Affaire des tôles destinées aux ex-combattants dans le Pool : Le président de la République a décidé que la distribution soit faite avant fin mai

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Pendant son séjour de travail à Kinkala, chef-lieu du département du Pool, le président de la République, Denis Sassou Nguesso, a eu un entretien avec les cadres, les responsables des partis politiques et les représentants des forces vives de ce département, jeudi 3 mai dernier, dans la salle du conseil départemental. Au cours de cet échange, a surgi l’affaire des cent mille tôles destinées aux ex-combattants, dans le cadre du programme de réinsertion depuis 2008. Mais, des rumeurs, des malentendus, des soupçons ont empêché la distribution de ces tôles. Face à cette situation, le président de la République a enjoint le haut-commissariat à la réinsertion des ex-combattants, de procéder à la distribution des ces tôles aux bénéficiaires, avant la fin de ce mois.


C’était une affaire qui empoisonnait le climat entre  le préfet et les ex-combattants ayant évolué aux côtés du pasteur Ntumi. Dans le cadre du programme de réinsertion, un lot de cent mille tôles avait été offert aux ex-combattants, dans le Pool. Le haut-commissariat à la réinsertion des ex-combattants se chargeant de la distribution. Depuis, les tôles, entreposées à la préfecture de Kinkala depuis 2008, n’ont jamais été distribuées. Et pour cause: «le pasteur Ntumi n’a jamais  fourni la liste des ex-combattants devant bénéficier de ces tôles», avance le haut-commissariat. Faux, rétorque-t-on du côté du pasteur Ntumi: «Les listes existent».
Ce jeu de ping-pong a duré quatre ans et a fait monter la tension chez les ex-combattants. Entre- temps, on avait enregistré un vol de trois mille tôles. Les voleurs avaient été attrapés et écroués à la maison d’arrêt et mille cinq cents tôles avaient été récupérées chez les vendeurs, a expliqué le préfet. Le climat était devenu malsain entre lui et les ex-combattants qui l’accusaient d’avoir volé les tôles «pour construire ses hôtels et ses maisons».
Pendant la rencontre du chef de l’Etat avec les cadres ressortissants du Pool, Chris Antoine Walembaud, directeur de cabinet du délégué général chargé de la promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre, a soulevé cette affaire, en précisant que si elle n’est pas réglée, les ex-combattants pourraient «perturber» les travaux de la municipalisation accélérée. Ce qui a mécontenté l’assistance. Mais, il n’en fallait pas plus pour que le chef de l’Etat, qui a considéré cette menace comme une «insinuation», prenne la dimension de cette affaire, pour la régler sur le champ. «Je veux avoir un éclaircissement sur une question: il s’agit de la fameuse histoire de cent mille tôles et de l’insinuation faite par notre frère qui a pris la parole à ce sujet, comme s’il y avait quelque part, hypothèque; comme s’il y avait quelque part une épée de Damoclès, autour  d’une question de cent mille tôles. J’ai déjà entendu parler de cette histoire de tôles, de distribution de tôles, ici dans le Pool; des tôles qui devaient être distribuées aux ex-combattants. Je le dis et je voudrais avoir des précisions au cours de cette longue réunion où les responsables sont présents. Je voudrais bien comprendre cette question, tirer les conclusions, prendre les décisions, parce que je ne voudrais pas qu’une question dite des tôles, ici à Kinkala, dans le Pool, soit utilisée comme prétexte pour que des actes désobligeants soient posés par quelques concitoyens appelés ex-combattants», a-t-il martelé.
Le préfet Shanga est passé au micro pour dire sa part de vérité sur cette affaire, en concluant: «Les tôles existent. Elles sont dans l’enceinte de la résidence du préfet que je suis. Ces tôles ont été entreposées il y a quatre ans de cela. Mais, c’est vrai que nous avons connu quelques problèmes».
Michel Ngakala, le haut-commissaire à la réinsertion des ex-combattants, n’était pas, malheureusement, dans la salle, pour dire sa part de vérité. Instruction a été donnée au secrétaire général de la présidence de la République, Jean-Baptiste Ondaye, de prendre note, pour lui traduire la décision du chef de l’Etat sur cette affaire. «Il faut que nous terminions avec cette histoire de distribution de tôles, au cours de ce mois de mai», a décidé le président de la République. «Parce que, je ne vois pas de miracle au milieu: si les tôles existent, les listes des bénéficiaires existent. Bon, je  ne comprends pas le nœud. Les bénéficiaires doivent être appelés par vagues successives ou par district et qu’ils viennent à Kinkala, recevoir les tôles, sous la  supervision du haut-commissaire. Chaque bénéficiaire recevra vingt tôles», a-t-il poursuivi.
Mais, si le nombre de vingt tôles n’est pas suffisant pour construire une maison, comme l’a exprimé son conseiller à l’éducation nationale et à la recherche scientifique, Louis Bakabadio, qui a souhaité que ce nombre soit porté à 40 tôles par ex-combattant, pour l’instant, on commence avec la quantité qui existe, a insisté le chef de l’Etat. Reste, maintenant, à voir sur le terrain que Michel Ngakala, le préfet Michel Shanga, sous la supervision de Jean-Baptiste Ondaye, organisent, enfin l’opération de distribution des tôles, avant la fin de ce mois.

Joël NSONI

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