Commune de Brazzaville : Un «cocktail du vivre ensemble», pour déclencher la décrispation du climat politique

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

A l’initiative du Député-Maire de Brazzaville, Hugues Ngouelondelé, le Premier Ministre Clément Mouamba a présidé, mercredi 10 août 2016, à l’Hôtel Radison Blu Mbamou Palace, un cocktail du vivre ensemble, ayant regroupé des personnalités politiques de tous bords, des responsables de l’administration et des acteurs de la société civile. Deux allocutions y ont été prononcées: le mot de bienvenue du Député-Maire, qui a circonscrit l’événement, et celui du Premier Ministre, qui a inscrit, dans son action à la tête du Gouvernement, le vivre ensemble comme «une nécessité de gouvernance sociétale». Ci-après, l’intégralité des deux allocutions.


Mot de bienvenue du Député-Maire de la ville de Brazzaville

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement;
Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement;
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de missions diplomatiques;
Mesdames et Messieurs les Parlementaires;
Mesdames et Messieurs les Leaders des Partis politiques;
Mesdames et Messieurs les Acteurs de la Société civile;
Distingués invités en vos rangs, grades et qualités;
Mesdames et Messieurs,

Permettez, avant toute chose, que je vous adresse mes salutations amicales, tout en vous disant un grand merci du fond du cœur, à vous ici présents, pour avoir consenti de prendre part à ces retrouvailles ce soir, ce,  en dépit de vos multiples occupations. Monsieur le Premier Ministre et moi-même avons pris l’initiative d’organiser la présente rencontre dénommée «Cocktail du Vivre Ensemble», après avoir observé le climat politique ambiant qui est marqué par la crispation des relations entre filles et fils du même pays.
Cette atmosphère, à la fois pesante pour les hommes, et stérilisante pour les affaires, s’est notablement accrue à  l’issue des processus électoraux de 2015 et 2016. Face à  cette situation peu enviable et inutilement anxiogène pour l’ensemble de la communauté nationale, le Premier Ministre et moi avons pensé battre le rappel de tous les compagnons du devoir de notre pays, sans exclusive. A cet effet, les Saintes Ecritures disent: «Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux: un temps pour déchirer, et un temps pour coudre; un temps pour se taire et un temps pour parler».
Oui, effectivement, il est temps de briser le mur du silence assourdissant qui nous sépare les uns des autres!
Oui, parlons-nous entre frères et sœurs, pour adresser à notre peuple, un signal positif fort et montrer que nos divergences  politiques peuvent, grâce au génie congolais, être synthétisées en convergence indispensable pour le salut de la Nation.

Mesdames et Messieurs, Distingués Invités,
Fort de ce qui précède, je suis particulièrement heureux de vous souhaiter la chaleureuse bienvenue en ces lieux, qui sont, pour nous ce soir, la représentation du mbongui d’autrefois; l’arbre à palabre où nos ancêtres se retrouvaient, pour partager et échanger sur le cours de la vie de la société villageoise.
Nous considérons la rencontre de ce jour, comme un sursaut patriotique, pour l’entame du processus de décrispation des relations entre fils et filles d’une même patrie. En effet, ce qui nous unit est, infiniment, plus fort que ce qui peut nous diviser conjoncturellement. Car, nous sommes tous d’extraction congolaise et nul n’a choisi de naître Congolais, si ce n’est par la bonne providence. Alors, acceptons-nous, tendons-nous la main et en toutes circonstances, efforçons-nous de toujours privilégier le Congo, notre patrimoine commun.
Aujourd’hui, notre unique ambition, c’est d’établir des passerelles aux fins d’aboutir à une entente cordiale entre les leaders politiques de notre pays et raffermir ainsi la concorde et la cohésion nationales. Pour atteindre cet objectif, nous nous devons de promouvoir résolument la culture de la tolérance, qui est véritablement le ferment du Vivre Ensemble.
Ensemble, œuvrons pour que le Vivre Ensemble soit réellement ancré dans nos mentalités, comme un état d’esprit quotidien et un comportement citoyen permanent.
Toujours ensemble, agissons pour que la pratique de la politique dans notre pays aboutisse, désormais, à des processus électoraux apaisés, où «les gagnants ne pensent pas avoir tout gagné et les perdants ne désespèrent pas, en considérant avoir tout perdu», de sorte que le seul vainqueur soit le Souverain Primaire.

Distingués Invités,
C’est là tout le sens du mot Partage, concept novateur inscrit dans la Constitution de la nouvelle République.

Mesdames et Messieurs,
Distingués Invités,
En vous réitérant nos salutations ainsi que nos remerciements pour votre participation au Cocktail du  Vivre Ensemble, je voudrais, en guise de méditation, terminer mon propos par l’évocation d’un épisode crucial de la guerre froide, au 20ème siècle. En effet, lors de la crise des fusées russes installées à Cuba en 1959, le téléphone rouge n’avait jamais cessé de fonctionner entre les Présidents John Kennedy à la Maison Blanche et Nikita Khroutchev au Kremlin, pour détendre l’atmosphère, rétablir la confiance et renouer les fils du dialogue stratégique entre les deux superpuissances, pour éviter au monde entier, un conflit nucléaire aux conséquences apocalyptiques.
Je vous remercie de votre aimable attention.

Le Premier Ministre Clément Mouamba a commencé son allocution, en saluant l’assistance en lingala, comme pour exprimer sa proximité avec les distingués invités de la soirée. Il l’a terminée, en levant un toast à la paix et au vivre ensemble.
«Monsieur le Maire de notre ville- capitale et moi-même sommes très honorés, du fait que vous ayez répondu nombreux, à cette invitation fraternelle autour d’un cocktail du vivre ensemble, qui se veut conviviale. Il vous l’a dit; il a dit l’essentiel. Nous avons en commun beaucoup de valeurs à partager, beaucoup de choses communes à préserver et si on devrait les synthétiser, je pense que tous les Congolais aiment la paix et la stabilité de leur pays. Je pense aussi que nous aspirons à un développement économique et social harmonieux. Il a dit, je pense aussi que si cette croissance est au rendez-vous, je pense aussi nous espérons qu’on puisse en assurer un partage équitable au profit de tous. Je pense aussi que vous êtes tous pour la promotion du bien commun. Alors, comme nous avons beaucoup à partager, il était absolument normal que Monsieur le Maire et moi-même, ayant eu l’idée de vous présenter cette initiative. Elle vous est proposée, puisque vous êtes des hommes et des femmes libres.
Elle vous est proposée, parce que nous sommes vraiment convaincus que ces quelques valeurs rappelées une fois bien exécutées et mises en œuvre, je crois que le pays peut avancer et il peut se retrouver dans le concert des Nations.
Donc, le vivre ensemble est, de notre point de vue, l’apanage des sociétés organisées et responsables autour de ces valeurs et bien d’autres d’ailleurs. De notre point de vue, c’est un leitmotiv irréversible. Et pour vous démonter ma conviction quant au sujet en débat, j’ai dans mon cabinet, un Conseiller spécial en charge de la culture démocratique et du vivre ensemble. Ce n’est pas un  décor, ce n’est pas pour aire beau, parce que le contenu est profond et la tâche énorme, parce que c’est du réel, c’est du vécu, alors comment on va y procéder? Comment faire pour en arriver là?
Je crois que le contenu d’une telle mission est, de mon point de vue, une nécessité de gouvernance sociétale, sous la haute autorité de Son Excellence Monsieur le Président Denis Sassou-Nguesso, qui m’a fait l’honneur de diriger le Gouvernement de notre nouvelle République.
Gouvernance: il y aura une grande volonté de rupture par rapport à ce que nous considérons comme moins bien. Pendant la présentation du Programme d’action du Gouvernement, je me suis engagé avec tous les membres du Gouvernement, de faire en sorte que les Congolais, les Congolaises, érigent les ponts entre eux et non les murs, ce au-delà des clivages et des divergences sommes toutes normales en démocratie. Mais, c’est quoi la démocratie? Tout un débat!
Quelle démocratie que nous voulons? Alors, nous pensons que ces clivages ne peuvent pas être un prétexte à la discrimination ni à l’injustice, encore moins servir d’alibi à toute propension aux actes inciviques, au déni de la loi et de l’ordre républicain et de l’ordre démocratique, car la démocratie a ses exigences. Ici et maintenant, je sollicite que -et Monsieur le Maire l’a dit- que nous puissions marcher la main dans la main, parce que nous sommes capables de chasser nos préjugés. Nous avons beaucoup de préjugés souvent réducteurs. Il faut les chasser d’où qu’ils viennent. Le vivre ensemble est possible dans nos quartiers, dans nos villages, dans nos villes et possible dans tout le pays.
Ce vivre ensemble évidemment ne concerne pas que les Congolais, puisque chez nous nous recevons des étrangers pour des raisons diverses: les diplomates, j’en vois à ma gauche et ailleurs; les hommes d’affaires qui viennent travailler chez nous; les touristes; tous ceux qui ont choisi ce pays sans en avoir la nationalité mais qui vivent chez nous. Donc, il concerne tous ceux-là qui, pour des raisons diverses donc, partagent leur destin avec nous.
Notre volonté est donc de donner un contenu à tout cela et de projeter un vivre ensemble dans un programme d’actions qui fixe le contexte et les conditions de réalisation de notre marche commune vers un développement économique et social dans la paix, la sécurité et le partage équitable. Oui, ce partage qui a souvent fait défaut. Oui, le partage: nous allons apprendre à bien partager, sur des règles bien précises. Entendez bien, ce n’est pas le produit national divisé par 4 millions de Congolais. Ce sont d’autres critères qui interviendront, mais nous allons les appliquer, parce que c’est possible. Evidemment, pour partager, il faut exister, il faut se connaître, il faut se parler et il faut produire, surtout s’il s’agit de partager des biens et des services. Mais, commençons par partager nos pensées, nos sourires, nos douleurs, nos peines. Alors, cette rencontre Monsieur le Maire, fort utile, a posé les jalons d’autres rencontres de ce genre.
Monsieur le Maire, ce n’est qu’un début. Et vous n’êtes pas à la fin de vos peines, puisque nous sommes à Brazzaville, et nous irons ailleurs. Mais, au moins ici à Brazzaville, chaque fois que nous donnerons le contenu au vivre ensemble, chaque fois que des initiatives seront prises dans ce sens, Monsieur le Maire, tout le Gouvernement est à vos côtés, y compris Monsieur le Président de la République. Nous sommes à vos côtés pour vous soutenir pour qu’il y ait une vraie paix, une vraie concorde, dans notre ville capitale.
Alors, comme tout a été dit, je l’espère, que nous nous sommes bien compris. Très fraternellement, je lève ce toast à la paix et au vivre ensemble réel entre les filles et les fils de Brazzaville et pourquoi pas entre tous les enfants du Congo et tous les amis qui ont choisi le Congo comme leur seconde patrie!

Informations supplémentaires