Réaction d’une militante du RC (Rassemblement Citoyen) : Qui est réellement Claude Alphonse N’Silou?

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Discréditer, discréditer encore, discréditer toujours et abattre. Personne ne le regrettera. Cela deviendra une simple mesure de salubrité publique. C’est comme cela que le système communiste a fonctionné dans le monde. Ce système poussait l’outrecuidance jusqu’à effacer la personne sur une photo de groupe, voire l’effacer jusque dans les pages des manuels de l’histoire ou les registres de l’Etat-civil du pays.

Il n’avait jamais existé. Il n’aurait pas dû. Son crime? Il avait osé être libre.
Quoi d’étonnant qu’ayant épousé l’idéologie, nous ayons aussi fait nôtres ces pratiques politiques!  Mais a-t-on vraiment quitté ces habitudes politiques d’un autre temps avec l’avènement de la démocratie dans notre pays? J’en doute.
J’ai sursauté quand j’ai lu l’article: «Que dit Claude Alphonse N’Silou?», signé par Monsieur Gankama N’Siah des Dépêches de Brazzaville du lundi 22 juillet 2013 (n°1783) dans la rubrique «Le Fait du Jour».
Un article dont le but est de discréditer N’Silou.
Les remous que cet article provoque dans les quartiers des  grandes villes montrent que je ne suis pas la seule personne à qui  il a suscité un sentiment d’indignation…
J’ai décidé de réagir avec les moyens que me donne la démocratie: écrire. Ce faisant, je m’expose à un reproche sévère de N’Silou. Il n’a jamais encouragé qu’autour de lui on réponde à de pareilles inexactitudes. Le peuple est seul juge dit-il toujours.
Peu importe ce qu’il en pensera. On s’expliquera.
Témoin privilégié de notre histoire récente, je dois à la vérité de dire comment les faits travestis par l’article sus cité  se sont réellement passés.
Je le ferai avec beaucoup d’aisance et d’à propos parce que l’histoire est récente et que  ceux qui l’ont vécue sont encore en vie. Quand les contemporains sont encore en vie, il est difficile de travestir l’histoire.

a. Les Faits:

1- La Conférence Nationale Souveraine

La Conférence Nationale Souveraine trouve N’Silou déjà fortuné: il avait des Ferrari, des Maserati, des Lamborghini, des Mercedes… Il louait des jets privés avec son argent. Otto-Mbongo, Mfina-Matchiona, Paul Obambi et bien d’autres peuvent le témoigner. Il était jeune. Il avait gagné son argent honnêtement.
Ceux qui parlaient de démocratie n’avaient que le beau rêve. Ils n’avaient pas d’argent. La démocratie a un coût. C’est ainsi qu’une délégation de dirigeants matsouanistes, dans laquelle se trouvait son père, est venue lui demander de  soutenir la démocratie naissante à travers Bernard Kolelas. Cela s’est passé chez sa mère à l’OMS, dans cette maison devenue historique pour ceux comme le Président Sassou, feu Bernard Kolelas, feu Thystère-Tchicaya, Landry Kolelas, Maître Martin Mbemba, Gongara-Nkoua, Isidore Mvoumba, feu Ambroise Noumazalay, Mamadou Dekamo Camara , Clément  Mierassa,  etc.  qui savent ce qui s’y était  passé.
C’est avec le Colonel Abel Missonsa, encore en vie, que se fait la première rencontre entre N’Silou et Bernard Kolelas. Je laisse aux autres  le soin d’apprécier  la suite.

2-L’Alliance URD-PCT

Je reste toujours convaincue que sans l’Alliance URD-PCT,  le Président Sassou ne serait jamais revenu au pouvoir. Cette affirmation fera bondir certains; je le vois d’ici. Assis aujourd’hui dans leurs fauteuils cossus cette réaction est normale. Elle est prévisible. Un italien dans son livre «Le Prince» l’avait prévue et même bien décrite. C’est mon intime conviction. Elle est personnelle. Je n’ai pas demandé à la partager. Après tout, Dieu seul sait.
Au-delà de l’auteur de l’idée, pour l’avoir acceptée, prenez là, la mesure de ce que Bernard Kolelas a fait pour que le Président Sassou revienne au pouvoir.
Le Président Sassou a eu raison de déclarer au cours du premier meeting de cette alliance au Boulevard Alfred Raoul que: «Cette alliance était le socle de l’unité nationale». Cette alliance a fait que la guerre civile ne soit pas une guerre Nord-Sud.
Ne vous arrêtez pas à l’image de Ndalla Graille ou plutôt  d’Isidore Mvoumba qui, justement pour l’image, a été désigné à Libreville  porte-parole du Président Sassou. Des jeunes du Sud, qui avaient foi en cette alliance au nom de l’unité nationale ont pris des armes pour combattre les leurs. Nombreux en sont morts. Leurs parents ont été massacrés par représailles. Qui s’occupe  aujourd’hui des  veuves et des orphelins qu’ils ont laissés? Ils sont devenus bons à porter les tee-shirts lors des  manifestations. Et dans les articles comme celui des Dépêches de Brazzaville, on dénie même ce qu’ils ont fait, pour  dire qu’ils n’ont rejoint le Président Sassou qu’en 1998 quand il a gagné.
Ces jeunes sont aujourd’hui méprisés. On les traite même de mercenaires idiots, eux et d’autres de la partie septentrionale, comme eux venus sauver  l’unité nationale.
Par contre, aujourd’hui, tapis rouge aux laudateurs nationaux ou étrangers.
Mais c’est aussi cela l’histoire des hommes, dans ses parenthèses difficiles où l’ingratitude est reine.
Heureusement, Dieu finit toujours par y remettre bon ordre.
Messieurs des Dépêches de Brazzaville savent-ils qui est réellement l’auteur de cette alliance? A l’époque, c’était une idée folle. C’est Claude Alphonse N’Silou!

3- Le gouvernement Yhombi de Pascal Lissouba

Oui, N’Silou avait,  devant témoins,  au palais du peuple dans le bureau présidentiel, dit non au Président Lissouba qui lui faisait l’honneur d’être Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur Chargé de l’Habitat. Il l’avait fait au nom de l’alliance URD-PCT. Même Kolelas n’en revenait pas.
Paradoxalement, ce refus a rapproché les deux hommes.
Le Président Lissouba disait: «Il m’intéresse ce fiston. Ce n’est pas dans les habitudes des Congolais, dommage, il n’a pas compris». Il était dès lors convenable aux uns et aux autres qui s’en étaient offusqués de discréditer celui qui avait dit non à Monsieur le Président. C’est la version que vous avez écrite, sans l’affirmer vraiment, laissant cependant  apparaître suffisamment de doute sur la probité de l’homme: N’Silou.
Bikinkita devenu Ministre de l’Intérieur, N’Silou fait une déclaration dans les médias traitant ce rapprochement de trahison à l’alliance URD-PCT. Hellot Mampouya, petit frère de tous les jours de N’Silou est passé à la télévision lire une déclaration signée de Bernard Kolelas suspendant N’Silou du bureau politique pour «inconséquence idéologique», terme que N’Silou n’a jamais compris jusqu’à ce jour.
Et c’est de là qu’est née  l’idée de créer le Rassemblement Citoyen (R.C) qui a vu le jour quelques années après, en 1998 avec le texte fondateur «Appel de Juin 1998».
Affirmer que N’Silou n’a rejoint le Président Sassou pour défendre la démocratie  qu’en 1998 m’a fait sursauter.  Je suis sûre  que cela a été la même réaction pour beaucoup de personnes dont le Président Sassou  lui-même.
Je préfère penser que Messieurs des Dépêches de Brazzaville, vous vous êtes trompés de bonne foi. Une personne mal intentionnée a certainement abusé de vous.
Dans un pays, la vraie histoire est toujours souterraine. N’Silou par nature ne parle pas beaucoup. Il est discret et très réservé.
Si vous saviez, chers Messieurs, si vous connaissiez la suite de l’histoire,  vous n’en reviendriez pas.
Au fond de lui-même, N’Silou doit peut-être regretter de ne pas avoir pris certaines décisions à un moment donné. II sait de quoi je parle et le Président Sassou le sait également. L’admiration excessive de l’aîné, peut être. La pudeur du chrétien, sans doute. Quant à vous, vous avez l’excuse de ne pas savoir.
De tous ces faits, N’Silou n’en tire aucune gloire. Il dit toujours: «C’est une chance qu’en ce moment de l’histoire de notre pays Dieu m’ait mis là».

b. De l’alternance au pouvoir

Dans votre article, vous n’avez cité que deux paragraphes de notre texte. Ceux qui parlent de l’alternance au pouvoir.
Chers messieurs des Dépêches de Brazzaville,  l‘alternance au pouvoir dans notre pays est inéluctable. Peu importe quand. L’alternance est le fait de la démocratie. Mais pourquoi voulez-vous qu’elle soit objet d’inquiétude ou de peur pour celui qui va quitter le pouvoir ou pour les siens? Cette peur savamment distillée divise aujourd’hui le pays en deux camps qui s’observent: ceux qui veulent changer la constitution et ceux qui ne le veulent pas.
Changer ou ne pas changer la constitution,  est-ce là, la bonne question?
Notre pays a déjà connu une alternance pacifique. Je regrette beaucoup que les médias n’en parlent pas assez ou pas du tout. J’ai retenu une phrase importante prononcée par le Président Sassou à cette occasion: «Je quitte le pouvoir, je laisse le pays en paix». Je crois que l’essentiel est là.
En 2016, il va falloir trouver une formule consensuelle qui va assurer une paix juste au pays, garantie par une répartition équitable du pouvoir effectif entre le Nord et le Sud, et une meilleure répartition de la richesse nationale.
La question est là.
Au nom du pays, les congolais devront se surpasser et faire bouger véritablement les lignes. Là est surtout la responsabilité du Président Sassou. Il est attendu là. Seul.
Chers messieurs des Dépêches de Brazzaville, vous faites un métier noble, vous êtes de bons journalistes; ne rentrez pas dans le jeu du discrédit. Rapprochez vous de l’homme.
Rapprochez vous de N’Silou. C’est un patriote.
Jugez l’homme politique au pouvoir quand il nomme ceux qui doivent diriger les structures importantes de l’Etat. Leurs origines. N’Silou cherche en permanence l’équilibre. Il dit toujours: «Quand vous devez réaliser un projet national,  soutirez du pays ce qu’il a d’intelligences;  votre village, votre ethnie, votre département n’ont pas le monopole de l’intelligence».
Chers messieurs des Dépêches de Brazzaville, regardez autour de vous; est-ce bien le cas?
En quoi l’activité normale en démocratie d’un parti politique devient-elle un crime: une simple campagne d’adhésion?
L’histoire de notre pays est douloureuse; il faut éviter de la travestir, par respect pour nos morts. Mais, pourquoi tant de haine?

NGOYI-MAVOUNGOU Ghislaine,
Militante du RC
Loandjili, Pointe-Noire