Concertation politique nationale d’Ewo : Tout le monde satisfait par l’aboutissement des travaux

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Réunis à Ewo, du 15 au 17 décembre 2011, pour débattre des questions essentielles relatives à l’organisation des élections législatives de 2012, notamment la refonte de la Conel, la représentation des circonscriptions nouvellement créées à Brazzaville, le découpage électoral et la détermination du corps électoral, les acteurs politiques congolais et de la société civile ont su aplanir leurs divergences, pour trouver un consensus autour de ces questions qui, souvent, sont sources de contradictions et de conflits. C’est le ministre Raymond Zéphyrin Mboulou qui a clôturé les travaux de cette concertation politique qui rentre dans les annales de l’histoire de notre pays, en présence de ses collègues Bienvenu Okiemy et Guy Brice Parfait Kolélas. On notait aussi la présence des membres du corps diplomatique et des partenaires internationaux.

La concertation politique nationale d’Ewo a eu le mérite de s’achever sur une note de satisfaction des acteurs politiques de la majorité, comme de l’opposition, ainsi que la société civile. Trois jours durant, ils ont débattu en toute sérénité, dans la tolérance, la compréhension et un esprit de responsabilité, les questions fondamentales liées à l’organisation des élections. 
Les conclusions auxquelles ils sont parvenus témoignent du sérieux qui a caractérisé les travaux, et constituent un grand pas vers des élections apaisées, libres et transparentes au Congo.
Eclatés  en trois commissions (Méthodologie de révision en vue de l’établissement des listes électorales fiables; Représentation des partis politiques et de la société civile au sein de la Conel; Prise en compte de la représentation des circonscriptions nouvellement créées), les participants à la concertation d’Ewo ont fait un certain nombre de recommandations, dans le but de crédibiliser les scrutins et consolider ainsi la dynamique de paix. Il s’agit de:
- la modification du décret 2008-407 du 9 octobre 2008, modifiant le décret 2001-730 du 31 octobre 2001 portant création, attributions et organisation des commissions administratives de révision des listes électorales, pour prendre en compte la représentativité des partis et de la société civile au sein des bureaux d’enregistrement;
- l’inscription, par le gouvernement, des opérations préélectorales et électorales dans un timing précis, de façon à éviter la précipitation;
- la prise des dispositions relatives aux sanctions disciplinaires au sein de la Conel, en complément des sanctions pénales déjà prévues, pour son efficacité;
- l’application stricte de la loi électorale qui fait obligation au président de bureaux de vote de remettre un exemplaire du formulaire de transcription des résultats du scrutin dûment signé par toutes les parties à chaque délégué des candidats;
- l’introduction progressive, dans la législation nationale, de l’usage du bulletin unique;
- la diligence de la procédure d’adoption et de promulgation de la loi sur le financement des campagnes électorales;
- la prise d’une disposition précisant les pouvoirs des délégués nationaux de la Conel, qui devraient cosigner les documents sanctionnant le scrutin pour marquer son autorité sur les commissions locales;
- le retrait de la présidence des commissions départementales, de districts et d’arrondissements aux autorités administratives (Préfets, sous-préfets, administrateurs-maires et maires);
- la remise de la présidence des commissions départementales, des districts et d’arrondissements à des fonctionnaires ou à des personnalités jouissant d’une bonne moralité nommés par l’administration;
- l’amendement de certaines dispositions de la loi électorale et les décrets subséquents pour donner une base juridique aux améliorations proposées lors de la concertation;
- le déroulement des élections législatives 2012 sous le couvert du dispositif juridique nouveau, issu de la prise en compte des recommandations de la concertation;
- la nécessité d’opérer une réorganisation administrative, susceptible de permettre un redécoupage électoral global, afin de rapprocher l’administration publique des populations et de mieux organiser les élections;
- procéder à la correction, dans les délais raisonnables, de la sous représentation de certaines entités administratives à l’assemblée nationale, notamment celles dont la densité de la population justifie une meilleure prise en compte, et celles dont la création ne s’est pas transformée en circonscription électorale;
- la création de deux circonscriptions électorales nouvelles au niveau des circonscriptions administratives dont le ressort territorial ne correspond pas aux circonscriptions électorales existantes.
C’est Mme Marie Charlotte Fayanga, ambassadrice de la République Centrafricaine, qui a, au nom du corps diplomatique invité à Ewo,  su résumer l’aboutissement de ces travaux. «…En choisissant comme moteur de vos travaux, la recherche du consensus dans l’organisation des prochaines élections législatives, vous avez donné un bel exemple de maturité», a-t-elle dit.
S’exprimant pour le compte de la société civile, Germain Loubota a estimé que les résultats obtenus à cette concertation constituent une grande victoire. Il a exhorté la classe politique et le gouvernement à ne pas trahir, dans les faits et actions à venir, le bon résultat obtenu au cours de cette concertation. Car, «c’est dans la bonne organisation de l’élection législative de 2012 que se situe le véritable test du succès de ces travaux», a-t-il fait savoir.
Les partis et groupements politiques présents à cette concertation ont fait une déclaration conjointe lue par Guy Romain Kinfoussia, président de l’U.r.d-Mwinda. Pour eux, le Congo est un et indivisible et l’option démocratique qu’il a choisie est irréversible. «Au cours de cette concertation, chacune des parties a appris à tempérer ses ardeurs militantes, à surpasser ses peurs, les divisions et à limiter ses conservatismes ou ses exigences, pour donner la priorité au Congo, à l’intérêt général et à la paix. Aussi, revient-il à tous de donner à notre peuple, les raisons de croire, en nous manifestant dans la mise en application de recommandations prises, la même bonne politique et la même dynamique de consensus qui ont ponctué les travaux de cette concertation», peut-on lire, dans la déclaration.
Par ailleurs, les partis et groupements politiques (opposition comme majorité) ont demandé au gouvernement de tout mettre en œuvre, pour amorcer, dans de meilleurs délais, la mise en application de toutes les recommandations, de maintenir la dynamique de dialogue et d’une République fraternelle née de ce rendez-vous historique d’Ewo.
Clôturant les travaux de cette concertation, le ministre Raymond Zéphyrin Mboulou, a simplement, pris acte de toutes les préoccupations et recommandations et s’est réjoui de l’aboutissement. «Je me charge de les présenter au gouvernement, pour entrevoir les possibilités de redéfinition des missions de chacun des organes impliqués dans le processus électoral, en préservant pour chaque citoyen, le respect  de son choix et de son suffrage et au Congo, la voie royale de la tranquillité et du progrès», a-t-il promis. En tout cas, Ewo a laissé un sentiment de satisfaction à tous. Le chemin est balisé vers des élections apaisées. Il reste à traduire dans les faits, les recommandations prises et à poursuivre le dialogue constructif.

Cyr Armel YABBAT-NGO


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