Conférence de presse de la Cosumaf : Le marché financier est devenu une réalité en Afrique centrale

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Le président de la Cosumaf (Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale), Alexandre Gandou, a donné une conférence de presse, samedi 21 juillet 2012, à l’hôtel  Mikhael, à Brazzaville, sur le bilan de la première décennie du marché financier de l’Afrique centrale et ses perspectives d’avenir.  En présence de Marcel Ondelé, directeur de cabinet, et Jacques Junior Schule, responsable de la communication, il a expliqué que le marché financier est, aujourd’hui, une réalité en Afrique centrale. Pour lui, c’est une réussite d’avoir mis sur pied un marché financier aussi bien au Cameroun que dans les cinq autres pays de la Cemac.
Voilà dix ans qu’existe le marché financier en  Afrique centrale. Le bilan d’une décennie d’existence est encourageant, si l’on en croit le président de la Cosumaf, le Congolais Alexandre Gandou. Selon  lui, tout est parti de la volonté des chefs d’Etat de la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) de créer un outil de financement long, pour compléter le système financier régional, afin de mieux canaliser l’épargne de la région, pour satisfaire les besoins de financement des économies des pays de la sous-région.
Le marché financier camerounais  a  commencé à fonctionner, véritablement, en 2006,  et le marché financier régional en 2008. Sur une période d’environ cinq ans, la contribution des deux places boursières au financement des économies de la Cemac a représenté environ 600 milliards de francs Cfa de fonds levés, dont 500 milliards de francs Cfa pour le marché financier régional. Cela représente une moyenne de 100 milliards de francs Cfa par an.
Parmi les souscripteurs de tous les titres émis sur le marché, il y a eu des investisseurs institutionnels, des entités qui gèrent une épargne importante, cherchant des opportunités pour placer cette épargne, en espérant un rendement plus élevé. Pour ces investisseurs, il s’agit des banques de tous les pays de la Cemac et des compagnies d’assurance, qui ont participé  aux trois quarts des 500 milliards de francs Cfa. Une partie a été souscrite par quelques entreprises, qui ont enregistré des excédents.
Des ménages et des particuliers ont aussi souscrit à des opérations boursières à près de 2%. Pour le président, au regard de ce bilan, le marché financier a joué son rôle. Il a permis de mobiliser la somme  de 500 milliards de francs  Cfa, obtenue à des taux très compétitifs.
Concernant les perspectives d’avenir, beaucoup reste à faire. En effet, pour que ce marché financier se développe, il faut relever trois défis, notamment la culture boursière, l’introduction des entreprises à la bourse et la réunification des deux places boursières, pour avoir un marché plus grand, avec l’espoir de la  dynamisation de ce marché.
Ensuite, il faut  que la bourse soit, d’abord, un outil que vont s’approprier les Etats. Il est, donc, urgent de mettre des antennes de la bourse dans chaque pays. La deuxième mesure, c’est d’obtenir des Etats des actions volontaristes, afin qu’ils puissent pousser les entreprises publiques, qui sont dans le secteur de monopole, vers un actionnariat populaire, en ouvrant leurs capitaux au marché financier. C’est un moyen de dynamiser la bourse et d’amener les entreprises à ce marché.
Une autre action volontariste qu’il faut obtenir des Etas,  c’est  d’appuyer  la bourse pour que les entreprises privées, qui sont généralement des filières de grandes sociétés, et qui, pour cela, procèdent à l’expatriement de leur épargne vers leurs maisons-mères, de placer les bénéfices de leurs économies à la bourse. Si par la persuasion, l’action ne porte pas à la filiale, il est possible d’utiliser aussi la coercition, c’est-à-dire par la prise des lois obligeant  les entreprises d’une certaine taille à ouvrir leurs capitaux, pour permettre aux ressortissants des pays de la Cemac d’être un peu propriétaires de ces entreprises, en achetant des actions.
Pour la prochaine décennie, il est question d’être imaginatif pour financer des entreprises à capitaux locaux, notamment les P.m.e (Petites et moyennes entreprises). Il faut trouver des solutions pour cette catégorie d’entreprises. Alexandre Gandou a conclu que le marché financier est le meilleur endroit où l’on peut lever des ressources financières à moindre coût, pour financer le développement de ses activités.

Philippe BANZ.