Débat sur la Constitution : Le Centre solidaire de Luc-Daniel Adamo Mateta en faveur du changement de la Constitution

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

La plateforme F.d.p.g.c.s (Front démocratique des partis et groupements du centre solidaire) a organisé, dimanche 8 mars 2015, un meeting en salle, à la préfecture de Brazzaville, sous le patronage de son président coordonnateur national, Luc-Daniel Adamo Mateta, qui est également haut-commissaire à l’instruction civique et morale, président de l’U.d.r.c. A cette occasion, le F.d.p.g.c.s a rendu publique une déclaration lue par Antoine Riche Ndeamba, secrétaire à la communication, porte-parole du F.d.p.g.c.s, dans laquelle le front a pris position en faveur du changement de la Constitution du 20 janvier 2002.


Le meeting en salle avait pour but de donner la «position du F.d.p.g.c.s relative au débat actuel sur la Constitution du 20 janvier 2002». On notait la présence du secrétaire général adjoint du P.c.t, André Massamba, du député Stanislas Nguié, et de quelques responsables d’organisations, comme l’œil du peuple, le centre gauche, le centre républicain, la Caresco, F.c.r.c. Luc-Daniel Adamo Mateta a fait son entrée dans une salle chauffée à blanc, par l’artiste-musicien Philippe Sita, avec ses morceaux choisis sur la paix, l’unité nationale, l’amour du prochain, autant de valeurs que prône la plateforme F.d.p.g.c.s. Le docteur Matéta a été salué par un tonnerre d’applaudissements. A l’entrée de la préfecture, une grande banderole donnait déjà l’indication: «Oui au changement de la Constitution du 20 janvier 2002».

Déclaration du Front Démocratique des Partis et Groupements Politiques du Centre Solidaire

Le Front Démocratique des Partis et Groupements Politiques du Centre Solidaire, plate-forme politique composée de dix-huit partis, s’est tenue, le 7 mars 2015, au siège de l’Union pour la Reconstruction et le Développement du Congo, à Brazzaville, sous la direction de son Président Coordonnateur Général National, Monsieur Luc Daniel Adamo Mateta. Un seul point avait été au centre des échanges: la problématique de la révision, du changement ou non de la Constitution du 20 janvier 2002. Au terme d’une analyse critique sur ladite Constitution, le Front Démocratique des Partis et Groupements Politiques du Centre Solidaire a constaté ce qui suit:
- le cloisonnement des pouvoirs consacrés par la Constitution du 20 janvier 2002 du fait de son régime présidentiel fort, entrave véritablement l’exercice de la bonne gouvernance, dans la mesure où elle ne permet pas au Parlement d’assurer un contrôle efficace de l’action gouvernementale et au Président de la République de dissoudre l’Assemblée Nationale;
- la limitation délibérée d’âge quant au positionnement aux élections présidentielles et sénatoriales, apparaît, de nos jours, comme une mesure discriminatoire à l’endroit de certaines catégories de citoyens congolais, alors que le développement de notre pays requiert l’implication de tous, sans distinction de sexe, d’âge et d’autres considérations;
- l’absence des dispositions pratiques, pour assurer une souveraineté réelle;
- l’absence des dispositions efficaces pour sécuriser nos frontières;
- l’absence du socle des vertus et qui sous-tendent nos valeurs traditionnelles guidées par la justice et l’équité, la sagesse, la solidarité, le partage, le sens aigu de la famille élargie, la tolérance et l’ordre, vertus et valeurs qui constituent le mbongui;
- l’absence d’une réelle dynamique de lutte contre le tribalisme et le renforcement de l’unité nationale;
- l’absence d’une réelle vision de réduction significative des inégalités sociales;
- le déséquilibre de la durée des mandats des différentes institutions fixé, respectivement, à sept ans, à cinq ans, pour les parlementaires et les conseillers locaux, à six ans, pour les sénateurs et à neuf ans, pour la Cour Constitutionnelle.
Fort de tout ce qui précède, le Front Démocratique des Partis et Groupements Politiques du Centre Solidaire, conscient des enjeux et de la nécessité pour notre pays de concilier la tradition et la modernité, se prononce favorablement pour le changement profond et véritablement consensuel de la Constitution du 20 janvier 2002.
Le Front Démocratique des Partis et Groupements Politiques du Centre Solidaire exhorte le Président de la République, Chef de l’Etat, garant de la souveraineté nationale, à créer les conditions permissives de garantir la tenue d’un dialogue national inclusif devant prendre en compte toutes les préoccupations légitimes émises par la majorité, l’opposition, le centre et la société civile.

Fait à Brazzaville, le 8 mars 2015

Le Front Démocratique des Partis et Groupements Politiques du Centre Solidaire


Discours du Président Mateta

Mesdames et Messieurs les membres des Partis et Groupements Politiques du Front Démocratique du Centre Solidaire;
Distingués invités, en vos rangs, fonctions et qualités;
Chers militants,

Dans un monde pluriel, mais devenu un village planétaire, chaque Nation a, malgré tout, une mission qu’elle se doit d’accomplir, pour servir la cause de l’humanité; le Congo, notre pays, n’échappe pas à cette réalité. A la vérité, le Congo est l’épicentre de la terre; un pays porteur d’espoir pour l’humanité.
Souvenons-nous de quelques faits historiques qui caractérisent la mission de notre pays. L’implication du Congo dans les mouvements de libération; la place de Brazzaville en tant que capitale de la France-Libre; la fin de l’apartheid; l’organisation des Jeux africains; la tenue du forum des hommes de sciences et des lettres; le forum sur le bassin du Congo, etc.
Tous ces faits historiques ne sont-ils pas suffisamment éloquents pour montrer combien le Congo est important dans le concert des Nations. Nous pensons que l’Afrique et le Congo, en particulier, se trouvent, aujourd’hui, à un tournant décisif de l’histoire: celle du réveil de l’Afrique et de sa restauration; ce qui nous commande de renforcer l’unité nationale, la cohésion sociale et d’améliorer la vie communautaire des concitoyens.
En effet, l’unité nationale est l’union indivisible des citoyens d’une Nation se caractérisant par la conscience de son unité historique, sociale et culturelle, ainsi que la volonté de vivre en commun. Il convient de rappeler que tous les Congolais ont un même passé historique, marqué par l’esclavage et la colonisation; ils ont en commun les mêmes valeurs culturelles, à savoir: le dialogue, le consensus, l’hospitalité, le partage, la solidarité.
Quant à la cohésion sociale, Emile Durkheim, dans son ouvrage intitulé «La division du travail social», publié en 1893, la définit comme l’état de bon fonctionnement de la société où s’expriment la solidarité entre individus et la conscience collective.
Considérée sous cet angle, la cohésion sociale désigne la nature et l’intensité des relations sociales qui existent entre les membres d’une société ou d’une organisation.
La nature de relations peut se mesurer à travers le degré d’assistance mutuelle entre Congolais, dans la joie, comme dans le malheur, notre capacité à nous aimer les uns les autres, à nous tolérer et à marcher ensemble.
S’agissant de la vie communautaire, celle-ci se conçoit comme une situation dans laquelle les citoyens congolais vivent ensemble, dans un esprit de solidarité, de partage et de famille élargie.

Mesdames et Messieurs,
Dans le débat actuel autour de la Constitution du 20 janvier 2002, nous devons faire preuve de beaucoup de discernement, car le lendemain du Congo en dépend. Depuis l’indépendance, le Congo a expérimenté, en l’espace de 50 ans, plusieurs Constitutions et des lois fondamentales. L’esprit qui a toujours gouverné tous ces textes est un esprit étranger, en opposition avec les aspirations profondes du peuple congolais. L’analyse de notre développement économique et social, au cours de ces 50 dernières années, permet de relever un important contraste entre l’évolution de la richesse du pays (PNB) et la détérioration des conditions de vie des populations.
Le Congo, comme la majorité des pays de l’Afrique subsaharienne, présente une proportion importante de la population vivant avec un dollar (500 F Cfa) par jour ou moins et un fort taux de chômage qui avoisine les 50%.
Des efforts sont consentis par les gouvernants pour améliorer ces conditions de vie, à en juger tous les programmes et les plans qui témoignent de cette volonté.
Notons, en passant, les programmes triennal, quinquennal, d’ajustement structurel et, aujourd’hui, le Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (D.S.R.P).
Mais, il n’en demeure pas moins que la situation des populations reste précaire, dans les domaines de l’emploi, de la santé, de l’éducation, de l’eau et de l’électricité. Ces faiblesses constatées découlent, sans nul doute, de la qualité des constitutions en présence, dont celle du 20 janvier 2002. Elles sont, souvent, calquées sur le modèle occidental et ne tiennent pas compte de notre substratum psychologique, sociologique, mental et de notre histoire ancienne.
Le Congo a besoin d’une Constitution authentique qui tient compte des véritables aspirations des populations, c’est à dire la prospérité pour tous, la solidarité, le partage, l’entente, le bonheur et la paix. Une Constitution qui ne peut contenir en soi les germes d’auto-destruction, comme c’est le cas, aujourd’hui.
En dehors des indicateurs macroéconomiques jugés insuffisants, il convient aussi de souligner que d’autres aspects de la vie administrative et politique, dont ceux liés à la gouvernance électorale, restent préoccupants. Le civisme et la morale sont mis à dure épreuve, avant et pendant les élections; la corruption par l’achat des consciences, la fraude et la tricherie sont devenues des règles pour gagner à tout prix et avoir une place au soleil, selon les formules consacrées «la fin justifie les moyens» ou «tout chemin mène à Rome».
Toutes les sensibilités politiques (majorité, opposition, centre et société civile) s’y engagent. Les électeurs deviennent des marchandises qu’on achète à coups d’argent ou à coups de pièces d’étoffes et cela constitue un véritable délit d’initiés. En règle générale, le plus grand devoir de l’homme politique, c’est de préserver la sécurité morale des populations et assurer son bien-être, au lieu d’exploiter sa condition précaire.
Alors, une question se pose, allons-nous continuer à détruire le tissu moral et spirituel de notre peuple, pour des raisons d’intérêts personnels ou partisans? Ou bien ne serait-il pas indiqué ou opportun de nous raviser et de s’asseoir, pour étudier, ensemble, les modalités pertinentes de gestion de notre destin commun?
Le Président de la République, en remettant le Congo entre les mains de Dieu, ouvrait une nouvelle page de notre histoire, celle qui engage notre responsabilité devant Dieu et devant les hommes; celle qui répond aux nouvelles exigences: «Rendre à Dieu ce qui est à Dieu».
Aussi, le Front Démocratique des Partis et Groupements Politiques du Centre Solidaire, par ma voix, exhorte-t-il toute la classe politique à un dialogue inclusif, dialogue de repentance, de réconciliation et de réflexion profonde sur une Constitution authentique qui réglerait, définitivement, la question de la gouvernance électorale, une gouvernance libre, transparente et non conflictuelle. En vérité l’on ne peut dissocier la loi électorale de la constitution, les deux sont intimement liées.
La Constitution que nous appelons de tous nos vœux ne doit pas être otage de quelques illuminés politiques ou juristes, mais une émanation de toutes les forces vives de notre Nation: chefs coutumiers et confessions religieuses, garants des valeurs morales et spirituelles, la société civile, la société savante (historiens, psychologues, psychiatres, sociologues, philosophes) et la classe politique.
En avant pour le dialogue national inclusif et consensuel. Que Dieu bénisse le Congo!

Je vous remercie.

Informations supplémentaires