Sécurité africaine : Brazzaville abrite la 23ème conférence régionale africaine d’INTERPOL*

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La République du Congo est le pays hôte de la 23ème Conférence Régionale Africaine d’INTERPOL qui se tiendra prochainement à Brazzaville. Cette conférence permettra aux polices des 54 pays d’Afrique de se réunir pour déterminer de nouvelles stratégies en vue de combattre la criminalité transnationale qui menace la sécurité du continent africain.

 

C’est dans le contexte de la tenue de cette conférence que deux personnalités congolaises clef et deux fonctionnaires de police ont bien voulu accorder des entretiens au Secrétariat Général d’INTERPOL, afin de présenter la Direction Générale de la Police, l’importance d’INTERPOL pour la sécurité du Congo et, à plus grande échelle, du continent africain.

Monsieur Raymond Zéphirin MBOULOU, Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation

Au sujet du renforcement de la coopération policière en Afrique:
L’Afrique et INTERPOL sont depuis longtemps engagés dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé. Aucun pays ne peut en venir à bout, seul. Nous devons collaborer étroitement. C’est précisément pour cela que l’adhésion des pays africains à INTERPOL est vitale pour la sécurité nationale de chacun d’eux.
Le Congo témoigne d’une tradition forte pour INTERPOL car la première conférence régionale de son histoire, toutes régions confondues, s’est tenue en Afrique. En effet, qui aurait cru en 1962, lors de la première conférence régionale africaine d’INTERPOL au Liberia, que la 23ème aurait lieu en République du Congo, pays qui, à l’époque, venait tout juste d’accéder à l’indépendance?
La police du Congo est motivée pour organiser cet important événement, d’autant plus que la sécurité de notre continent peut être fragilisée par une criminalité en évolution constante. La capacité des criminels à détourner l’innovation technologique à leur profit appelle à renouveler les modes d’action des forces de police africaines.
C’est en réunissant les polices des pays africains que nous pouvons acquérir une vision novatrice susceptible de contenir cette criminalité et, main dans la main, de sauvegarder notre sécurité nationale, régionale et même internationale.
Je souhaite la bienvenue à toutes les délégations qui vont se rendre dans notre capitale pour assister à cette importante et stratégique conférence policière. Le Directeur Général de la Police et ses personnels ont tout mis en œuvre pour s’assurer que cette réunion et votre séjour sur notre territoire soient fructueux, intéressants et constructifs.

M. Jean-François NDENGUE, Général de Police de 2ème Classe - Directeur Général de la Police de la République du Congo :

Au sujet de l’importance de la coopération policière internationale pour la sécurité au Congo :
Il n’est pas possible pour un pays de combattre efficacement le crime de manière isolée, puisque celui-ci est typiquement transnational, par nature. Une police ne peut être efficace sans coopération internationale. Le Congo a donc toujours apporté sa contribution dans l’affermisse-ment de la coopération policière internationale en vue de lutter efficacement contre la criminalité sous toutes ses formes.
Le Congo a accédé à l’indépendance le 15 août 1960. Un mois après, par décret du 15 septembre 1960, la Direction des services de police et de sûreté est autorisée à faire sa demande pour adhérer à INTERPOL. On peut parler de naissance quasi gémellaire.
INTERPOL Brazzaville a ouvert ses portes en septembre 1961 pour permettre à la nouvelle police nationale du Congo de coopérer avec les institutions policières du monde entier. Cette affiliation était indispensable pour le jeune Etat du Congo, encore fragile et peu préparé à faire face à la criminalité transfrontalière.
Dans le cadre du renforcement de la coopération policière internationale, et en vue de mener d’une manière coordonnée la lutte contre la criminalité sous toutes ses formes, la police congolaise a créé un partenariat solide avec nos autres services nationaux chargés de l’application de la loi. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer: la Gendarmerie nationale, la Douane, les Eaux et forêts, la santé, les transports, le Bureau Congolais des Droits d’Auteur (BCDA), l’ordre des pharmaciens, la justice, l’unité de lutte contre la drogue.
Chacun de ces services a désigné un point focal au Bureau Central National (B.C.N.) d’INTERPOL à Brazzaville.  Leur collaboration consiste à bâtir des stratégies communes de lutte contre la criminalité nationale et internationale, à examiner toute question de coopération relative à la lutte engagée contre la criminalité, à identifier l’émergence de nouvelles formes de criminalité et à fusionner toutes les statistiques criminelles en vue d’une analyse criminelle appropriée. Ils contribuent et collaborent, dans leur domaine d’expertise, à alimenter la base des données criminelles d’INTERPOL et à lutter efficacement contre toute forme de criminalité.

Au sujet de la lutte internationale contre la corruption:
Dans un contexte où les malfaiteurs déploient sans cesse de nouveaux procédés pour dilapider les ressources publiques, il est impératif d’adapter les qualifications et les compétences des acteurs de la lutte contre la corruption et autres infractions assimilées.  La capacité à coordonner une action de lutte mondiale est d’une importance cruciale pour les services de police et de justice du monde entier.  L’unité Anticorruption et criminalité financière d’INTERPOL met à la disposition de tous ses Etats membres une grande diversité de projets efficaces visant à promouvoir l’échange d’informations, à définir des bonnes pratiques et à dispenser des formations adaptées à leurs besoins.
Comme dans tout autre pays au monde, le Congo n’échappe pas au phénomène de la corruption. Un décret présidentiel a mis en place une Commission nationale de lutte contre la corruption et la fraude. Elle est constituée d’un collège de responsables chargés de l’application de la loi, issus de tous horizons. Cet organe est chargé de dresser les procédures en vue de la mise en mouvement de l’action publique.
La police congolaise est aussi concernée par la corruption. Ce problème constitue un souci pour les responsables de nos services à tous les niveaux, d’où la recherche constante des voies et moyens susceptibles d’en réduire l’importance, voire de l’éradiquer.
Pour lutter, la police s’appuie sur la législation en la matière qui prévoit et punit en tant que crime la corruption, la fraude et les infractions assimilées.
A ce titre, nos personnels, quels que soient leurs grades ou fonctions, répondent pénalement des actes de corruption dont ils sont auteurs et sont déférés devant les tribunaux.
Par exemple, pour lutter contre la corruption au niveau de la voie publique, nous avons été amenés à immatriculer de façon apparente les agents en service dans les unités de la circulation routière. Cette mesure permet aux usagers de la route d’identifier et de dénoncer formellement l’agent en faute. Nous pouvons vous assurer que depuis, les faits de corruption de nos agents sur la voie publique connaissent une réduction significative. D’ailleurs, notre police a fait des émules en la matière, puisque certaines administrations publiques sont déjà en train de s’inspirer et de mettre en pratique cette mesure.

Colonel Jean Roger KOUNI OKOGNA, Chef du B.C.N. Brazzaville par intérim

Au sujet de l’importance d’INTERPOL pour lutter contre la criminalité propre au Congo
L’adhésion à INTERPOL permet de poursuivre les auteurs d’infractions hors de nos frontières grâce à la coopération policière internationale dont la police congolaise est grandement bénéficiaire.
Un domaine dans lequel notre appartenance à INTERPOL revêt une importance particulière, c’est la lutte contre les atteintes à l’environnement.
Le Congo est situé dans le Bassin du Congo, une vaste région forestière de 230 millions d’hectares, la seconde forêt tropicale au monde en termes de surface après l’Amazonie.  Pour concilier les impératifs du développement durable et ceux de la protection de la forêt, une coopération policière régionale et internationale est fondamentale pour préserver cet espace qui est vital non seulement pour le Congo, mais pour le monde entier.
Nos activités dans ce domaine consistent à lutter contre le braconnage et la disparition des espèces protégées en partenariat avec la Direction des Eaux et Forêts et veiller à l’application des textes relatifs à la protection de l’environnement.
En partenariat avec les B.C.N. des pays voisins, INTERPOL Brazzaville organise des opérations sur le terrain et participe fréquemment aux ateliers de formation sur la protection de l’environnement, prodigués soit par les autorités congolaises spécialisées, soit par le Secrétariat Général d’INTERPOL. Nous bénéficions également des stages de formation à l’Académie Internationale de l’Application de la Loi (ILEA) à Gaborone au Botswana.
Pour chaque enquête qui aboutit, les policiers transmettent les éléments nécessaires à l’alimentation des bases de données d’INTERPOL par le biais du B.C.N. Brazzaville. En cas de saisies réalisées, le B.C.N. communique la qualité et la quantité des espèces, placées sous scellé, au Secrétariat Général d’INTERPOL et au Bureau Régional INTERPOL au Cameroun. Il s’agit d’un vrai travail d’équipe au niveau international sur une problématique porteuse de conséquences pour la planète entière.
Au cours des 18 derniers mois, six opérations de police ont été menées à travers le territoire national, dont une conjointement avec les Forces armées Congolaises et les Eco-gardes, avec 41 braconniers déférés pendant cette période.
En parallèle, 352 braconniers ont également été arrêtés sur toute l’étendue du territoire national par les services partenaires du Ministère de l’économie forestière et du développement durable au cours des 24 derniers mois.

Colonel de Police Michel KOUA, Officier Régional Spécialisé mis à la disposition d’INTERPOL par la police congolaise

Au sujet du Bureau Régional INTERPOL pour l’Afrique Centrale

Dans le cadre de son rayonnement mondial et afin de soutenir l’action des autorités policières au niveau régional, INTERPOL compte sept bureaux régionaux (B.R.) dans le monde, dont quatre se trouvent en Afrique.  Le plus récent a été inauguré au Cameroun en 2009 pour desservir l’Afrique Centrale.
Le B.R. au Cameroun étant une ressource importante pour relever les défis liés à la sécurité congolaise, la Direction générale de la Police du Congo a décidé, en août 2013, de me mettre à la disposition de ce B.R. à Yaoundé.
Les huit pays d’Afrique Centrale que dessert le B.R. sont confrontés à un certain nombre de défis en matière de sécurité – notamment le trafic d’armes, de drogues, le terrorisme, le trafic d’êtres humains, la piraterie maritime – qui nécessitent une franche et puissante collaboration régionale.
En tant qu’officier régional spécialisé, je suis le point de contact pour la coopération policière internationale dans les huit pays couverts par ce B.R. ainsi qu’avec chacun des 190 pays membres d’INTERPOL.
Je dois apporter un appui à chacun des B.C.N. de la sous-région dans le domaine des documents de voyage volés ou perdus, des faux documents de voyage et d’identité, et permettre aux policiers de première ligne de recevoir l’appui et la formation dont ils ont besoin non seulement pour sécuriser la sous-région, mais également pour jouer un rôle plus large dans la sécurité mondiale.
Outre la formation, j’organise aussi des réunions spécialisées et prête assistance aux opérations de police dans les pays membres du Comité exécutif et du Comité des Chefs de Police d’Afrique Centrale (CCPAC), puisque le B.R. sert également de secrétariat permanent pour ce comité.
Dans le cadre de la coordination régionale de la coopération policière, il incombe aussi au B.R. d’appliquer les décisions de l’Assemblée générale d’INTERPOL, de son Comité exécutif et du CCPAC.

Monsieur Raymond Zéphirin MBOULOU, Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation

Au sujet de la 23ème Conférence Régionale Africaine d’INTERPOL
Le crime organisé évolue de façon considérable et les coûts qu’il génère pèsent de manière croissante sur les économies africaines. C’est aux dépens de la sécurité, de la santé et de l’avenir des citoyens africains que la criminalité se développe sur notre continent.
Les forces de police doivent faire preuve d’une très grande capacité d’innovation pour combattre la menace que représente la criminalité transnationale, parce que la capacité d’adaptation permanente aux situations complexes et changeantes survenant à l’échelle mondiale est la clef du succès des nations qui mettent un frein tangible à cette criminalité.
C’est donc avec plaisir que le Congo accueille la 23ème Conférence Régionale Africaine sur son sol.  Nous remercions INTERPOL d’avoir choisi Brazzaville comme ville hôte. Ces trois jours de travaux contribueront, par la haute qualité des intervenants, au renforcement de la coopération policière en Afrique.
En consacrant cet événement aux enjeux propres aux forces de polices africaines, INTERPOL confirme qu’elle est toujours en phase avec la réalité du terrain.
Je reprends les mots prononcés en 1994 par Nelson Mandela dans son discours d’investiture: «Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès». Soyez assurés que la police nationale du Congo fera tout ce qui est en son pouvoir pour garantir le succès de la 23ème Conférence Régionale Africaine d’INTERPOL.
L’Afrique donnera ainsi le gage de sa disponibilité inconditionnelle dans la lutte mondiale pour la sécurité et la justice. 

(Source : site Interpol) 
* Le titre est de la Rédaction.      


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