Assemblée nationale : Dissoute, la Soprogi laisse la place à la Soprim

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Réunis en séance plénière relative à la 13ème session ordinaire dite administrative, vendredi 13 avril 2012, dans la salle de conférences internationales du palais des congrès, à Brazzaville, les députés ont examiné et adopté quatre projets de loi dont ceux portant dissolution de la Soprogi (Société de promotion et de  gestion immobilière) et création d’une nouvelle société dénommée: Soprim (Société de promotion immobilière) et, plus tard, la S.n.h.l.m (Société nationale d’habitats à loyers modérés). Les travaux de cette séance étaient présidés par François Ibovi, premier vice-président de l’assemblée nationale, en présence de Claude Alphonse N’Silou, ministre de la construction, de l’habitat et de l’urbanisme, et de Bienvenu Okiemy, ministre de la communication, chargé des relations avec le parlement.
Créée par ordonnance n°16-79 du 18 mai 1979, la Soprogi va devoir céder la place à la Soprim, après 33 ans d’existence. Sa dissolution a été approuvée, à l’unanimité, par les députés, suite aux projets de loi introduits par le gouvernement. Les raisons invoquées pour justifier cette décision: la croissance démographique et le besoin pressant en logements de la population.
Pour le ministre Claude Alphonse N’Silou, la dissolution de la Soprogi se justifie par le fait que cette société n’était plus capable d’apporter une réponse adéquate à la demande de plus en plus forte en matière de logements. «En plus, elle n’est plus adaptée à l’environnement juridique actuel», a-t-il précisé. En plus, cette société ne pouvait plus prospérer, en s’occupant, à la fois, de la production et de la gestion des logements. «Il y a lieu donc de dissocier ces deux activités», a-t-il dit.
La nouvelle société, Soprim, aura pour vocation de gérer, essentiellement, les activités de promotion immobilière.
Etablissement public à caractère industriel et commercial, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, cette nouvelle société reprendra l’actif, le passif et le personnel de la Soprogi. «Tous les travailleurs seront reversés dans la nouvelle société avec leurs droits acquis. Le gouvernement a, d’abord, négocié avec le syndicat d’entreprise, et a, ensuite, consulté les juristes, et requis l’avis de la Cour suprême, pour éviter de tomber dans la situation de l’ex-O.n.p.t», a poursuivi le ministre N’Silou.
Par contre, la gestion des logements sera du ressort de la société nationale des H.l.m (Habitats à loyers modérés), en voie également de création. La S.n.h.l.m répond au pouvoir d’achat très faible des Congolais. Selon le ministre N’Silou, cette société permettra aux populations d’accéder aux logements sous forme locative, à travers un loyer adapté à leurs revenus. «Sur près de mille logements qui sont déjà achevés ou en voie de l’être, près d’une centaine seulement a été attribuée à titre expérimental. Le gouvernement veut tout mettre au point, d’abord, car le président de la République tient à ce que ces logements profitent aux familles qui ont des revenus modestes», a-t-il expliqué.
Répondant aux préoccupations des députés sur les difficultés de réaliser une politique de rénovation urbaine, Claude Alphonse N’Silou a, simplement, évoqué la résistance des populations. «Il y a le cas de Poto-Poto. Le président de la République voulait rénover ce quartier, depuis le Stade Eboué, sa résidence jusqu’à l’avenue de France. Mais, pour des raisons politiciennes, ce programme a échoué. Des cadres ont même été affectés sur les lieux pour amorcer les travaux. Mais, on leur a tiré dessus. Parmi les meneurs, il y avait même un élu du peuple. Les populations de ce quartier ont préféré leurs conditions actuelles, à la rénovation urbaine», a-t-il dit.
Parlant du défaut de politique de production des matériaux locaux de construction susceptibles de réduire les coûts des logements, le ministre de la construction a avoué aux députés que les matériaux locaux coûtent plus chers que les produits importés. «Les portes en bois produits à Mpila, par exemple, sont plus chers que celles vendues par les Chinois, alors qu’il s’agit du bois de chez nous, du ciment de Loutété qui coûte plus cher que celui importé. Il faut, donc, trouver la solution à l’importance des intrants, pour nos produits locaux», a-t-il confié.
Parmi les autres projets de loi adoptés par les députés figuraient celui autorisant la ratification de la convention sur la pêche et la conservation des ressources biologiques de la haute mer, ainsi que le traité entre la République du Congo et la République Fédérale d’Allemagne relatif à l’encouragement et la protection mutuelle des investissements. Reste, maintenant, au sénat d’approuver aussi, les textes adoptés par l’assemblée nationale.


Cyr Armel YABBAT-NGO