Thierry Lézin Moungalla, ministre des postes et des télécommunications : «La restructuration, ce n’est pas la mise à la porte des travailleurs»

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Ministre des postes et télécommunications, chargé des nouvelles technologies de la communication, Thiery Lézin Moungalla était en conclave avec les syndicalistes de Congo-Telecom, pour échanger sur les questions liées à la vie et au fonctionnement de cette société publique qui bat, actuellement, de l’aile. C’était mercredi 21 décembre 2011, à l’hôtel Olympic palace, à Brazzaville. A l’issue de cette rencontre, nous avons abordé le ministre des postes et télécommunications. Dans l’interview qu’il nous a accordée, il signe et persiste que la restructuration ne signifie pas  mettre les travailleurs à la porte.

* Monsieur le ministre, vous étiez en conclave pendant  plus de quatre heures avec les syndicalistes de Congo-Telecom, qu’est- ce qui a motivé cette rencontre?
** Tout simplement, cette rencontre s’inscrit dans le souci du président de la République d’assurer une harmonie totale et permanente entre ceux qui décident, c’est-à-dire l’Etat, à travers le gouvernement, et les agents représentés en l’occurrence par leurs syndicats représentatifs. Eh bien, dans ce souci-là, il était nécessaire que nous nous concertions avec les  syndicats de  Congo-Telecom, au moment où le secteur des télécommunications va connaître une révolution importante, avec l’arrivée d’infrastructures à haut débit au cours de l’année 2012, notamment. Ces infrastructures, en approche, vont avoir un retentissement, un impact sur le fonctionnement et la gestion de tous les opérateurs, y compris le premier d’entre eux, c’est-à-dire Congo-Telecom.

* Concrètement, qu’est-ce que vous vous êtes dit,  Monsieur le ministre?
** En tant que père de famille du secteur, il était important que le ministre de tutelle s’assure que le premier enfant, le fils aîné, c’est-à-dire Congo-Telecom, puisse être dans une compréhension totale et en harmonie avec l’Etat. C’était  un échange où les syndicalistes nous ont fait part de leur opinion, à la fois sur ce qui a été fait et sur les projets de l’Etat. Et à notre tour, nous avons éclairé les syndicalistes sur les projets qui sont en cours et en gestation au niveau du gouvernement.

* Il y a eu comme une inquiétude du côté des syndicalistes, lorsque vous avez évoqué la restructuration du secteur des télécommunications, qu’en dites-vous?
** Oui, vous savez que j’ai un défaut, je suis juriste. La notion de restructuration, dans mon esprit en tout cas, doit répondre à deux critères: le premier, c’est d’éviter davantage que des gens soient mis dans la rue, comme certains l’ont été avec la dissolution de l’ex-O.n.p.t, sans autre forme de procès. Heureusement, le président de la République, en tant que père de famille, vient de résoudre ce problème, par le règlement des indemnités aux ex-agents de l’O.n.p.t. Donc, ce traumatisme là est la première borne vis-à-vis de laquelle nous devons fixer notre action. Il nous faut éviter un autre traumatisme.
Deuxième élément, la restructuration, aux yeux de l’Etat, ce n’est pas la mise à la porte des travailleurs, c’est le changement de la gouvernance de l’opérateur. Un opérateur historique comme Congo-Telecom, au 21ème siècle, comment va-t-il fonctionner? Est-ce qu’il peut continuer de fonctionner dans un statut qui peut paraître désuet, ou faut-il lui trouver un statut juridique qui soit conforme au rôle d’un opérateur? Aujourd’hui, à travers le monde, les opérateurs de téléphonie ne sont pas gérés comme Congo-Télécom, aujourd’hui. Ils sont soit dans les établissements publics, industriels et commerciaux, soit des sociétés anonymes, avec un conseil d’administration. Notre réflexion est là. Nous voulions partager cette réflexion avec les syndicalistes. Je le répète, de manière solennelle, que la notion de restructuration, à mes yeux, ce n’est pas le licenciement de qui que ce soit. C’est le changement de mode de gouvernance, pour permettre, demain, l’arrivée d’un partenaire qui va accompagner, renforcer Congo-Telecom. Mais pour ça, il faut des structures juridiques adaptées. Voilà ce que c’est que la restructuration,  aux yeux de l’Etat, et en tout cas, aux yeux du ministre des postes et des télécommunications.

Propos recueillis par
Pascal-Azad DOKO


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