Portrait : Le vrai visage de Fréderic Bintsamou alias Pasteur Ntumi

Note utilisateur:  / 1
MauvaisTrès bien 

Né le 29 août 1964, à Brazzaville, au Congo, Frédéric Bintsamou est un fils adultérin, la mère, d’origine RD Congo, ayant succombé au charme de son beau-frère, le nommé Kipayanga Bernard, alors qu’elle était l’épouse de Kinzu-Kia-Mana-Nkuni, son frère aîné. Incapable de supporter ce déshonneur, Ntumi avait résolu d’empoisonner celui qui était devenu son père par défaut. Kinzu-Kia-Mana-Nkuni est donc décédé un peu avant la guerre de 1998.


Dans les années 1990, il était connu du côté de Kinsoundi, dans le premier arrondissement Makélékélé, comme un dompteur et guérisseur qui recueillait les malades mentaux dans les rues de Brazzaville et les soignait.
Pendant la guerre de 1997, il se réfugie dans le Pool où, à 33 ans, il dit avoir reçu une révélation comme «envoyé de Dieu». Il fonde son église et se fait appeler «Pasteur Ntumi». A l’issue de la guerre de 1997, de nombreux Ninjas, la milice «d’auto-défense» fondée par Bernard Kolélas sous le pouvoir de Pascal Lissouba (1992-1997), ne sachant où aller pour échapper à l’armée et les Cobras de Denis Sassou-Nguesso, trouvent refuge dans son église vers le village Loukouo. Il en fait ses adeptes et les appelle «nsiloulou», après des cérémonies de baptême au cours desquelles il les fait passer entre ses jambes (biééka, en lari). Le voilà maintenant à la tête d’une redoutable milice capable de pires massacres, formée par ses anciens patients (des gens ayant souffert, pour certains, de maladies mentales). Il déclenche la guerre dans le Pool qu’il appellera sa résistance et qui provoque des milliers de morts entre le 18 décembre 1998, date à laquelle il attaque les quartiers Sud de Brazzaville, et le 31 décembre 1999, date de signature des accords de cessez-le-feu et de cessation des hostilités avec les forces gouvernementales. Il reprend la guerre en mars 2002 dans le Pool, alors que le pays est en plein processus électoral avec l’élection présidentielle. Cette guerre du Pool s’achève en mars 2003, avec la signature des engagements croisés. Et encore aujourd’hui, il a voulu tenter de relancer les hostilités armées, mais sa tentative du 4 avril 2016 d’attaque des quartiers Sud de Brazzaville échoue. Pour sa milice, il a inventé un supplice appelé en lari «mbéténgué»: frapper une personne par le plat de la lame d’un coupe-coupe, jusqu’à ce que la victime s’épuise de douleur.
Ntumi est responsable de la mort de deux prêtres catholiques, le père Jan Czuba, de nationalité polonaise, tué à Loulombo en 1999, et le Père Jean Guth, torturé par le supplice du «mbéténgué» et qui a succombé à ses blessures et à l’épuisement en mars 2002, du côté de Kindamba. Pour l’empêcher de s’enfuir, le fameux ninja-nsiloulou Freddy lui avait, en effet, coupé les tendons.
Dans sa vie privée, Bintsamou Frédédirc a une multitude de femmes et environ 90 gosses. Il pratique l’inceste et l’impose aux autres membres de sa famille. Les jumelles de Papa Kipayanga, Tsimba et Nzouzi, donc ses sœurs, sont devenues ses maîtresses. C’est aussi le cas de la dernière-née de cette fratrie que Ntumi a résolu de dépuceler, alors qu’elle n’avait à peine que 11 ans. Aujourd’hui, elle en a fait une mère de quatre enfants, alors qu’elle a moins de 20 ans.
Ntumi adore humilier ses partisans, en couchant systématiquement avec leurs compagnes respectives et leurs filles. Ses propres filles, Grace, Mani et Thimath ont subi le viol. Dépucelées, elles ont été forcées de devenir les femmes de ses cadets ou de ses neveux. Sa sœur cadette, en l’occurrence Mâ Oyane, est aussi sa maîtresse. Les Ninjas-Nsiloulou qui ont osé en faire leur compagne, à l’instar de Florent Nkounkou, ont été chassés et durement réprimé.
Ntumi est un homme foncièrement jaloux qui ne se conforme jamais aux obligations de l’Etat de droit. Dans ses activités commerciales, il n’a jamais payé d’impôts ni solliciter la moindre autorisation de la part de l’administration qui assure la tutelle de l’activité qu’il entreprend. Il s’est lancé dans la coupe du bois en toute illégalité, dans l’ouverture des écoles sans quitus de l’éducation nationale, dans la santé publique, sans personnel qualifié et sans autorisation des pouvoirs publics. Son incivisme n’a pas d’égal. Même ses véhicules ne sont jamais assurés.
Devenu Ministre délégué, Baintsamou Frédéric ne supportait pas de s’incliner devant le Président de la République qui l’a pourtant nommé. Il avait décidé de racketter tous les agents issus de ses rangs, à la Délégation générale chargée de la promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre ainsi que ceux du Comité de suivi et du Haut-commissariat à la réinsertion des ex-combattants. Un prélèvement systématique à hauteur de 20% était opéré sur leurs rémunérations, à son profit exclusif. Ntumi souhaitait gagner plus que les Ministres pleins dont la rémunération était de 10 millions de francs Cfa. Ainsi, avec ce qu’il retirait chez ses différents collaborateurs, il avait réussi à se faire des émoluments dépassant les 14 millions de francs Cfa par mois.
Durant les deux premières années de la mise en place de la Délégation générale, le budget de fonctionnement était de 100 millions de francs Cfa par trimestre. Les projets financés par le Trésor public étaient de l’ordre de 220 millions de francs Cfa chacun. En cinq ans d’exercice, Ntumi a engrangé près de trois milliards de francs Cfa!
Mais, aucun sou n’a été utilisé dans le processus de réinsertion des ex-combattants. Ceux d’entre eux qui étaient malades, se sont résolus à se faire hospitaliser dans une clinique de fortune dénommée Manguembo, réplique d’un centre de santé célèbre dans la Province du Bas-Congo, en RDC, d’où Ntumi est en réalité originaire. Son centre Manguembo a été un mouroir. Ntumi n’a jamais payé les honoraires dus au personnel et les malades qui y étaient admis, même sur ses propres recommandations, restaient donc sans soins.
Sa haine envers le Président Denis Sassou-Nguesso est quasi ésotérique. Il ne supporte pas sa présence à la tête du pays. Dans toutes ses incantations eschatologiques, le nom du Chef de l’Etat est prononcé une centaine de fois. Des crimes crapuleux ont été perpétrés dans les villages où il a installé ses bases: Soumouna dans le district de Kinkala, Mienanzambi à Mayama, Loukouo et dans ses chantiers forestiers. Les dépouilles des partisans qui ont été assassinés gisent un peu partout dans l’anonymat.
Ntumi est une véritable terreur qui considère le Pool comme sa propriété exclusive. Combien de propriétaires fonciers ont-ils été spoliés par ce tyran? Lorsque Ntumi achète une parcelle de terrain, il se fait maître de tout le domaine. Il n’a jamais payé ses dettes de façon intégrale. Aussi a-t-il fait des centaines de spoliés. Tous ceux qui ont osé lui vendre des véhicules en ont eu pour leur compte.
Par ailleurs, on peut s’interroger sur la nécessité de simuler la voix de Ntumi à l’occasion d’une interview diffusée par RFI, le 6 octobre 2016. Le collaborateur du Révérend, qui répond à la journaliste Florence Morice, n’est autre que le Pasteur Yindoula alias Helta. Ce dernier est présumé être présentement à ses côtés. Pourquoi a-t-il parlé à sa place? Ntumi est-il en vie? Est-il blessé? Dans quel état est-il? En tout cas, il court toujours et semble-t-il, il ne reste pas longtemps au même endroit, dans les forêts du Pool, de peur d’être repéré. Mais, en réalité, son aire de mouvement est bien circonscrite entre les districts de Kimba, Vindza, Kindamba et Mindouli.
S’adressant à ses partisans originaires, comme lui, du Pool, dans la crise des événements de 1963 qui provoquèrent sa chute, le Président Fulbert Youlou lança: «Un jour, vous applaudirez des fous!». Une prophétie qui s’est vérifiée, près de quatre décennies après, avec le phénomène Ntumi dans le Pool. Les Congolais doivent comprendre que pour restaurer l’autorité de l’Etat dans ce département, permettre aux femmes d’aller au champ librement sans craindre d’être violées par les ninjas-nsiloulou, il faut que Ntumi soit arrêté et jugé, pour qu’il réponde de ses actes. Trouver prétexte de la contestation des résultats de l’élection présidentielle anticipée du 20 mars 2016 n’est pas du tout valable, devant l’horreur des crimes que commettent ses hommes. Car, Ntumi n’était pas candidat à l’élection présidentielle et en plus, celle-ci n’est pas l’affaire des seuls ressortissants du Pool, pour qu’ils en payent un si lourd et inutile prix.

Jean-Renard
MASSAMBA-KIMPOUTOU
(Observateur)

Informations supplémentaires