Gilbert Odongo, à propos de l’allocation de soutien aux familles sinistrées : «Il y a autant d’argent disponible qu’il y a des ayants droit»

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Dans une conférence de presse qu’il a animée, le samedi 31 mars 2012, à son cabinet de travail à Brazzaville, le ministre des finances, du budget et du portefeuille public, Gilbert Ondongo, a abordé la question de l’allocation de soutien que le gouvernement a décidé d’accorder, lors de son conseil des ministres du jeudi 8 mars,  aux familles sinistrées par le drame de Mpila. Déjà, deux mille familles ont été payées, pour un montant global de 6 milliards de francs Cfa. Selon lui, toutes les familles sinistrées seront payées, il n’y a pas d’inquiétude à cela. «Il y a autant d’argent disponible qu’il y a des ayants droit»; «nous avons de l’argent pour faire face au payement intégral de l’allocation de soutien aux familles, à toutes les personnes qui le méritent», a-t-il rassuré.

Le ministre Gilbert Ondongo a, d’abord, rappelé le sens de l’allocation de soutien de trois millions de francs Cfa décidée par le gouvernement en faveur des familles sinistrées. Il s’agit de leur donner la possibilité de retrouver une certaine dignité, après avoir tout perdu, dans la catastrophe du dimanche 4 mars. «Comme l’allocation semble  toute substantielle, elle devrait leur permettre d’aller retrouver un toit de location, en attendant les relogements promis par l’Etat; elle devrait permettre aux chefs de famille de subvenir aux besoins de la famille dans l’urgence», a-t-il dit.
Le ministre Ondongo a regretté que l’incivisme dont font preuve certains citoyens crée des obstacles au bon fonctionnement du paiement de l’allocation. Ainsi, il a évoqué ceux qui gonflent le nombre de familles. Plus de dix familles dans une parcelle de 400 m2. Ces cas sont reversés au contentieux.
L’orateur a aussi expliqué la notion de famille: «Il s’agit de chaque famille qui était  sous un toit, jusqu’au 4 mars, à 8h et qui a perdu ce toit après les explosions. La cellule familiale peut être le père, la mère et les enfants; ça peut être aussi une personne qui vit seule, dans une propriété. Il n’y a pas de différence entre la famille congolaise et étrangère. Pour nous, ce sont les familles qui ont perdu le toit, qui ont droit à un soutien du gouvernement, sans distinction de nationalité».
Concernant les pièces exigées lors du paiement, il a dit: «Les pièces admises pour les citoyens congolais sont: la carte nationale d’identité ou le passeport. Un citoyen qui n’a pas ces deux pièces, s’il a une autre pièce, il doit avoir deux témoins pour attester cela. Pour les étrangers, la pièce exigée est la carte de séjour au Congo. Il faut être régulièrement installé au Congo, pour bénéficier des droits offerts par la République Congolaise».
Gilbert Ondongo a expliqué que les caisses sont ouvertes à partir de 11h, à cause des opérations de retrait de fonds à la Banque centrale. Or, il y a des gens qui se présentent à partir de 5h du matin dans les deux centres retenus, à savoir: la caserne des pompiers et le camp de la marine, à Mpila.
S’agissant du contentieux, il fait l’objet d’un traitement attentionné. «Nous traiterons, méthodiquement, le contentieux. Nous nous attelons à le résoudre méthodiquement, de sorte que ne sont retenus que ceux qui méritent. Pour certains qui s’agitent et organisent des mouvements, dans l’espoir qu’en créant ce désordre, on pourra penser à eux, ils se trompent largement. L’Etat est ferme. J’ai reçu des ordres du président de la République qui m’a dit que sur cette question, je devais être intraitable», a-t-il dit.
Et le ministre Ondongo est formel, en ce qui concerne le paiement intégral de l’allocation à toutes les familles sinistrées: «Pour en venir aux chiffres, au moment où je vous parle, il y a près de deux mille familles qui ont déjà touché pour un coût de 6 milliards de francs Cfa. Combien d’argent est disponible pour cette opération? Il y a autant d’argent disponible qu’il y a des ayants droit. S’il y a dix mille familles, il y aura dix mille fois trois millions disponibles; s’il y a vingt mille familles, il y aura vingt mille fois trois millions disponibles. L’Etat est, aujourd’hui, en mesure de faire face à son obligation de verser les trois millions à l’ensemble des personnes concernées».
Seulement, il faut s’armer de patience, car tout le monde ne peut pas être payés le même jour, ni la même semaine. «Nous ne pouvons pas payer toutes ces familles le même jour; qu’elles acceptent d’attendre leur tour tranquillement dans la sérénité, même celles qui ne sont pas sur les listes qui circulent. Nous repartirons dans les quartiers sinistrés, pour nous occuper d’eux», a-t-il déclaré.

Pascal Azad DOKO
et Aybienevie N’KOUKA-KOUDISSA

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