Premier congrès extraordinaire du R.d.p.s (Rassemblement pour la démocratie et le progrès social) : Elu président, Jean-Marc Thystère-Tchicaya entend rassembler et moderniser le parti

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Le R.d.p.s (Rassemblement pour la démocratie et le progrès social) a tenu son premier congrès extraordinaire, du 22 au 23 mai 2014, à Pointe-Noire, sous le thème: «Dans la paix et la concorde, unissons nos forces pour faire la politique autrement». A l’issue des travaux, de nouvelles instances ont été mises en place, avec l’élection de Jean-Marc Thystère-Tchicaya comme président du R.d.p.s.

Ce congrès a aussi réaffirmé la position du R.d.p.s pour le «non au changement de la Constitution du 20 janvier 2002» ainsi que pour la révision des accords de partenariat avec le P.c.t (Parti congolais du travail). Après son élection, Jean-Marc Thystère-Tchicaya entend rassembler le parti et pour cela, il a tendu sa main, car pour lui, «le résultat de ce premier congrès extraordinaire n’est ni la victoire d’un camp, ni la défaite d’un autre».

Après la mort de son fondateur, Jean-Pierre Thystère-Tchicaya, en 2008,  le R.d.p.s a été, pendant ces trois dernières années, secoué par de nombreuses contradictions internes et la naissance, en son sein, d’au moins deux courants politiques qui, au lieu de concourir à son développement, l’avaient, plutôt, précipité dans le gouffre de la division.
D’un côté, une aile des frondeurs, dirigée par le député Mabio Mavoungou-Zinga, et de l’autre, l’aile dirigée par le sénateur Bernard Mbatchi, le président du parti. Cette situation avait conduit à la mise en place d’un «cadre consensuel de concertation et de prise de décisions politiques». Autrement dit, une direction du parti quasi bicéphale.
Au-delà de la mise en place de nouvelles instances dirigeantes du parti, le premier congrès extraordinaire du R.d.p.s avait, entre autres objectif majeurs, de sceller la réunification du parti.
Environ 600 congressistes représentant tous les départements et fédérations s’y sont donc attelés, pendant deux jours. A l’issue des travaux, Jean-Marc Thystère-Tchicaya, l’unique candidat enregistré au comité préparatoire du congrès extraordinaire, a été élu, à l’unanimité et par acclamations, président du R.d.p.s.
Objectif atteint! dirait-on. Ou plutôt, partiellement, diraient d’autres. Quoi qu’il en soit, le congrès extraordinaire a eu lieu et a abouti à la mise en place des instances définitives du R.d.p.s: un comité directeur de  251 membres et un bureau politique de 51 membres.
En effet, dirigés par Bernard Mbatchi, avec à ses côtés Lambert Pembellot et Marcel Castanou, les travaux de ce congrès extraordinaire ont porté sur la structuration et la revitalisation du parti sur toute l’étendue du territoire national, la candidature du R.d.p.s à l’élection présidentielle de 2016, le non au changement de la Constitution et, enfin,  l’élévation de Bernard Mbatchi au statut de président émérite du R.d.p.s.

Des motions et recommandations

A l’issue des travaux, les congressistes ont adopté deux motions:
-une motion de félicitations et de remerciements au cadre consensuel de concertation et de prise de décision;
-une motion de félicitations et de gratitude à l’endroit de Bernard Mbatchi, le président sortant, pour avoir conduit à bon port les destinées du parti au sein du cadre consensuel de concertation et de prise décisions politiques jusqu’au congrès. Ce, malgré les secousses de la division.
C’est, d’ailleurs, cet état de division qui a conduit les congressistes à adopter une recommandation relative à l’institution d’une commission d’éthique au sein du parti.
La deuxième recommandation concerne la révision des accords de partenariat conclus avec le P.c.t (Parti congolais du travail). Il ressort de cette recommandation que le R.d.p.s a constaté le manque de considération de la part de son allié, le P.c.t, qui n’a aucunement tenu compte des termes de l’accord qui stipule de gouverner ensemble. En d’autres termes, le R.d.p.s, comme les autres partis alliés du P.c.t,  s’est fait flouer par ce dernier.
Enfin, une déclaration relative à la question du changement de la constitution a été rendue publique. Elle a fait exploser la salle. Debout et par acclamations, toute la salle a adopté la déclaration selon laquelle le R.d.p.s s’est prononcé pour le non au changement de la Constitution de 20 janvier 2002. L’unanimité des congressistes sur cette question a été telle qu’il n’y a même pas eu un véritable débat sur le sujet. Il n’est pas exagéré de dire qu’une proposition contraire aurait fait lyncher son auteur…

Les engagements de Jean-Marc Thystère-Tchicaya
L’élection de Jean-Marc Thystère Tchicaya comme Président du R.d.p.s a, pour ainsi dire, été un plébiscite. Aucune contestation, ni contreproposition dans la salle, mais plutôt, un tonnerre d’applaudissements. Son challenger, Mabio Mavoungou Zinga, avait capitulé trois jours auparavant  (Voir La Semaine Africaine n°3496 du Vendredi 22 mai 2015, page 3).
Dans son allocution de circonstance, le nouveau président s’est engagé à faire du R.d.p.s un parti de gouvernement et un pilier de l’unité nationale. «Ce premier congrès extraordinaire doit marquer la restauration et la renaissance du R.d.p.s, la reconquête de l’espace politique perdu, la réimplantation du  R.d.p.s sur l’ensemble du territoire national, le rassembler et le moderniser davantage, pour aller à la conquête du pouvoir politique, selon les règles d’une compétition saine et démocratique», a-t-il dit. Et de poursuivre: «Je m’engage à revitaliser le R.d.p.s; son fonctionnement, son financement et ses accords avec les partis amis seront revus et suivis conformément aux textes fondamentaux et motions qui régissent notre parti. Nous avons, donc, l’obligation de faire du R.d.p.s un parti libre, indépendant, conquérant et respectueux des autres. Nous réactiverons notre adhésion à l’internationale socialiste et nous passerons des accords avec les autres partis qui ont, à travers le monde, pour idéologie la social-démocratie», a souligné Jean-Marc Thystère-Tchicaya.
Pour ce faire, le nouveau président voudrait rassembler les militants autour du projet du parti, qui consiste à «réinventer la société congolaise dans la définition d’une nouvelle vision des rapports entre l’homme et le pouvoir politique, la restauration de l’Etat dans ses missions régaliennes  qui sont, entre autres: l’égalité de tous devant la loi, la sûreté des citoyens, l’accès à l’eau, à l’électricité, la santé et l’éducation, l’emploi, la réhabilitation de l’école, la modernisation des hôpitaux, la redéfinition des rapports entre les citoyens et l’état, etc.»
Tout un programme, dirait-on. Le nouveau président du R.d.p.s l’a, d’ailleurs, détaillé, dans un livret distribué lors de ce congrès. Et pour réussir un tel projet, il faut l’apport de tous les militants. «Voilà pourquoi, je tends une main amicale et fraternelle à mes camarades et frères, après cette formidable compétition interne, expression de la vitalité démocratique au sein de notre parti. Le résultat de ce premier congrès extraordinaire n’est ni la victoire d’un camp, ni la défaite d’un autre. Le seul vainqueur, c’est l’espoir de voir le R.d.p.s marquer, de nouveau, de son empreinte, la vie politique nationale…aucun militant ne sera exclu de la gestion de notre parti, sous mon mandat», a promis Jean-Marc Thystère-Tchicaya. Ce qui pourrait être interprété comme un appel à l’unité du Parti, une main tendue vers ceux qui ont boycotté ce congrès.
Dans cet élan, Jean-Marc Thystère-Tchicaya a rendu hommage à Bernard Mbatchi, pour sa patience, son opiniâtreté et son engagement. Hommage aussi  à tous les militants qui ont su défendre, avec admiration, les couleurs et idéaux du R.d.p.s. Parmi lesquels les doyens, Lambert Pembellot et Marcel Castanou.
Pour terminer, le nouveau Président du R.d.p.s a rappelé aux cadres que ce parti est marqué par une forte tradition de dialogue, œuvrant pour la paix et l’unité nationale. Partant, il a invité l’ensemble des membres du comité directeur et du bureau politique à faire preuve de mesure, de responsabilité et à ne s’exprimer que dans un cadre autorisé.