Daniel Ngassiki ou la nouvelle approche scientifique des causes de la richesse des Nations

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L’Ecole congolaise d’économie prend corps. Elle a commencé à se structurer avec la lecture marxienne de la science économique, dans sa capacité explicative du sous-développement, mais aussi dans ses propositions d’une approche transformationnelle. Cette approche a eu comme maîtres entre autres les collègues tels que Babassana et Diata, Kinzounza, Maboundou, Ontsintseyi et Ndoba.


Puis vint la lecture quantitativiste de l’économie, le nombre étant principe, à la fois comme disposition et comme matière des êtres. Le calcul économique s’est imposé avec quelques difficultés, mais fermement, notamment avec l’introduction des techniques mathématiques et statistiques dans les systèmes explicatifs de l’économie; l’apport de l’outil informatique a été décisif dans la pérennisation de cette nouvelle manière de penser l’économie. La modélisation est devenue l’outil indispensable pour comprendre, expliquer et simuler les décisions de politique économique. Des collègues tels que Mianzenza, Mfourga, Sosso, Fankou et l’arrivée des jeunes collègues, sortis du P.t.c.i et d’ailleurs, notamment le doyen Ndinga, a conforté cette nouvelle approche de la lecture économique.
Mais, l’Ecole congolaise d’économie vient de monter en puissance, avec la mise à disposition de la société de nouveaux concepts. Je n’en citerai que deux: le logiciel mental avec notre collègue Kinzounza et celui qui est au centre de notre rencontre de ce jour, l’infinitique inclusive, avec Daniel Ngassiki, économiste, banquier, tout récemment secrétaire général de la Banque des Etats de l’Afrique centrale.
A ce poste, il a été à la rencontre de deux réalités, la théorie et la pratique; réalités qui l’ont contraint de reconstruire la recherche sur «la nature et les causes de la richesse des Nations», chères à Adam Smith, le père fondateur de l’économie politique moderne, en nous proposant une possibilité d’enrichissement collectif par le jeu mathématique de l’infini.
Trinh Xuan Thuan, astrophysicien nous dit que «par définition, l’infini va au-delà de tout, il dépasse aussi notre propre entendement -ce qui, avouons-le, reste vrai aujourd’hui. Dès que l’homme a su compter ses moutons, il s’est aperçu qu’on pouvait toujours en ajouter un de plus, et qu’aucune limite ne pouvait être imaginée». Le mathématicien Cantor «a par exemple montré que, si la suite des nombres entiers était infinie, alors la suite de leurs carrés l’était tout autant - bien que la suite des carrés de nombres entiers soit contenue dans la suite des nombres entiers. Il établit ainsi que les parties d’un ensemble infini ne sont pas nécessairement moins grandes que le tout; et donc, qu’il existait une sorte de «hiérarchie sans fin d’infinis», chaque infini étant de taille plus grande que celui qui le précède». C’est cette propriété que Daniel Ngassiki exploite en l’appliquant à l’Etat, «la seule entreprise perpétuelle, à durée de vie illimitée, c’est-à-dire-infinie», pouvant émettre des actions de valeur financière fondamentale élevée pouvant tendre vers l’infini, ce qui correspond à l’élimination mathématique, universelle, pure et parfaite de la pauvreté et de l’inégalité économiques».
Telle est la nouvelle approche scientifique des causes de la richesse des Nations que nous propose Daniel Ngassiki. Mais, comme la science ne sort jamais achevée de la tête d’un seul penseur, il revient à la communauté scientifique nationale et à tous les hommes et femmes de culture, d’apporter leur pierre à l’édification d’une culture scientifique nationale.

Prof Louis BAKABADIO
(Introduction prononcée lors de la conférence-débat du mardi 28 mars 2017)

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