Organisation des élections : Les autorités administratives locales ne dirigeront plus les commissions de la Conel

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La concertation politique nationale d’Ewo a permis de prendre une décision qui préoccupait, depuis quelques années, le ministre de l’intérieur et de la décentralisation: le retrait des préfets, maires, sous-préfet et administrateurs-maires, de la direction des commissions départementales et locales de la Conel (Commission nationale d’organisation des élections). Dans le processus électoral national, cette décision est hautement importante et va contribuer, énormément, à la transparence et à l’équité dans les élections.
C’est la fin d’un phénomène qui risquait d’entamer, largement, le processus électoral au Congo. En effet, nombreux sont les acteurs politiques, de la majorité comme de l’opposition, qui ont des anecdotes sur la manière dont les autorités administratives ont dirigé les commissions locales de la Conel, pendant les élections. Ces commissions étaient tout simplement devenues, pour ces autorités, de véritables vaches à lait, allant jusqu’à marchander des circonscriptions électorales aux candidats, contre espèces sonnantes et trébuchantes. Une circonscription électorale pouvait se négocier entre 5 et 25 millions de francs Cfa.
Le tripatouillage et la falsification des résultats du vote se faisaient, en effet, à ce niveau. Et, chacun se mettait à travailler pour les candidats de son parti et ou de sa famille politique. A la majorité comme à l’opposition, l’on connaît des parlementaires qui ont été élus, grâce à la falsification des résultats. Un nom leur a même été donné: «les parlementaires et les conseillers nommés».
Dans une note circulaire signée le 9 juin 2008, le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, constatant cette dérive, avait rappelé à l’ordre ces autorités. «Il m’a été donné de constater, de manière récurrente, que certaines autorités administratives violent délibérément les principes de neutralité et d’impartialité de l’administration, en s’immisçant notamment dans la gestion des affaires internes aux partis, groupements et associations politiques. En période électorale, cette attitude est non seulement contraire à la bonne administration des élections, mais elle compromet aussi largement, la transparence et le crédit du scrutin. Je tiens à vous rappeler que tout le long du processus électoral, à quel que niveau qu’elles se trouvent, les autorités administratives sont tenues de respecter et de faire respecter les textes législatifs et réglementaires en vigueur, pour garantir à notre pays, des élections libres, transparentes et crédibles», avait-il écrit.
Mais, ce rappel à l’ordre du ministre de l’intérieur n’avait eu presque pas d’effet. Des préfets et sous-préfets étaient devenus célèbres dans leur comportement de favoriser les candidats de leur famille politique, discréditant, par ce fait même, le processus électoral. Avec la recommandation prise par la concertation politique nationale d’Ewo, rien ne sera plus comme avant. Et sur ce point, majorité comme opposition était unanime. Pour cause de magouille, les préfets, maires, sous-préfets et administrateurs-maires ne vont plus gérer les commissions locales de la Conel. Ils sont disqualifiés, car trop c’est trop. La concertation a jeté le dévolu sur «des personnalités jouissant d’une bonne moralité, nommés par l’administration». C’est un pas important, vers la transparence et l’équité des élections. A applaudir.

Joël NSONI