Vie politique nationale : L’opposition congolaise s’entredéchire entre pro et anti Ewo

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Rien ne va plus au F.p.o.c (Front des partis de l’opposition congolaise), la principale plateforme de l’opposition dont Rigobert Ngouolali est, actuellement, le président en exercice. Deux tendances, l’une constituée par les leaders qui ont boycotté la concertation nationale politique d’Ewo, et l’autre des partis qui y ont pris part, s’affrontent rageusement, par médias interposés. C’est ainsi que le président du P.s.d.c (Parti social-démocrate congolais), Clément Mierassa, a animé, mardi 27 décembre 2011, au siège de son parti, à Moungali, dans le quatrième arrondissement de Brazzaville, une conférence de presse, au cours de laquelle il a critiqué ceux de ses collègues de l’opposition qui se sont déplacés à Ewo. Pour lui, ceux-là n’ont pas pu inscrire à l’ordre du jour de cette concertation, les préoccupations fondamentales du F.p.o.c, à savoir: le découpage électoral, le recensement administratif spécial de la population et la commission électorale véritablement indépendante.


Si ces trois questions fondamentales, à ses yeux, n’ont pas été inscrites à l’ordre du jour de la concertation, il s’est demandé, pourquoi ces partis de l’opposition sont-ils allés à Ewo.
Clément Mierassa a indiqué: «Ewo est et sera caractérisé par l’incapacité des participants à dénoncer le trucage des élections depuis 2002, l’incapacité du gouvernement d’invalider les résultats du recensement administratif de 2001 et son incapacité à réaliser un recensement administratif fiable, en 2011. Ewo aura été incapable de définir des critères clairs, pour un découpage électoral juste et équilibré». Pour terminer, il a mis en garde les membres de l’opposition qui ont pris part à la concertation politique nationale. «Les amis qui ont été à Ewo doivent savoir que le Front a une ligne. Cette ligne doit être respectée. Si on ne veut pas la respecter, on tire les conséquences. Il faut que l’on soit clair là-dessus», a-t-il martelé.
Face à ces critiques, la réaction des partis ayant pris part à la concertation d’Ewo ne s’est pas fait attendre. Dans une conférence de presse, organisée jeudi 29 décembre 2011, dans la salle de mariage de l’hôtel de ville de Brazzaville, ils ont rappelé les conclusions de la concertation politique nationale. Ils étaient cinq à la tribune, notamment Mambou Aimée Gnali (P.a.d), Clément Mouamba, Pascal Tsaty-Mabiala (U.pa.d.s), Bonaventure Mbaya (Convergence citoyenne), et Bonaventure Mizidy (M.i.s). Le mot liminaire de leur conférence de presse était lu par Dominique Foufoundou de l’U.d.r-Mwinda, parti qui a également participé à la concertation.
Ces responsables de l’opposition ont reconnu qu’avec la concertation, il y a eu des avancées significatives. «Les dirigeants des partis membres du Front, ayant participé à la concertation politique d’Ewo, peuvent vous rassurer que les travaux auxquels ils ont pris part se sont déroulés en commissions dans lesquelles chacun a soutenu et développé, avec opiniâtreté et sagacité, l’argumentaire qui, en tout temps, a identifié l’opposition congolaise. Il n’y a eu l’ombre de forfaiture ni de remise en cause des principes démocratiques qui édictent l’action du Front. Les recommandations auxquelles a abouti la concertation en objet, sont l’illustration de notre connaissance et de notre maîtrise des questions qui se posent sur la scène politique nationale en matière d’organisation des élections. Ce qu’il faut intérioriser en plus, c’est qu’il s’est agi d’une concertation, d’une espèce de négociation avec ce que cela comporte de capacité intellectuelle et politique de s’abstenir de tout triomphalisme. La concertation politique d’Ewo aura permis des avancées dont l’efficience dépendra, bien entendu, de la mise en application des recommandations», ont-ils dit, dans leur mot liminaire.
Et plus loin, ils ont expliqué leur démarche: «Comme nous l’avons souligné, le 17 décembre dernier, à Ewo, dans la déclaration des partis et groupements politiques, notre participation à la dernière concertation politique témoignait du sens de responsabilité des partis de l’opposition qui ont toujours prôné le dialogue et la concertation entre toutes les filles et tous les fils du Congo, comme unique moyen de résoudre nos différends. Dans ce genre d’exercice, il est impérieux d’observer les exigences de la démocratie que sont la tolérance, la justice, l’équité, l’acceptation des différences, le respect des règles rigoureuses de transparence, etc».
Pour terminer, ils ont lancé un appel à leurs amis du Front qui ont boycotté la concertation: «Ainsi, notre maître-mot de ce jour est de demander à nos partenaires au sein du Front de l’apprendre et de savoir en faire bon usage, avant de l’exiger de nos adversaires de champ». «En participant à la concertation d’Ewo, nous avons donné la priorité au Congo, à l’intérêt général et la paix. Ainsi, la République et la démocratie ont prévalu. Elles prévaudront davantage, lorsque les recommandations issues de la concertation d’Ewo seront mises en musique, pour l’intérêt supérieur de la nation», ont-ils conclu.
Reste à savoir si le Front survivra à la crise qui la secoue, quand on sait que deux tendances existent et n’onzt plus le même langage, ni les mêmes objectifs. Qui vivra verra!

Pascal Azad DOKO

 

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