Électricité : Les défis non moins importants qu’il faut nécessairement relever

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Le gouvernement a décrété l’année 2012 qui vient de commencer, comme celle de la santé et de l’électricité pour tous. Le président de la République y est revenu dans son discours de vœux de nouvel an. Mais, si des progrès historiques sont accomplis, comme la construction de grandes centrales énergétiques (Imboulou, Centrale électrique du Congo à Pointe-Noire) et la connexion au boulevard énergétique des localités éloignées des départements des Plateaux et de la Cuvette, la persistance des délestages, des privations d’électricité dans des quartiers entiers laissent sceptiques les citadins de Brazzaville et Pointe-Noire, face à la promesse du gouvernement. C’est Henri Ossébi, le tout nouveau ministre de l’énergie et de l’hydraulique, qui a su bien diagnostiquer les maux qui rendent les citadins des deux villes sceptiques. C’était lors de l’inauguration de la C.e.c (Centrale électrique du Congo), à Côte Matève, en banlieue de Pointe-Noire, le vendredi 23 décembre 2011.

Le ministre Ossébi s’est, en effet, engagé à s’attaquer aux problèmes du sous-secteur de la distribution de l’électricité dans les villes. Ce n’est qu’en relevant ces défis non moins importants que le gouvernement parviendra à tenir sa promesse d’électricité pour tous, particulièrement à Brazzaville et à Pointe-Noire, dès lors que la production en énergie électrique représente, aujourd’hui, plus de 500 mégawatts. Le ministre Ossébi l’a si bien dit, dans l’extrait ci-après:
«Au risque de noircir, tant soit peu, le tableau élogieux de ce dont notre pays est, aujourd’hui, capable, dans l’intérêt des populations, en matière de production et de transport de l’électricité, il nous faut avoir, également, le courage et la lucidité de souligner qu’en matière de distribution, c’est-à-dire de rapprochement physique de l’offre d’électricité et d’appropriation domestique de cette denrée rare, notre système national présente encore, hélas, de nombreuses faiblesses.
Je voudrais, donc, succinctement et sans langue de bois, souligner quelques unes de ces faiblesses structurelles qui se cristallisent, au quotidien, notamment dans les agglomérations urbaines, autour des constats suivants, s’agissant du volet distribution:
1- la mauvaise qualité du courant consommé dont les oscillations capricieuses de puissance au quotidien sont source de dégâts matériels divers dans les appareillages domestiques;
2- les délestages intempestifs et récurrents, voire le black-out total ou prolongé dans certains quartiers, notamment à Brazzaville et à Pointe-Noire;
3- la fourniture irrégulière de l’éclairage public;
4- la     facturation souvent      incompréhensible     des consommations et le mauvais rapport agents/clients;
5- enfin et notamment ici à Pointe-Noire, la situation préoccupante et paradoxale de certains quartiers populaires, pourtant situés à proximité des sources de production, mais qui demeurent encore privés d’électricité.
Toutes ces carences structurelles dans le volet distribution d’électricité ternissent l’image de notre entreprise publique spécialisée: la S.n.e. Elles annihilent les effets positifs des efforts consentis par l’Etat et fragilisent l’efficacité populaire de l’action gouvernementale. Elles constituent donc, enfin et à ce titre, autant de défis urgents à relever pour une meilleure qualité de service public.
A ces faiblesses organiques, on pourrait ajouter, sans les excuser, les effets induits par les comportements inciviques de nos concitoyens et par l’urbanisation rapide et incontrôlée de nos villes à la démographie galopante, source d’une prédation anarchique et continue de l’espace, donc de demande d’électricité, donc de pression constante sur le réseau existant, par ailleurs en état de vétusté avancée.
Excellence, Monsieur le président de la République,
Malgré cet état des lieux peu reluisant de notre sous-secteur chargé de la distribution domestique de l’électricité, et qui pourrait tout autant s’appliquer à celui de l’eau, je voudrais, toutefois, modestement, indiquer qu’ici, à Pointe-Noire, grâce aux moyens que vous avez bien voulu mettre à la disposition du secteur, avant ma prise de fonctions:
- les 13 et 14 décembre, deux postes moyenne et basse tension ont été mis en service à Ngoyo et au quartier Mbondji où il n’y a, désormais, plus de délestages;
- au cours de ce même mois de décembre 2011, entre le 21 et le 25, seront mis en service quatre postes Moyenne et Basse tension qui couvriront les quartiers Tchimbamba, côté aéroport, le quartier Marché Makayabou et le quartier Tchiali;
- avant le 31 décembre 2011, deux autres nouveaux postes seront fonctionnels pour alimenter les quartiers Siafoumou intérieur et le marché de Mpita.
Ces mesures correctives locales demeurent, sans doute, dérisoires, au regard de ce qui subsiste et surtout face aux attentes des populations, toujours frondeuses, et qui s’estiment, à bon droit, d’attendre de l’Etat un service public de qualité.
A cet effet, pour y répondre progressivement et sans atermoiements, d’autres perspectives sont à notre portée, à court et moyen terme. Elles concernent des mesures anticipatives et managériales d’urgence, devant permettre, outre la réhabilitation et l’extension du réseau moyenne et basse tension, dont souvent les effets sont les plus visibles par les populations, la construction, déjà engagée, ici à Pointe-Noire, d’au moins 70 postes de transformation moyenne articulés à 10 km de réseau basse tension dans les quartiers suivants: les zones voisines des deux centrales de N’Djeno et Côte Matève: Patra; Mongo-Kamba, à partir du rond-point Thystère Tchicaya; Vindoulou; Mongo Poukou; Loango et Matombi.
Ce redéploiement spatial devrait permettre, en partenariat avec Eni-Congo, de parvenir à un véritable réseautage capillaire des zones habitées et des quartiers périurbains d’occupation accélérée, pour élever l’offre de distribution d’électricité, en la rapprochant du cœur de la vie quotidienne de nos concitoyens. Tel est le contenu concret qu’il nous faut donner, sans délais, à votre mot d’ordre «d’électricité pour tous» en milieu urbain, mais aussi en milieu rural, pour une approche intégrée, associant dans une synergie décuplée et refondée, la Délégation générale des grands travaux, les Ministères du pôle des infrastructures de base, ainsi que ceux de l’économie et du plan».

J. MBANZA

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