Dépollution du site de Mpila après les explosions : La sensibilisation figure parmi les priorités actuelles des équipes sur le terrain

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L’expert Charles Frisby, coordonateur au Congo du service des Nations unies pour le déminage, une agence qui a une capacité technique dans le domaine des dépollutions des engins non explosés, y compris la question des armes et munitions, a animé un point de presse, jeudi 15 mars 2012, à Brazzaville, au cours de laquelle, il a annoncé que la dépollution des zones proches de l’épicentre du drame de Mpila, survenu le 4 mars dernier, suite à l’explosion du dépôt d’armes et munitions de l’Ecramu (Etablissement central de réparation et de rechange des armements et munitions) et la sensibilisation des populations aux risques figurent au nombre des priorités actuelles de l’équipe de dépollution.
Pendant le point de presse, l’expert des Nations unies était entouré des représentants au Congo de l’Unesco et de l’Unicef, des experts de Mag, l’O.n.g britannique actuellement en charge de la dépollution du site de Mpila et ceux des Fac (Forces armées congolaises).
«Sur le terrain, outre les experts des Forces armées congolaises (Fac), on note la présence de la France, de l'O.n.g britannique Mines advisory group (Mag), de l’Onu, des Etats-Unis, de l’Angola, du Bénin, du comité international de la Croix-Rouge et Handicap international. Dès les premiers jours, nous avons fait une évaluation technique, avant d’identifier la zone d’impact à sécuriser. C’était une priorité, parce qu’il restait encore une quantité d’explosifs, après l’explosion du 4 mars. D’où, il fallait sécuriser la zone, afin d’éviter d’autres accidents. Nous avons établi un périmètre avec des barbelés. Nous planifions une capacité totale de vingt équipes de dépollution. A ce jour, nous avons, déjà, collectionné plus de 1500 kg de munitions. Ce chiffre connaît progressivement, une augmentation», a souligné Charles Frisby.
Selon l’expert des Nations unies, il existe encore des risques dans la zone d’impact, parce qu’il y a des munitions non explosées. Cependant, il n’y aura pas d’explosion, tant qu’on ne l’aura pas provoquée. La population ne doit pas toucher aux munitions non explosées. «Pour le moment, nous prévoyons au moins deux mois pour attaquer la dépollution des alentours immédiats. La zone d’impact demeure un problème, car il y a beaucoup de dégâts au centre», a-t-il précisé.
«La semaine dernière, après l’évaluation technique, nous avons identifié une grande priorité de sécuriser le centre des explosions. Il y avait encore, à ce moment-là, des munitions qui continuaient à brûler. Dès le jeudi, nous avons sécurisé un certain périmètre et le vendredi, notre priorité était la dépollution des alentours, pour éviter que la population civile ne soit victime. Maintenant, la priorité reste la dépollution des zones avoisinantes sur les risques», a-t-il fait observer.
Pour sa part, Marianne Flach, représentante de l’Unicef au Congo, qui avait à ses côtés Abdourahamane Diallo, représentant de l’Unesco au Congo, a donné des conseils, en  cas de découverte par la population, d'une munition non explosée. «Notre travail accompagne celui du déminage. C’est donc ce à quoi nous nous attelons avec les différentes organisations. Nous sommes en train de développer différents outils, pour faire passer le message à la population. Nous avons préparé beaucoup de messages audiovisuels et écrits. Aussi, nous irons dans les quartiers, parler avec tout le monde», a-t-elle dit.
Signalons que pour la dépollution du site de Mpila, l’O.n.g britannique Mag bénéficie d’un soutien financier de la Commission européenne, à travers son office humanitaire (Echo) qui accordera 1,25 million d’euros à ses partenaires intervenant dans le drame de Mpila. Il s’agit, entre autres, de la Fédération internationale de la Croix-Rouge qui recevra 600.000 euros pour soutenir les déplacés et de Mag qui aura 650.000 euros destinés à la dépollution du site et la sensibilisation des populations aux risques.
Notons qu’au cours d’une réunion d’évaluation, le 19 mars dernier à Brazzaville, la cellule de dépollution a annoncé avoir détruit, en trois jours, près de 8,5 tonnes de munitions et engins explosifs.

Alain Patrick MASSAMBA

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