Assemblée nationale : Jean-Claude Siapa-Ivouloungou inhumé dans son village natal de Tsinguidi

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Décédé le 3 juillet 2012, à Paris, en France, à l’âge de 53 ans, des suites d’un A.v.c (Accident vasculo-cérébral), Jean-Claude Siapa-Ivouloungou, député de Mayoko, dans le département du Niari, a été inhumé, le samedi 21 juillet dernier, à Tsinguidi, son village natal, après un hommage officiel organisé, le vendredi 20 juillet, au palais des congrès, à Brazzaville, en présence de Justin Koumba, président de l’assemblée nationale, et André Obami-Itou, président du sénat.
La nouvelle de la disparition de   Siapa-Ivouloungou fut brutale et choquante. Le corps sans vie du député arrivé, mercredi 18 juillet par le régulier d’Air France, à l’aéroport international Maya-Maya, était déposé à la morgue municipale de Brazzaville.
L’émotion et la douleur étaient grandes parmi ses proches. Né le 10 septembre 1959, à Koula-moutou, en terre gabonaise, fils d’Albert Siapa et d’Albertine Moudziba, le jeune Siapa-Ivouloungou est inscrit, en 1965, à l’école primaire de Mbaya, avant de fréquenter au C.e.g (Collège d’enseignement général) de Mossendjo. Détenteur d’un B.e.m.g, en 1976, il entre au lycée Victor Augagneur de Pointe-Noire où il obtient le baccalauréat, série A. Orienté par la D.o.b (Direction de l’orientation et des bourses) en histoire-géo, à l’Université Marien Ngouabi, Jean-Claude Siapa-Ivouloungou réussit à permuter avec un ami et s’inscrit en droit et obtient une licence, trois ans plus tard.
En 1983, il s’inscrit à l’Université de Caen, en France, où il obtient un doctorat en droit constitutionnel. Rentré à Brazzaville, en 1993, il prête ses services dans plusieurs Ministères, en qualité de consultant. Il fut, tour à tour, attaché auprès du conseiller juridique du président de la République, conseiller juridique auprès du ministre des finances et au cabinet du premier secrétaire de l’assemblée nationale, tout en assurant quelques vacations à la faculté de droit de l’Université Marien Ngouabi.
Lorsqu’éclate le conflit armé de 1997, il se réfugie dans son village natal et s’adonne à la pêche et la chasse. L’un des co-fondateurs du C.n.r (Conseil national de résistance), il participe, à Libreville (Gabon), aux négociations qui mettent fins aux hostilités fratricides.
Elu député indépendant de Mayoko, en 2002, dès le premier tour, il est réélu, en 2007 sous le label de l’U.pa.d.s (Union panafricaine pour la démocratie sociale), dont il sera secrétaire national, chargé de la communication et porte-parole. A l’assemblée nationale, il est membre de la commission Affaires étrangères et coopération. Le 18 mars 2004, l’illustre disparu prêtait serment à Addis-Abeba, en qualité de membre du parlement panafricain dont il était le rapporteur de la commission permanente justice et droits humains. Plusieurs fois, pour le compte de l’Union africaine, il fait partie des missions des observateurs des élections dans divers pays en Afrique.
Lors des séances plénières ou d’interpellation du gouvernement à l’assemblée nationale, Jean-Claude Siapa-Ivouloungou bénéficiait, souvent, d’un silence  attentionnel, lorsqu’il prenait la parole. Débatteur farouche, il n’avait jamais le ton excessif et ne savait pas avoir un mot de trop. Il avait le sens de la courtoisie.
Chrétien évangélique, passionné de football, il a été un joueur actif de l’équipe de l’assemblée nationale. Les gens garderont de lui, l’image d’un homme simple, d’une grande humilité et d’une courtoisie exemplaire.
Son détachement vis-à-vis du matériel est une leçon de vie qui ne peut être passée sous silence. Ses véhicules de fonction étaient à Dolisie au service des populations. «Ta mission remplie, voilà que tu te retires de la scène discrètement, comme tu auras vécu et à un moment où nous avons encore besoin de ta lumière. Tu resteras, pour nous, un exemple à suivre et une leçon de la vie», a déclaré Pierre Passi, dans son oraison funèbre. Le député décédé laisse une femme et un fils de 8 ans, Albert Julien Siapa.

Cyr Armel YABBAT-NGO