Communauté urbaine de Tchiamba-Nzassi : La maison de la jeunesse débaptisée «Villa Antoinette Sassou-Nguesso»

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Construite par la société Oceana, pour un coût global de 623 millions de franc Cfa, la maison de la jeunesse et de la citoyenneté  de la communauté urbaine de Tchiamba-Nzassi, don du Ministère des hydrocarbures en partenariat avec la société Murphy, aux jeunes de Tchiamba-Nzassi, a été débaptisée «Villa Antoinette Sassou-Nguesso». Son inauguration a eu lieu, jeudi 28 mai 2015, par Mme Antoinette Sassou-Nguesso, épouse du chef de l’Etat, présidente de la Fondation Congo-assistance.

En présence d’André Raphaël Loemba, ministre des hydrocarbures, Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou, ministre délégué, chargé de la marine marchande, Anatole Collinet Makosso, ministre de la jeunesse et de l’éducation civique, Roland Bouiti-Viaudo, député-maire de Pointe-Noire, Camille Francis Tathy, adminisatrteur-maire de Tchiamba-Nzassi, Séraphin Mouendzi, représentant le directeur général de la société Murphy, des conseillers locaux et bien d’autres invités. Après le mot de bienvenue présenté Camille Francis Tathy, le représentant de la société Murphy a fait la présentation technique de la «Villa Antoinette Sassou-Nguesso», un bâtiment de type R+1, avec une guérite à l’entrée principale, un local de groupe électrogène de 50 kva et un mur d’enceinte pour délimiter le site. Il mesure 25 m de long et 14, 20 m de large. Il comprend au rez-de chaussée, un hall d’entrée, une salle d’attente, un bureau, une grande salle de fête de 225 m², des toilettes intérieures, extérieures, à l’arrière du bâtiment. A l’étage il y a une salle d’attente, une salle de multimédia, une terrasse, quatre bureaux, et un bureau de direction avec  toilette intérieure». Puis, il y a eu l’allocution principale du ministre Anatole Collinet Makosso, qui a évoqué les raisons qui ont motivé la  débaptisassion de  cet ouvrage par le  nom de l’épouse du chef de l’Etat.

«Le bonheur que je ressens de prendre la parole, ce matin, peut être apprécié et sondé à la hauteur de l’événement qui nous réunit si nombreux, autour de Madame la Présidente, épouse du Chef de l’Etat qui, une fois de plus, nous fait l’honneur, comme à Sibiti en 2014, d’inaugurer la Maison de la jeunesse et de la citoyenneté de Tchamba-Nzassi, débaptisée, Villa Antoinette Sassou-Nguesso.
Comme vous le savez, Madame la Présidente, c’est à Sibiti, que mon aîné Raphaël Loemba et moi vous surprenions, en attribuant, désormais, votre nom à toutes les maisons de jeunesse et de la citoyenneté que construira, désormais, le gouvernement de la République. Nous justifions cela, non pas par chauvinisme, mais en reconnaissance de ce que vous n’avez cessé de faire en faveur de la jeunesse congolaise, pour que les générations actuelles ainsi que celles à venir, se souviennent de vos œuvres en leur faveur.
En effet, Madame la Présidente, dans une société où on vit une inversion des valeurs désormais tournées vers le repli sur soi, le repli identitaire, l’égocentrisme, l’avarice, le gain facile; dans une société où la considération et l’honneur sont dus aux personnes non pas en fonction de leur être, mais de leur avoir, votre hospitalité légendaire aurait pu inspirer le législateur et vous comprenez le clin d’œil que je fais aux élus ici présents, pour faire adopter une loi portant création des «Trésors Vivants de la Nation».
Le «Trésor Vivant de la Nation» fait référence aux personnes désignées comme gardiennes de biens culturels incorporels importants. Il s’agit des personnes qui se distinguent par leur intégrité, leur bon sens et leur désir de rendre service. Ces personnes sont considérées comme étant des patrimoines vivants, en raison de leurs bienfaits et du rôle qu’elles jouent dans les sociétés dans lesquelles elles vivent. Elles constituent, à ce point,  un patrimoine culturel immatériel. Elles se distinguent par des actes concrets inspirés par l’amour du prochain, le bienfait, la tolérance et le pardon.
Ces personnes constituent, donc, un trésor, un patrimoine national en raison de leur personnalité et des valeurs qu’elles incarnent qui méritent d’être préservées. Des valeurs nobles qui marquent la société. Elles sont des modèles pour la société en général et la jeunesse en particulier. Les Trésors humains vivants ont pour rôle de guider et d’éclairer la société tout en assurant la transmission de leurs connaissances et savoir-faire aux jeunes générations.
A ce titre, si la loi avait déjà existé, vous auriez certainement été la première compatriote à bénéficier de ce statut de «Trésor Vivant de la Nation», pour vos œuvres. Oui, ces œuvres dont l’écho traverse les frontières nationales et résonnent au-delà de l’Afrique, ont produit un patrimoine immatériel important qui puisse justifier que vos compatriotes vous reconnaissent comme patrimoine vivant de la Nation. Je n’en citerai que trois si vous me le permettez:
- premièrement, le sens du partage et de la solidarité vous ont permis de construire un patrimoine extraordinaire: La Fondation Congo-Assistance qui fait de vous,  l’incarnation de l’humanitaire au Congo. Créée en 1984, la FCA, dotée du statut consultatif à l’Onu, est la première initiative congolaise en matière de l’humanitaire. A l’époque, convient-il de le rappeler, toutes les O.n.gs et fondations oeuvrant dans l’humanitaire au Congo n’étaient que des démembrements ou des émanations des Occidentaux. La FCA est la toute première fondation de nationalité congolaise et vous avez été non pas seulement la première Congolaise à créer une fondation d’utilité publique, mais aussi,  la toute première épouse du Chef d’Etat au Congo et même en Afrique centrale à créer une organisation humanitaire. Et cette Fondation trentenaire, chose rare dans notre pays où les structures créées ne durent que le temps d’une rose,  cette Fondation dont l’œuvre est reconnue par l’Organisation des Nations Unies, peut bien justifier que vous puissiez être reconnue, par vos compatriotes, comme «Trésor Vivant de la Nation»;
-Deuxièmement, un autre patrimoine que vous avez offert au Congo, et même à toute la communauté noire du monde donc à l’humanité, est l’ensemble des instruments internationaux sortant la drépanocytose de l’anonymat et la reconnaissant comme problème de santé publique. Première maladie génétique au monde, découverte en 1910 par Derick, cette maladie n’a jamais bénéficié de la moindre prise en charge et c’est grâce au plaidoyer mené par vous que la drépanocytose a pu  être reconnue comme priorité de santé publique  par l’Union africaine, l’O.m.s, l’Unesco et l’onu dont la  résolution 67/237 fait du 19 juin de chaque année, la journée mondiale de lutte contre la drépanocytose.
Partout dans le monde, on dit donc de Madame Sassou qu’elle a sorti la drépanocytose de l’anonymat. Et une telle action suffit pour faire de vous un «Trésor Vivant de la Nation».
A côté de la drépanocytose, on pourra citer votre action de pionnière pour réduire le risque de transmission du V.i.h-sida de la mère à l’enfant, avec l’expérimentation de la viramune au Congo qui vous a amenée à ne pas supporter que l’enfant à naître soit condamné à mourir. Ce qui a conduit la communauté internationale à adopter le slogan: «Mon enfant vivra».
Un troisième dispositif mis en place par vous est la diplomatie civile et humanitaire. Approche au travers de laquelle vous êtes parvenue à rapprocher les vues entre les leaders politiques congolais et à faciliter le retour d’exil de certains d’entre eux. C’est, également, par ce biais que vous avez multiplié des initiatives comme le train de la paix et de la solidarité, pour relancer le trafic ferroviaire et la libre circulation des biens et des personnes dans les départements Sud de Brazzaville hostiles au régime en place en 1997 et où subsistaient encore des conflits armés. 
Ce dispositif vous a, également, permis de vous impliquer dans la résolution des conflits, en favorisant le dialogue entre les leaders politiques de l’opposition et ceux au pouvoir, en Côte d’Ivoire et en RDC, en RCA et en impliquant les femmes et les leaders religieux dans la recherche de la paix et le règlement des conflits.
Vos sœurs, Premières Dames d’Afrique, ont d’ailleurs, reconnu la diplomatie civile et humanitaire comme un important outil de leur intervention dans la résolution des conflits sur le continent. Voilà encore ce qui peut vous justifier le statut de «Trésor Vivant de la Nation».
Dans votre vie de tous les jours et sur tous les plans, vous avez su vous placer au-dessus de la mêlée, très loin des tendances partisanes. En politique, alors que votre époux est jusqu’à preuve du contraire, Président du Parti congolais du travail, vous faites l’unanimité de tous les acteurs politiques qui ne se privent pas de solliciter vos offices dans le règlement des crises internes au sein de leurs différents partis politiques. En religion, vous témoignez une foi qui traverse tous les clivages confessionnels. Quoique baptisée à l’Eglise catholique, vous êtes admise dans toutes les confessions religieuses, que vous entourez de sollicitude sans distinction. Originaire du Kouilou, vous êtes accueillie dans tous les départements du Congo, voire dans tous les villages en véritable mère de la Nation certes, mais surtout comme une vraie fille du terroir d’autant que vous savez vous adapter aux réalités de chaque sensibilité de notre pays. Enseignante, vous intervenez dans tous les domaines sociaux comme une vraie professionnelle.
Ce n’est certainement ni le moment ni le lieu certes, mais de grâce, pardonnez-moi de vous rendre ainsi hommage, pour l’ensemble de votre action sociale qui justifie entre autres que votre nom soit porté sur tous les frontons des Maisons de la jeunesse et de la citoyenneté. Ce n’est que justice.

La place et le rôle de la jeu
    nesse dans nos sociétés sont au centre des interrogations fondamentales, surtout en Afrique où cette jeunesse est en proie à une crise de la citoyenneté en dépit de l’amélioration de son niveau d’instruction. Et lorsqu’on parle de citoyenneté, on parle donc d’une capacité reconnue à l’individu donc à tout citoyen,  d’exprimer ses opinions et de participer au développement du pays.
Par conséquent, la citoyenneté doit être responsable pour être un facteur favorable au développement. Pour cela, il faut le respect d’un certain nombre de valeurs cardinales qui fondent la société et garantissent sa stabilité. En termes de valeurs cardinales, il faut entendre un certain nombre de devoirs, qui constituent les obligations civiques: la soumission aux lois et règlements de la République, le respect des institutions de la République, le respect des biens de la communauté.
De manière pratique, la citoyenneté est un comportement révélateur d’une éducation, qui a permis l’acquisition de valeurs et d’objectifs, sur la base desquelles l’individu contribue, avec responsabilité et engagement, à son propre épanouissement et à la construction nationale. En cela, la citoyenneté reste un vecteur de l’intégration sociale.
Les manquements à ces règles élémentaires de vie commune affaibliront  la notion de citoyenneté et remettront, dangereusement en cause la paix et la stabilité sociale. 
Malheureusement, il est à noter le déclin du comportement citoyen responsable, de nos jours, au sein de notre société et ce, quelle que soit la classe d’âge prise en compte. Cela est dû, vous vous en doutez, au manque de structures d’encadrement de la jeunesse pendant un bon moment dans notre pays.
Dussions-nous rappeler que pendant près de deux décennies, il n’y a plus jamais eu d’organisation républicaine de jeunes, aucune structure d’encadrement de la jeunesse, aucune école de formation politique et citoyenne de la jeunesse. Comment s’étonner de voir, aujourd’hui, des politiques et des dirigeants rejeter le dialogue et la Concertation pour privilégier les mouvements de rue. C’est là une crise de la citoyenneté.
La jeunesse est le cœur de la société et c’est vers elle qu’il faut sans cesse se tourner pour mesurer le développement réel des cités. Par conséquent, il est important de  lui  inculquer d’urgence les bases de la vie commune, en lui définissant ses droits et en lui identifiant au verso ses devoirs et tout cela dans  une dynamique qui lui permet de trouver son compte au travers des activités ludiques, des activités d’apprentissage, des conseils d’orientation, d’information etc.
Vous comprenez ainsi, l’importance des maisons de la jeunesse et de la citoyenneté que le gouvernement s’emploie à construire dans tous les départements, avec vocation de les étendre dans tous les districts et arrondissements.
Autant les colonies et chantiers vacances sont des écoles du vivre ensemble, autant les maisons de la jeunesse et de la citoyenneté sont des écoles de formation à la vie associative, à l’engagement républicain et à l’éveil des consciences. Il s’agit pour le jeune de s’approprier les vertus du civisme et d’agir en vecteur (artisan) de la paix et du développement, de la citoyenneté et de la vie associative. Et puisque nous parlons de la jeunesse et de la citoyenneté, l’occasion me vient de citer le Président Denis Sassou-Nguesso qui nous rappelle, dans son ouvrage le manguier, le fleuve et la souri, à la page 175 je cite: «Il est essentiel que nos enfants apprennent ce qu’est la République, ses règles de fonctionnement, les principes démocratiques sur lesquelles elles reposent, faute de quoi, ils n’auront aucune raison de la respecter».
C’est pour nous l’occasion de commenter, en quelques mots, la fonction du drapeau national dont nous nous employons, depuis un moment à doter les chefs de village, de quartiers et des administrations. Le drapeau est le premier symbole de la République. A ce titre, il ne doit à aucun moment, ni par aucun aspect, donner l’image d’un pays en lambeau, ni d’une juxtaposition de tribus, de départements ou d’ethnies.
La République étant une et indivisible, le drapeau qui doit être une pièce unique, sans marque de couture qui donnerait l’impression d’un rafistolage de cultures ou d’ethnie, doit respecter les caractéristiques définies par la loi constitutionnelle n°8 du 18 aout 1959 avec 1, 80m de long et 1, 20 m de large et la bande jaune qui sépare les couleurs verte et rouge est de 0, 60m. Lorsqu’on hisse le drapeau et on chante l’hymne national, chaque personne présente doit se décoiffer, se tenir droit, debout et immobile, les bras le long du corps et non le bras droit tendu comme nous avons coutume de le voir depuis un moment et qui rappelle le vague souvenir d’un régime honni par l’humanité entière.
Au moment où nous procédons à l’inauguration de ce joyau, je voudrais rendre un hommage mérité à Monsieur Alexandre Honoré Paka, Préfet de Pointe-Noire, dont le pragmatisme a permis la réalisation de ce bel ouvrage et qui m’a chargé de vous traduire sa satisfaction de voir aboutir ce projet pour lequel il s’est investi personnellement. Loin de nous, m’a-t-il chargé de vous dire, près du cœur, il est.
Nos remerciements s’adressent également au Ministre André Raphaël Loemba, et à tous ses collaborateurs à la tête desquels se trouve son Directeur de cabinet, Serges Bouiti-Viaudo, pour leur volonté à nous accompagner dans la construction des «Villas Antoinette Sassou-Nguesso».
Je ne saurai terminer mon propos sans remercier la société Murphy et saluer l’implication du Sous-préfet et de l’administrateur-maire de Thiamba-Nzassi ainsi que de l’entrepreneur Ahmed qui ont œuvré, nuit et jour, à la réalisation de l’ouvrage. J’ose croire qu’ils veilleront aux côtés des cadres du Ministère de la jeunesse et de l’éducation civique à ce que les jeunes et toute la population de Tchiamba-Nzassi en fassent bon usage.