Congolais, encore un effort pour mieux vivre ensemble!

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La question de mieux prendre en compte les fragilités de notre société et du mieux vivre ensemble est la grande présente du flux politique de notre société matérialiste et consumériste. Pour une large part de nos contemporains, cette question du sens de la vie se pose avec acuité: l’argent qui détourne les consciences, les marchands d’illusions qui prétendent changer le Congo. Le mot «sens» peut recouvrir deux acceptions: soit direction, soit signification.

La question devient: peut-on déceler une direction dans l’évolution de notre société? Et si la réponse à cette première question se trouve dans le message du Chef de l’Etat à l’occasion des vœux de nouvel an 2017: l’appropriation des notions telles que: «rigueur et vérité» peuvent être porteuse de signification. A chacun le soin d’y répondre, s’il se la pose et pour ce qui le concerne.
On répète à l’envie que la société congolaise souffre de déficit de loyauté. C’est pourquoi un premier travail consiste à redéfinir certains concepts confisqués par certaines officines politiques, dans le seul but d’instrumentalisation. Ainsi, la citoyenneté, la loyauté, le devoir ont-ils été longtemps confisqués.
Le travail de l’esprit sur l’esprit même n’évoque-t-il pas que le carburant du moteur des changements, c’est la rigueur et la vérité. Il faut le dire avec force et vigueur. En retraçant les différentes étapes de notre modèle démocratique, on voit bien que celui-ci est basé sur l’individualisme, la corruption et l’ethnie. Le Congo ne se conçoit plus comme le fer de lance de l’élite africaine subsaharienne des années 60, l’avant-garde d’un âge d’or de cette part d’humanité où, grâce à l’essor d’une raison politique triomphante, tout serait au mieux dans le meilleur des mondes, comme dirait un nietzschéen. Car, jusqu’aux années 60, le Congo était synonyme d’optimisme. Aujourd’hui, fort malheureusement, avec nos politiciens, il y a un problème politique fondamental. Nietzsche disait: «La vie n’est pas absurde en elle-même, elle ne semble absurde que dans un contexte de crise de valeurs et des idéaux, effondrement du sens qu’il nomme «mort de Dieu». Le nihilisme congolais se définit ainsi par la dévalorisation, l’usure et le discrédit des valeurs.
Tout ce qui a guidé le Congo depuis son origine ancestrale, «le respect de la chose publique», «la loyauté», n’est plus rien. La déloyauté des cadres, la démotivation sont des symptômes d’une déception fondamentale de la société congolaise vis-à-vis de son idéal constitutif. La crise actuelle n’est que l’aboutissement logique de la fondation d’un modèle de développement sur le néant. La fin de l’année 2016 a malheureusement confirmé ce scepticisme qui conteste à l’esprit la possibilité d’aspirer, avec certitude, à la connaissance.

Le doute s’est érigé en système

L’année 2017 doit confirmer d’autres intuitions. Après Fulbert Youlou, Alphonse Massambat-Débat, Alfred Raoul, Augustin Poignet, Marien Ngouabi, Jacques -Joachim Yombi-Opangault, l’homme politique le plus profond du changement doit être sans conteste Denis Sassou-Nguesso, en radicalisant le diagnostic du destin d’un pays, mais surtout redouter le rôle dévastateur que peut jouer l’absence de lisibilité et de visibilité politique, pour anéantir l’homme et la Nation.
Que faire? «Soyons durs», exige Nietzche, c’est-à-dire «honnête, droit, probe». Avant nous, Vladimir Ilitch Oulianov Lénine, fondateur de l’Etat soviétique, s’est posé cette question, au lendemain des défaites successives de l’armée russe face aux armées franco-britanniques et japonaise. Rendons donc hommage à ce petit bonhomme que l’on a pris d’abord pour un minuscule. Il est temps d’observer la réalité. Avec 2017, entrons dans un monde où doit exister le pardon, la tolérance, la compassion, la rigueur, la vérité. Les stratégies de lutte pour le pouvoir doivent s’amortir, également, pour ce qui a trait à l’approbation du bon sens: là encore apparaît la notion du partage. Ce palier est, entre autres, la conséquence de la manifestation du principe du «mieux vivre ensemble». Et si tout devait se passer comme si «respect de la chose publique» rime avec «loyauté»? Il faut trouver, à mon humble avis, «la longue respiration où l’esprit se rassemble et le courage se mesure», disait Albert Camus. Il nous faut une réaction chaude, réelle, visible de tous. Les prières de rue ne suffisent plus. Il faut un choc. La voie est prête, celle sur laquelle on doit marcher pour progresser ensemble, pour partager nos réflexions autour des questions aussi anciennes que la naissance sur terre. Les choses vont plus loin pour les républicains. Il faut reconnaître que, depuis des lustres, la loyauté est délaissée, oubliée, rangée par grand nombre de concitoyens au magasin des accessoires de l’histoire. Ce mot est en déshérence. Dans une société dominée par l’inculture, l’incivisme et l’analphabétisme humain, où l’homme étouffe dans le prêt-à-penser, rien de tel qu’un retour à la droiture, à la probité, à l’honnêteté pour chasser les fausses valeurs. Il faut revaloriser tous les fondements de la société: la religion, la philosophie, la politique, la morale, etc. Quel est le sens de cette démarche? C’est pour laisser s’épanouir la vie, sous toutes ses formes. Or, la compréhension de la «chose publique» et de la «loyauté» est la condition de cette action.
Comme disait un homme politique du 20ème siècle, «l’ordre par la loyauté, tel est le grand secret du succès». Aujourd’hui, le Congo demeure la lanterne rouge de la loyauté. Il y a donc des progrès à accomplir. Un sage sentant sa mort prochaine, disait à ses enfants et petits-enfants: «L’échec, ce n’est pas de tomber! L’échec, c’est de tomber et de ne pas se relever». Et Nietzsche ne fait-il pas dire à Zarathoustra: «Là où cesse l’Etat, c’est là que commence l’homme»?
Le génie congolais, est-il en déclin? Selon le Larousse sélection, «le génie est la disposition naturelle à créer quelque chose d’original et de grand». Ce seul mot peut constituer un élément structurant de notre avenir qui est justement la finalité de la tache évolutive de la vie. Les symbioses ou le mieux vivre ensemble n’est qu’une forme d’associativité défendant les intérêts divers. Les exemples de symbiose ne manquent pas. Homme et femme en couple savent, depuis toujours, le bonheur à escompter d’une association entre mâle et femelle. Cette association doit son succès à la vie. C’est cette symbiose qui fait de la femme, par sa morphologie et ses attributs naturels, l’origine du monde, adulée et divinisée par les artistes peintres du 15ème siècle. Nous sommes contraints de penser simultanément la vision du Congo, de la sous-région, de l’Afrique et du monde, par rapport aux choix de la rigueur et de la vérité. Il faut éviter les incantations qui, à force d’être rituelles, deviendraient vide de sens. Il faut donc écarter tout ce qui divise les esprits et professer ce qui unit les cœurs. Tels sont les axes de la volonté sur l’exacte mesure à prendre pour faire ressortir, de manière transversale, les ruptures.
Pourquoi se battre pour le mieux vivre ensemble, donc pour l’Unité, le Travail et le Progrès qu’il inspire? Dans le début de l’an 2017, bousculé par l’affaire du Pool, le climat social, le déni de démocratie sont une grenade dégoupillée. Rejetons tout, sauf l’Etat, la Nation, la République qui alimentent notre force vitale. Le «mieux vivre ensemble» doit être une leçon de vie: «Deviens ce que tu es». C’est une question de volonté.

Joseph BADILA

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