Gaspard Kaya Magane, vice-président de l’U.pa.d.s : «La crise que nous vivons actuellement est une crise politique et nous devons trouver des solutions politiques»

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Plus jeune vice-président de l’U.pa.d.s, Gaspard Kaya Magane a bien voulu confier à la presse, ses impressions sur le processus de réunification de l’U.pa.d.s qui semble être affectée par une nouvelle crise. Dans l’interview qu’il nous a accordée, Gaspard Makaya Magane parle de la nouvelle situation qui prévaut au sein de l’U.pa.d.s. Pour lui, c’est une «crise politique» et donc, il faut «des solutions politiques», pour régler cette crise.

 

 

* Monsieur le vice-président, peut-on encore parler de tendances à l’U.pa.d.s au moment où l’on s’achemine vers le congrès unitaire?

** On ne peut plus parler, actuellement, de tendances au sein de l’U.pa.d.s. Vous savez qu’après les conseils nationaux que les deux tendances ont tenus, les tendances n’existent plus. Il faut plutôt dire que nous constatons une division entre l’aile Tamba-Tamba et l’aile Gamassa.

* Mais comment est née cette division?

** Cette division est née dans l’interprétation de la charte de l’unité de l’U.pa.d.s. Le problème c’est qu’au moment où il a fallu mettre en place la permanence du parti, une nouvelle crise a éclaté. Et vous savez que nous sommes dans une organisation politique, nous devons, en principe, résoudre cette crise-là politiquement. Nous avons la charte et l’esprit de la charte. Je suis membre du groupe de contacts et donc je le sais.

Pendant tous nos travaux en groupe de contacts, nous avons dit que dans la période de transition, nous ne devons pas créer de nouvelle légitimité. Dans ce sens il ne doit pas y avoir d’autres chefs que ceux qui ont été élus par le congrès de 2006 et le congrès de 2009. Or, vous voyez que du côté du camarade Tamba-Tamba, il n y a pas un vice-président élu du congrès. Le permanent là-bas n’est pas élu au congrès.

* Vous êtes de ceux qui ont été derrière Victor Tamba-Tamba, comment expliquez-vous ce revirement spectaculaire?

** Je ne sais pas si nous pouvons parler de revirement. Mais, en ce qui nous concerne, nous mettons l’intérêt du parti au-dessus des hommes. Nous n’étions pas derrière le camarade Tamba-Tamba, nous étions pour l’application stricte de la charte. Mais aujourd’hui, nous sommes revenus au bon sens. Nous n’avons pas longtemps hésité, le lendemain même où nous avons connu la crise, de prendre le bâton de pèlerin, en tant que membre du groupe de contacts, pour essayer d’amener les deux camps à comprendre que nous n’avons pas intérêt à vivre une nouvelle fracture.

* D’aucuns pensent que la cause de cette nouvelle crise a des relents ethno-tribalistiques, qu’en dites-vous?

** Vous savez, lorsqu’on manque d’argumentaire, on se refugie dans le tribalisme. Je ne pense pas que la cause de cette crise soit le tribalisme. A mon avis, je l’ai toujours dit, la cause, c’est l’égocentrisme, c’est la querelle de positionnement, les ambitions qui s’expriment. Mais, dans le cadre actuel, si nous sommes réellement un parti démocratique, ce n’est que la voie du vote qui devait primer, dans la mise en place des instances. S’il y a la démocratie au sein de l’U.pa.d.s, nous devons passer par la voie des votes, pour mettre en place la direction du parti. C’est, donc, le manque de culture démocratique qui est la cause de l’actuelle crise que nous vivons encore au sein de l’U.pa.d.s.

* Comment entendez-vous mettre fin à cette crise?

** La crise que nous vivons, actuellement, est une crise politique et nous devons trouver des solutions politiques. Rien n’est perdu pour le camarade Tamba-Tamba. Nous pouvons trouver une solution médiane, pour qu’il soit nommé troisième permanent. C’est une solution médiane pour ramener l’unité. C’est une solution politique, elle n’est pas prévue dans la charte, mais c’est pour sortir de cette crise et maintenir l’unité du parti.

Propos recueillis par 
Pascal-Azad DOKO