CORAF (Congolaise de raffinage) : Après un passé difficile, un avenir prometteur !

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Société anonyme au capital social de 100 milliards de francs Cfa, et filiale à 100% de la S.n.p.c (Société nationale des pétroles du Congo), la CORAF (Congolaise de raffinage) a été créée en septembre 1982, pour assurer la gestion de l’usine de raffinage située à Pointe-Noire. C’est en 1974 que démarre le premier chantier de construction de la R.n.p (Raffinerie nationale de pétrole) par les sociétés suivantes: Voest Alpine, Sercobe et Sybetra qui est un consortium autrichien. En 1976, les essais de démarrage des utilités sont amorcés.

Mais, le chantier est abandonné suite à la panne du groupe électrogène.
En 1977, le Congo porte plainte auprès de la chambre internationale du tribunal de grande instance de Paris (France), contre les sociétés en charge des travaux de construction de l’usine
En 1979, le Tribunal de Paris rend son jugement qui autorise le Congo à reprendre les travaux de la raffinerie, avec une entreprise de son choix.
C’est ainsi qu’en janvier 1980, le Congo signe un contrat avec la compagnie française d’ingénierie pétrolière Technip. Ainsi donc, huit ans après le début de sa construction, la raffinerie congolaise de pétrole peut enfin démarrer sa production.
Sa gestion est confiée à la Coraf, une société créée en 1982 dans laquelle l’Etat détient 60% des parts, tandis que les 40% restant reviennent à la Snea (Société Nationale Elf Aquitaine). En août 1994, la Snea cède gratuitement ses parts à l’Etat congolais et la configuration du capital de la CORAF donne 40% à l’Etat et 60% à la Société Nationale Hydro-Congo.
En 1998, le gouvernement crée la SNPC qui reprend les parts de l’Etat et d’Hydro-Congo, à partir de juin 2002. Mais, pendant cette période, la CORAF n’arrive pas à répondre à la demande nationale, évaluée à environ 450.000 tonnes métriques de produits raffinés, alors que la capacité nominale de l’usine est d’un million de tonnes par an.

Les installations de la raffinerie
La raffinerie a une capacité nominale d’un million de tonnes par an et traite du Djéno mélange, le brut local. Elle comporte les installations suivantes:
- une unité de distillation atmosphérique de 105 tonnes par heure;
- une unité d’hydrotraitement du distillat de tête de 26 tonnes par heure;
- une unité de reformage catalytique de 12,5 tonnes par heure;
- une unité de traitement de gaz de 1,8 tonne par heure;
- une unité d’hydrocraquage de gasoil lourd de 12 tonnes par heure;
- une unité de distillation sous vide de 40 tonnes par heure.
Pour son fonctionnement, la raffinerie est dotée d’une centrale électrique équipée de quatre groupes électrogènes de puissance de 3,2 mégawatts chacun, et d’une centrale vapeur de deux chaudières de 20 tonnes par heure chacune.
La raffinerie est desservie en pétrole brut par un pipeline de diamètre dix pouces d’une trentaine de kilomètres, à partir du Terminal de Djeno. Les produits finis, à l’exception du gaz butane, sont enlevés par des pipelines reliant la raffinerie au dépôt de la SCLog (Société Commune de Logistique), situé dans le Port Autonome de Pointe-Noire:
- 2 pipelines de diamètre 6 pouces pour le supercarburant et le jet;
- 1 pipeline de diamètre 8 pouces pour le gasoil moteur;
- 2 pipelines de diamètre 10 pouces pour le fuel oil.
La CORAF alimente le marché national en tous produits: gaz butane, super-carburant, carburéacteur, gasoil et fuel oil léger. Le fuel oil lourd est exporté à partir du poste pétrolier du Port autonome de Pointe-Noire par des lots d’environ 40.000 tonnes métriques. Le gaz butane est enlevé par camion-citerne d’environ 20 tonnes.

Une reprise difficile des activités
De 1997 à 2002, la CORAF connaît une période de difficultés avec une phase d’arrêt total de production, dû à la rupture des approvisionnements en pétrole brut. Après 30 mois d’arrêt de l’usine, le secteur aval pétrolier est en proie à de sérieuses difficultés qui se manifestent par des pénuries récurrentes de carburant dans le pays. Le Congo est obligé d’importer des produits finis.
Par manque de financements pour relancer la CORAF, le Ministre des hydrocarbures, à l’époque M. Jean-Baptiste Taty-Loutard, autorise M. Nestor Mawandza, alors Directeur général de la CORAF, de signer, en mars 2001, un contrat de processing avec Trafigura, une société de courtage pétrolier. Ce contrat, qui dure de mars 2001 à juin 2002, consistait à l’achat  par Trafigura, du pétrole brut mis à la disposition de la CORAF. Les produits finis appartenaient à Trafigura qui les vendait pour son propre compte. Les revenus de ce contrat ont permis à la direction générale de l’époque, de payer les arriérés de salaires.

La reprise de la CORAF par la SNPC
C’est à compter de juin 2002 que la SNPC reprend la CORAF dont le personnel est d’environ 250 employés. Le contrat avec Trafigura est résilié. Selon le code des Hydrocarbures, la Coraf s’approvisionne en pétrole brut avec une défiscalisation de 12%. A partir de 2009, la Coraf a commencé à traiter le brut Nkossa blend, afin d’améliorer ses rendements en produits blancs.
L’arrivée de M. Denis Christel Sassou-Nguesso, en janvier 2011 comme Administrateur-général, en plus de ses fonctions de Directeur général adjoint de l’aval pétrolier de la S.n.p.c, ouvre une nouvelle ère marquée par des réformes internes sur le plan de la gestion qui concourent au redressement de la Coraf, avec un effectif,  à ce jour, de 294 salariés. L’un des symboles de ce processus de redressement est la réduction des pertes de combustibles et l’augmentation de la capacité de traitement de l’usine de 700.000 tonnes métriques sur  le brut Djéno à 850.000 tonnes métriques sur le brut Nkossa, sans investissement, tout juste en optimisant les réglages dans les unités de fabrication.
De même, d’importants projets de développement ont été engagés, comme nous le verrons dans une prochaine édition.