois indirects (manutentionnaires, distributeurs, gestionnaires de dépôts, etc.)» ont expliqué les conférenciers. Ensuite, ils ont vanté la qualité de leurs produits. Les ciments importés 42.5 et 52.5 dont la qualité est certifiée par les pays d’origine, ont aidé la délégation générale aux grands travaux à construire des infrastructures durables et résistantes sur toute l’étendue du territoire congolais. Le cas de la route nationale numéro 1, du complexe sportif de Kintelé, du barrage d’Imboulou et de plusieurs chantiers de municipalisations accélérées.

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