Comité en charge de la modernisation des douanes congolaises : Jean-Alfred Onanga tape du poing sur la table, pour éradiquer les comportements résistant aux réformes engagées

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Le Comité en charge de la modernisation des douanes congolaises a tenu sa première réunion de cette année, jeudi 14 avril 2016, au siège de la Direction générale des douanes et des droits indirects, à Brazzaville, sous le patronage de Jean-Alfred Onanga, Directeur général des douanes et des droits indirects, en sa qualité de président dudit comité, en présence de Roger-Xavier Okola, coordonnateur du secrétariat permanent du Comité en charge de la  modernisation des douanes et de Gabriel Basile Ahoussa, coordonnateur adjoint dudit comité.

Cette réunion, qui a regroupé l’ensemble des Directeurs centraux et départementaux ainsi que les Chefs de service centraux et départementaux des douanes, avait pour objectif d’apprécier et de valider le plan d’action opérationnel 2016 de la Direction générale des douanes et des droits indirects.

La première réunion du Comité en charge de la modernisation des douanes congolaises a donné l’occasion au Directeur général Jean-Alfred Onanga, en sa qualité de président dudit comité, d’interpeller les services des douanes pour une nouvelle dynamique en matière de gestion administrative des douanes congolaises. Il a fait une véritable mise en garde contre les comportements tendant à bloquer les réformes engagées: «Vous n’êtes pas sans savoir que vous constituez, ici, le socle décisionnel de la vie de notre Administration. En plus, ce cadre a l’avantage de réunir tous les Directeurs centraux, les Directeurs départementaux et les Chefs de services centraux et départementaux. Par cette occasion, je désire fortement exprimer ma désolation au regard des faits ci-après:
- le non-respect des règles déontologiques, à savoir principalement l’obéissance et le respect de la hiérarchie, de la discipline; celles qui devraient caractériser notre coopération en tant que corps paramilitaire;
- le non-respect des principes administratifs, notamment l’observation des lois, des règlements en vigueur et des notes de services régulant le fonctionnement du service, issues des décisions de notre instance. Ces comportements déplorables ont pour corolaires:
- l’insubordination observée jusqu’au niveau directoire de notre administration;
- la non-application des notes de services, signées dans le cadre du bon fonctionnement de notre administration -et tel est le vœu des institutions internationales, j’ai cité l’Organisation mondiale du commerce, l’Organisation mondiale des douanes- ces mesures qui concourent donc à l’amélioration du climat des affaires dans notre pays, en même temps que le classement du Congo dans le Doing business.  Je voudrais, ici, interpeller spécifiquement les services des douanes de Pointe-Noire, qui devraient se raviser de tout comportement imbu de savoir, faisant fi de certaines de nos décisions prises dans le cadre des réformes, parfois en concertation avec nos partenaires, comme je l’ai dit plus haut, le Fonds monétaire international, l’Organisation mondiale du commerce et l’Organisation mondiale des douanes. Nous sommes, de surcroit, un service paramilitaire, donc sensé savoir obéir aux ordres. Le contraire est inadmissible et frise une crise d’autorité à laquelle je ne souscris nullement. Cette désinvolture est-elle un acte volontaire de sabotage de notre action ou une incompétence de certains d’entre nous à s’adapter aux nouvelles normes édictées par les évolutions en matière commerciale et douanière?
Après plusieurs appels à la prise de conscience, le temps est arrivé d’établir les responsabilités très rapidement et de sanctionner diligemment les coupables qui sapent nos efforts. J’instruis, pour cela, le Secrétariat permanent et la Direction du contrôle des services de constituer une équipe mixte avec les représentants des syndicats, afin d’évaluer les notes de services prises sur la facilitation du commerce à Pointe-Noire, parce que Pointe-Noire représente plus de 95% de l’activité douanière et ensuite dans les autres Départements».
Jean-Alfred Onanga a dénoncé l’indifférence de certains responsables de douane sur le travail de réforme qui se réalise: «La nouvelle dynamique en matière de gestion administrative que nous avons expérimentée, il y a quelques années, se caractérise par une gestion participative des principales structures, à la prise de certaines décisions. C’est ainsi que certains documents vous ont été envoyés, soit par l’Administration, soit par le Secrétariat permanent de notre comité, pour amendement ou avis. Malheureusement, il est constaté une étonnante nonchalance ou peut-être un désaveu de la part des destinataires. Malgré le harcèlement du Secrétariat permanent, il n’est noté  aucune volonté manifeste des Directeurs centraux et départementaux, de se démarquer de la léthargie notoire. J’ai toutefois déploré cette attitude au cours de nos réunions et vous en êtes conscients. C’est pourquoi ma présente interpellation doit être prise comme un avertissement à tous. J’aimerais mettre un terme à ce genre de laxisme, en vous exhortant à prendre vos responsabilités. L’année 2016 doit marquer une nette différence avec les précédentes sur tous les plans, en tous cas sur tous les plans: abnégation au travail, dévouement, discipline, obéissance, efficacité, responsabilité et disponibilité».
Le Directeur général des douanes et droits indirects a appelé ses collaborateurs à la sagesse pour réussir le pari de la modernisation des douanes congolaises: «Les sages nous enseignent qu’un bon père est celui qui sait féliciter un enfant quand il a bien agi et qui sait punir celui qui s’est mal conduit».

Pendant la réunion, les participants ont procédé à l’examen, à l’analyse et à la validation du plan d’action opérationnel, qui est un document d’orientation et de référence et qui sert de guide à la Direction générale des douanes, pour suivre et faire avancer le programme des réformes. Le Plan d’action opérationnel de cette année est basé sur quatre axes stratégiques regroupant les objectifs et les actions programmés. Parmi les actions contenues dans ce plan d’action opérationnel, il y a celles qui consistent à faciliter les échanges commerciaux, en vue de respecter les normes internationales en matière de douane et de contribuer à l’amélioration du classement du Congo dans le «Doing business».
Quelques participants ont donné leurs impressions à la fin de la rencontre. C’est le cas de Mme Florence Loemba, Directrice départementale de Pointe-Noire, qui produit à 95% les recettes douanières, à travers le Port autonome. «Comme l’a dit le Directeur général, Pointe-Noire est le centre névralgique des Douanes congolaises et donc nous devons nous soumettre à plus de discipline, à plus d’ardeur et à plus de rigueur au travail, puisque Pointe-Noire se trouve là où il y a le port maritime et la majorité des recettes douanières sont réalisées à Pointe-Noire», a-t-elle déclaré.
Pour sa part, André Obambé, Directeur départemental de la Sangha, a indiqué que ce département constitue un pôle stratégique sur le plan économique du pays: «Le Département de la Sangha est un maillon de la chaîne comme les autres départements. Nous devons nous mettre au travail pour que toutes les décisions soient effectives. Nous devons donc les appliquer outre mesure».
A son tour, Bertin Philippe Kimpolo, Directeur départemental du Niari, a expliqué les progrès réalisé depuis, par les Douanes congolaises: «On a toujours décrié que la Douane ne fait pas ceci ou ne fait pas cela. Mais, nous nous sommes informatisés. Il y a maintenant la facilitation dans la procédure de dédouanement. Il y a deux ou trois ans, pour faire sortir une marchandise au port de Pointe-Noire, il fallait seize signatures. Là on les a réduites à sept. Pour un importateur qui fait sa déclaration possédant tous ses documents, le problème ne se pose plus. En 48 heures, sa marchandise doit sortir du port. On a 12 départements. Sur près de 8, nous tenons mensuellement des réunions avec des partenaires, pour discuter, afin de trouver des solutions aux problèmes que nous rencontrons. Nous, au Niari, une fois par trimestre, nous invitons les collaborateurs évoluant dans ce département à tenir une réunion avec les partenaires, pour trouver des solutions, parce que nous sommes dans la phase du partenariat gagnant-gagnant. Nous attendons aussi l’implantation du port sec. Avec l’implantation du port sec à Dolisie, je crois que les activités douanières seront très  importantes. Nous avons une frontière avec le Cabinda et avec le Gabon. Mes services s’arrangent à bien contrôler tout ce qui sort et toute marchandise qui rentre. La preuve, on a déjà fait trois saisies de sachets qui sont prohibés par l’Etat. Le comité en charge de la  modernisation nous aide à bien réaliser nos missions».

De par sa vocation, l’Administration douanière exerce une triple mission, à savoir: la perception des droits et taxes de douanes (mission fiscale); la lutte contre la fraude, le blanchiment et les grands trafics internationaux, ainsi que la protection de la sécurité et de la santé publique.
Pour un bon fonctionnement de l’Administration douanière congolaise, la Direction générale avait mis en place un Comité  de modernisation chargé de faire le point et le bilan des actions menées et faire aussi des projections sur celles à réaliser. Cet exercice se fait deux à trois fois au cours de l’année. Le comité a un Secrétariat permanent chargé de la coordination, du suivi et des évaluations. «Avant 2012, la Direction générale a évolué sans un document d’orientation. C’est pourquoi en 2012, nous avons mis en place le  plan stratégique 2012-2015. Nous tenons à ce qu’en 2016, la Direction générale des douanes puisse améliorer ses procédures», a confié le Secrétaire permanent Roger-Xavier Okola.