Commission épiscopale justice et paix : L’éducation nationale: est-ce vraiment une priorité nationale?

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L’éducation nationale est un des secteurs prioritaires régaliens, qui relève de la souveraineté de l’Etat ou des pouvoirs publics. C’est un secteur déterminant pour l’avenir du pays. A une époque dans notre pays et presque partout en Afrique, on répétait à qui voulait l’entendre: «L’agriculture priorité des priorités». On se souvient encore de cette affirmation forte du Président Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire: «L’agriculture, c’est la priorité des priorités. Aujourd’hui, à juste titre, on peut rétorquer: «La priorité, c’est l’éducation nationale», avait affirmé un intervenant au dernier sommet de Justice et Paix-Sceam (Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et Madagascar) à Windhoek, en Namibie.

 

On ne peut plus épiloguer sur cette affirmation. Cependant, on peut épiloguer, autant que possible, sur les investissements alloués par les pouvoirs publics à ce secteur prioritaire et surtout à la mise en œuvre des décisions et des lois en vigueur pour un système éducatif performant. Cette question préoccupe le plaidoyer mené, depuis 2011, par les Commissions Justice et Paix.

Les politiques et l’éducation nationale

Durant les années 2015-2016, la Commission épiscopale Justice et Paix a été très attentive aux programmes de société des leaders politiques de la sous-région de l’Afrique centrale. Durant cette période, il y a eu des élections au Gabon, au Bénin, en Cote d’ivoire… Partout, tous les candidats aux échéances électorales ont promis d’investir davantage dans le secteur prioritaire de l’éducation, afin d’y apporter des réformes nécessaires en vue de redresser le système éducatif.
Au Bénin, par exemple, un des candidats avait proposé une nouvelle carte scolaire, pour tenir compte de l’évolution actuelle des villes et des villages… Partout, on se plaint des dysfonctionnements liés à l’éducation, des contre-performances, mais à notre avis, les investissements demeurent insuffisants. La volonté politique demeure formelle; l’éducation nationale publique connaît de graves carences. Bien plus, le secteur est miné par de graves cas de corruption. Mais, les solutions existent.

Le cas du Congo

On peut dire que les problèmes demeurent les mêmes partout. Il y a bien eu deux années consacrées à l’éducation nationale. Le budget alloué à l’éducation nationale a été relevé, au moins au niveau du budget national. Cependant, quelles ont été les grandes réformes, les résultats et l’impact de ces deux années consacrées à l’éducation nationale? A vrai dire, les carences et les dysfonctionnements sont nombreux. Les parlementaires avaient voté une loi scolaire en 1995 et l’année suivante, un décret d’application avait été promulgué. Quelles ont été les grandes réformes depuis l’entrée en vigueur de cette loi scolaire?
A côté de l’éducation nationale publique, il s’est développé un secteur éducatif privé. Malheureusement, les résultats demeurent mitigés. L’école privée au Congo est un «poison utile» affirmait un ancien ministre de l’éducation national, pour contourner une éducation nationale déficitaire.

Que devons-nous faire?

Malgré tout, les solutions existent. La commissions Justice et Paix, au cours de la semaine sociale de février 2013 avait sonné l’alarme. Dans son rapport intitulé: «Suivi budgétaire dans l’éducation nationale», elle poursuit ce plaidoyer, en échangeant et en interpellant les décideurs politiques sur certains problèmes tels que la carte scolaire, la mise en œuvre de la loi de 1995, le projet éducatif congolais, la qualité des infrastructures et du personnel.
La solution, c’est sûrement un «Livre Blanc» et un «Observatoire sur l’éducation nationale» au Congo. La Commission épiscopale justice et paix de la conférence des évêques poursuit son engagement et interpelle en priorité les décideurs politiques et, parallèlement, la société civile dans sa grande diversité (Associations, parents d’élèves, syndicats…).

Abbé Félicien MAVOUNGOU
Commission épiscopale Justice et Paix

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