L’Afrique a un seul objectif : «l’émergence dans un futur proche»

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Le concept de pays émergent est né dans les années 80, avec le développement des marchés boursiers au Sud. Antoine Van Agtmael, économiste néerlandais, est le premier, en 1981, à avoir utilisé cette expression. Toutefois, pays émergent représente les pays en développement qui ne font pas partie des pays les moins avancés (P.m.a). On peut, toutefois, reconnaître quelques critères communs à l’ensemble des pays de ce groupe: I.d.h (Indice de développement humain) et le P.i.b (Produit intérieur brut), inférieur aux pays développés; croissance économique forte; part croissante dans l’économie mondiale.

 

Donc, des pays qui ont tendance à voir plusieurs indicateurs notamment économique à la hausse, de façon conséquente, et qui s’approchent petit-à-petit, du groupe des pays développés. Un pays émergent est un pays dont la situation économique est en voie de développement. Cette croissance est calculée selon le P.i.b, les nouvelles entreprises et infrastructures ainsi que le niveau et la qualité de vie des habitants. Cependant, il a pour caractéristique d’enregistrer une croissance rapide, avec un niveau de vie qui tend vers celui d’un pays développé. C’est au sein des pays en développement que sont apparus les pays émergents. Ces pays se caractérisent par un accroissement significatif de leur revenu par habitant et, de ce fait, leur part dans le revenu mondial est en forte progression. Ils s’intègrent dans l’économie mondiale, d’un point de vue commercial, en développant leur secteur exportateur et financier, en ouvrant leurs marchés financiers aux capitaux extérieurs.
En 2001, les Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) ont été définis comme les marchés les plus prometteurs de la planète. Entre 2000 et 2008, ces quatre pays sont le moteur de la croissance économique mondiale. Ensemble, ils représentent près de 50% de la richesse créée dans le monde et les deux tiers de sa population. En 2008, le groupe des onze est repéré: Indonésie, Mexique, Turquie, Nigéria, Philippines, Iran, Arabie Saoudite, Afrique du Sud, Thaïlande, Viêtnam et Venezuela.
L’Afrique du Sud est admise au sein des Bric fin 2010, d’où l’appellation Brics. Parmi eux, les Brics apparaissent comme des figures de proue, mais l’Indonésie, le Mexique et la Turquie vont constituer d’autres économies émergentes de premier ordre.
L’appartenance à ces groupes n’est pas figée: les «Dragons asiatiques» (Hong Kong, Corée du Sud, Singapour, Taïwan) largement émergés aujourd’hui, font désormais partie du groupe des pays développés. Ce sont les indicateurs macroéconomiques de richesse et de performance à l’international, et non les indicateurs de développement humain, qui guident l’élaboration des listes.
En 2014, la compagnie française d’assurance pour le commerce extérieure «Coface», a dressé une liste de dix nouveaux pays émergents qui remplissent tous les critères. Cependant, ces pays ne sont pas égaux en matière d’environnement des affaires dont les lacunes peuvent brider la croissance. Ces aspects non négligeables ont conduit Coface à scinder ces nouveaux pays en deux groupes:
- La Colombie, l’Indonésie, le Pérou, les Philippines et le Sri Lanka, appelé aussi «Ppics», bénéficient d’un climat des affaires convenables, niveau similaire à celui des Brics aujourd’hui.
- Le Kenya, la Tanzanie, la Zambie, le Bangladesh et l’Ethiopie sont soumis à un environnement des affaires assez ou extrêmement difficile, ce qui pourrait freiner l’exploitation de leur potentiel.
Avec ces «Ppics», Coface rejoint la course aux acronymes lancés par les économistes, pour identifier les futurs émergents parmi lesquels figurent déjà les «Mint» (Mexique, Indonésie, Nigéria, Turquie) ou les «Civets» (Colombie, Indonésie, Vietnam, Egypte, Turquie et Afrique du Sud).   
Le poids des pays émergents dans le P.i.b mondial est passé de 27% en 1992, à plus de 40% en 2011 et atteindra plus de 45% en 2017 selon le F.m.i. Toutefois, dans son rapport intitulé «Les perspectives de l’économie mondiale» du mois d’avril 2016, la Banque mondiale (B.m) a revu à la baisse ses prévisions de croissance de l’économie mondiale de 2,9 à 2,4%. En cause: les taux de croissance anémiques enregistrés dans les économies avancées,  les conséquences de la guerre en Syrie, les menaces terroristes, le retrait du Royaume Uni dans l’Union européenne, la faiblesse persistance des prix des produits de base, l’atonie du commerce mondial et la diminution des flux de capitaux, la chute des prix des matières premières dans les pays émergents et en développement exportateurs de ces produits de base, qui ont du mal à s’adapter à la faiblesse des cours du pétrole et d’autres produits essentiels. Parmi les Brics, le taux de récession a ainsi été revu à la hausse, le retour à la croissance n’étant attendu qu’en 2017.   
Ainsi, le 3 septembre 2016, le M.s.c.i mondial, qui est un indice boursier calculé par  (Morgan Stanley capital international) et qui mesure la performance des marchés boursiers des pays économiquement développés, a dressé la liste des pays dits émergents pour lesquels les investisseurs auront un grand intérêt à y investir: le Brésil, le Mexique, le Chili, la Colombie, le Pérou, l’Egypte, l’Afrique du Sud, le Maroc, la Pologne, la République Tchèque, la Russie, la Chine, l’Inde, la Corée, l’Indonésie, et les pays d’Asie du sud-est.
Quel constat pouvons-nous faire concernant notre continent? Malgré le fait qu’il soit représenté par l’Egypte, l’Afrique du Sud et le Maroc, nous pouvons reconnaître qu’il est sous représenté. En effet, l’Afrique abrite 15% de la population mondiale pour 1,5% du P.i.b (Produit intérieur brut), 3% du commerce mondial et des investissements directs à l’étranger (I.d.e). Elle est restée spécialisée dans des produits primaires non transformés. La réalité est évidemment plus complexe. Les 54 Etats d’Afrique sont très contrastés. Ils révèlent à la fois la croissance, les crises, l’insécurité. Toutefois, le programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Agenda 2063 de l’Union africaine sont là, deux supports de travail de taille, pour l’Afrique qui a un seul objectif: «l’émergence dans un futur proche».  


Lydie-Patricia
ONDZIET

Présidente de l’association  la Trinité Présidente d’honneur du mouvement dynamique  implication 2009 Membre du collège des associations féminines de développement
Membre de l’association panafricaine d’Aquitaine.
 

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