CORAF (Congolaise de Raffinage) : Extension et modernisation des installations, pour répondre à la demande nationale de produits raffinés

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L’année dernière, la CORAF (Congolaise de Raffinage) n’a couvert les besoins nationaux en produits pétroliers raffinés qu’à hauteur de 65%. Ce qui sous-entend un gap de 35% comblé par les importations relevant des services habilités de la SNPC (Société Nationale des Pétroles du Congo). Les modifications techniques en cours à la CORAF vont permettre à l’usine d’augmenter ses capacités de production d’environ 1,2 millions de tonnes par an, au minimum, à 1,5 millions de tonnes par an, au maximum. Dans deux ou trois mois, elle couvrira la demande nationale en produits raffinés à environ 85 ou 90%.


Depuis son démarrage, en 1982, la CORAF a, pendant longtemps, raffiné le pétrole brut en provenance du Terminal de Djéno. Mais, dans une raffinerie, pour produire énormément de produits blancs, c’est-à-dire le butane, le kérosène, le pétrole lampant, le super-carburant et le gasoil, il faut traiter un pétrole brut léger. Or, avec le brut de Djéno, qui est très lourd, la CORAF ne pouvait pas traiter suffisamment de produits blancs. C’est seulement à partir de novembre 2009 que la raffinerie congolaise a commencé à traiter le brut en provenance du gisement de Nkossa, qui est extrêmement léger.
La différence entre les deux bruts est énorme. En effet, le pourcentage de produits blancs dans le brut de Djéno est de 35%, tandis qu’avec le brut de Nkossa, il est de 60%. Ce qui représente, en valeurs absolues, une production de 700 mille tonnes par an, à partir du brut de Djéno, contre 850 à 900 mille tonnes par an, à partir du brut de Nkossa, et cela avant même que des modifications techniques fondamentales n’aient été effectuées sur les installations.
En 2013, pour augmenter la capacité de traitement de l’usine, des tests de performances ont été effectués sur chaque unité. Les résultats de ces tests ont permis d’identifier les goulets d’étranglement qui limitaient les capacités de production. Partant, une étude basique a été réalisée en interne, afin de corriger ces entraves. Cette étude fut complétée, de façon détaillée, par un cabinet français d’ingénierie, dont l’expertise a permis de définir, de façon précise, les voies et moyens d’augmenter les capacités de production de la CORAF.

Un contrat de performance avec l’Etat

Depuis le 25 mars 2008, la CORAF a signé, avec l’Etat congolais, un contrat de performance, au terme duquel l’Etat, propriétaire de l’usine, a assigné à la CORAF des objectifs à atteindre. Il s’agit notamment de la modernisation de l’outil de raffinage, de telle sorte qu’à travers un coefficient d’ajustement économique, la CORAF puisse dégager ses prix liés à l’importation. Ce contrat procède donc du projet de développement qui vise, entre autres, l’augmentation des capacités de production de la CORAF, pour répondre à la demande nationale en produits raffinés. En détails, la consommation nationale se présente comme suit, dans les deux principales villes du pays:
Brazzaville:
- supercarburant: environ 246 tonnes par jour;
- gasoil: 439 tonnes par jour;
- kérosène: 62 tonnes par jour.
Pointe-Noire:
- supercarburant: 175 tonnes par jour;
- gasoil: 362 tonnes par jour;
- kérosène: 56 tonnes par jour.
Pour l’instant, les capacités de production de la CORAF ne permettent pas de couvrir totalement ces niveaux de consommation.  Raison pour laquelle elle s’est engagée, simultanément, dans plusieurs processus: la modernisation de ses installations, la baisse de ses pertes de combustibles, la réduction des charges, la certification de sa production en termes de qualité Iso 9001, etc.
Le contrat de performance avec l’Etat exige donc une gestion axée sur les résultats. Jusque-là, la CORAF a honoré ses engagements contenus dans ce contrat de performances. Pour sa part, l’Etat congolais accompagne la CORAF, à travers des facilités et appuis multiformes. C’est ainsi que pour permettre à la raffinerie d’acquérir du pétrole brut à moindre coût, l’Etat consent une défiscalisation de 12% sur ses achats.

La modernisation de la CORAF en marche
Depuis 2007, l’Administrateur Général a engagé la CORAF dans une phase de remise à niveau. Il s’agit d’une stratégie à trois niveaux:
- renforcement et maintenance industrielle;
- acquisition de nouveaux équipements techniques;
- formation du personnel.
Au terme d’une convention d’établissement d’un montant de 37 milliards de Francs CFA signé avec l’Etat congolais, un programme triennal de financement des investissements, qui court jusqu’en 2016, a été mis en place. Ce programme comprend notamment:
- la construction d’une nouvelle salle de contrôle et de commande avec l’acquisition de nouveaux équipements numériques;
- le remodelage des unités de production qui a pour objectif d’améliorer la capacité de traitement et l’augmentation des rendements.
De ce fait, deux nouveaux bacs de supercarburant de 5.000 mètres-cube chacun sont aussi en édification, afin d’augmenter la capacité de stockage. En même temps, se poursuit la construction du nouveau siège administratif de la CORAF.
Dans la mesure où le traitement automatique de l’information se trouve au centre même de toutes les activités de la raffinerie, l’implémentation d’un système moderne de technologie de l’information et de la communication s’impose. La salle de contrôle, jusque-là analogique, va donc, sous peu, être délaissée, au profit d’une nouvelle salle avec un système entièrement numérique qui permettra de rendre disponibles, en temps réel, les données aux différents managers, facilitant ainsi la prise de décision. De même, le laboratoire d’analyse a bénéficié de nouveaux équipements plus performants.
 
Un personnel à la hauteur des nouvelles ambitions

La modernisation de l’outil de production s’accompagne, nécessairement, d’une remise à niveau du personnel. Un plan de formation du personnel est en cours d’exécution. Le premier axe de ce plan comprend la formation stratégique. Il consiste à accompagner les différentes transformations techniques. Ce qui sous-entend que chaque projet technique est accompagné d’un volet formation du personnel en maîtrise d’ouvrage, en exploitation et en maintenance des équipements et outils de production.
Le deuxième axe est la formation ordinaire relative à la tenue des postes, l’habilitation, etc. Ces formations se font soit sur place, au Centre de formation de la CORAF, soit en collaboration avec des experts des partenaires locaux.
Malgré l’arrêt technique prévisionnel du 19 octobre au 30 novembre 2015, les modifications techniques en cours à la CORAF vont permettre à l’usine d’augmenter sa capacité de traitement d’environ 1,2 millions de tonnes par an, au minimum, à 1,5 millions de tonnes par an, au maximum. Ce qui lui donnera, à court terme, c’est-à-dire dans deux ou trois mois, la possibilité de satisfaire la demande du marché national à environ 85 ou 90% en produits blancs, et donc de réduire, considérablement, les importations de produits pétroliers raffinés. Il faut, cependant, noter que le brut de Nkossa contient énormément de gasoil et d’essence, mais pas assez de jet. Il faudrait donc encore en importer, en grande quantité, pour répondre à la demande nationale.


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