Assemblée nationale : Gilbert Ondongo a présenté le budget le plus confortable que le Congo n'ait jamais connu

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Le ministre de l'économie, des finances et du portefeuille public, Gilbert Ondongo, a présenté, vendredi 28 octobre 2011, à l’assemblée nationale, le budget de l'Etat exercice 2012. Arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 3.645 milliards 575 millions de francs Cfa, contre 3006 milliards 257 millions de francs Cfa, en 2011, ce budget connaît une augmentation de 21%, (600 milliards en valeur absolue). La séance plénière spéciale de l'assemblée nationale était présidée par Justin Koumba, président de ladite Chambre, en présence de quelques membres du gouvernement.

Selon le ministre Gilbert Ondongo, le projet de  budget 2012 est élaboré dans un contexte marqué, sur le plan international, par la crise des dettes souveraines en zone euro. Pour lui, le Congo a eu le budget le plus important d'Afrique centrale, et même de la zone franc hors France, en 2010 et en 2011. «Il en sera, vraisemblablement, de même en 2012. Depuis 2009, le Congo est le pays qui détient le plus d'avoirs extérieurs à la B.e.a.c (Banque des Etats de l'Afrique centrale). En 2011, on s'approche de la moitié du total, soit un peu moins de 3.000 milliards de francs Cfa, en septembre, pour un total estimé à un peu plus de 7.000 milliards de francs Cfa», a-t-il dit.
L'économie congolaise s'est imposée comme la plus performante de la sous-région Afrique centrale, en 2009 et en 2010 et serait en passe de l'être à nouveau, en 2011. Les investissements au Congo représentaient 58% du P.i.b (Produit intérieur brut), en 2010, pour une moyenne de 38% enregistrée dans la zone Cemac. En 2011, les investissements devraient se fixer à 62% du P.i.b au Congo, pour une moyenne de 34% en zone C.e.m.a.c. «Cela prouve à suffisance que le Congo est dans une bonne dynamique de croissance économique», a-t-il précisé.
Toutefois, pour entretenir et amplifier cette dynamique de croissance, le ministre Ondongo a indiqué que le gouvernement continue de mettre l’accent sur la diversification de l’économie congolaise, qui gardera un niveau élevé de croissance, en 2012. «Elle se traduira en 2012, entre autres, par la mise en exploitation de la nouvelle zone industrielle de Brazzaville qui démarrera avec seize industries de production de matériaux de construction et des métaux».  
«Suivant les prévisions des experts du Ministère des finances, la croissance économique nationale, en 2012, oscillerait autour de 10%», a fait savoir Gilbert Ondongo.
Le budget colossal de 2012 a été élaboré sur la base des principales hypothèses suivantes:
- une production pétrolière nationale estimée à environ 105 millions de barils en 2012 contre 126 millions en 2011, soit une diminution théorique de plus de 20 millions de barils;
- le prix du brut congolais projeté à 95 dollars en moyenne en 2012, pour un baril de brent qui devrait se situer entre 100 et 105 dollars américains;
- une décote et la précaution de prudence qui oscillent entre 5 et 10 dollars américains pour chaque baril congolais;
- un cours du dollar à 460 francs Cfa pour un dollar américain.
De ces hypothèses, le ministre a estimé que les recettes pétrolières en 2012 seront de 2.407 milliards 575 millions de francs Cfa, contre 2.223 milliards et 141 millions en 2011, soit une variation positive en valeur absolue de plus de 184 milliards de francs Cfa ou de plus de 8% en valeur relative. «Les recettes pétrolières constitueraient un peu plus de 66% de l’ensemble des recettes budgétaires et environ 82% des recettes propres ou des recettes internes. Le pétrole resterait encore, de très loin, la principale source des recettes de l’Etat, en 2012, malgré la prévision de baisse de la production nationale», a-t-il signifié.
Toutefois, les impôts, taxes et droits de douane constituent la deuxième source des recettes budgétaires. Ils sont prévus à hauteur de 600 milliards de francs Cfa, en 2012, contre 540 milliards, en 2011. «Dans le détail des prévisions, les impôts et taxes, encore désignés par les recettes fiscales, se monteraient, en 2012, à 470 milliards, contre 420 milliards prévus en 2011. Les droits de douane s'établiraient à 130 milliards, en 2012, contre 120 milliards, en 2011. Au total, les impôts, taxes et droits de douane devraient croître de 60 milliards en 2012, soit 11% de plus par rapport à 2011. Les emprunts extérieurs seraient de 464 milliards de francs Cfa. L'Etat bénéficiera, en 2012, aux taux fortement concessionnels, de trois autres emprunts de 100 milliards, de 10 milliards et de 5 milliards, respectivement, pour les relevés géophysiques sur l’ensemble du territoire, pour l’électrification rurale et pour l'équipement de l’hôpital Blanche Gomes… La somme des dons attendus en 2012, y compris les fonds P.p.t.e, s’élèveraient à 131 milliards de francs Cfa. L'ensemble des ressources externes se monterait à 595 milliards de francs Cfa», a expliqué le ministre Gilbert Ondongo.
Par contre, les dépenses de fonctionnement s’inscriront à la hausse, après avoir décru en 2011. Elles atteindraient les 1.000 milliards de francs Cfa, contre 772 milliards de francs Cfa en 2011, soit une augmentation de 29%; les dépenses de personnel sont en forte progression: 248 milliards 500 millions de francs Cfa, contre 211 milliards 443 millions de francs Cfa en 2011; les dépenses de biens et services se fixeraient à 218 milliards de francs Cfa, contre 162 milliards 500 millions de francs Cfa, en 2011; les dépenses de transferts et interventions directes de l’Etat s'élèveraient à 323 milliards de francs Cfa, contre 199 milliards de francs Cfa, en 2011; le service de la dette publique extérieure absorbera 91 milliards de francs Cfa, contre 73 milliards de francs Cfa en 2011; le service de la dette publique intérieure passera, quant à lui, à 80 milliards de francs Cfa, contre 65 milliards de francs Cfa, en 2011; les dépenses d’investissement s'élèveront à 1.445 milliards, contre 1010 milliards de francs Cfa, en 2011, soit une croissance d’environ 43%.
Pour les prêts et avances, il est prévu, pour 2012, 200 milliards de francs Cfa. «Les dépenses d'investissement additionnées aux dépenses de fonctionnement et aux dépenses pour prêts et avances donneront un total des dépenses budgétaires, en 2012 de 2.645 milliards et 575 millions de francs Cfa. Les ressources budgétaires totales, en 2012, étant de 3.645 milliards et 575 millions, il se dégage un excédent budgétaire, prévisionnel de 1.000 milliards de francs Cfa. Cet excédent, s’il se concrétise, sera affecté à l'approvisionnement des comptes à terme du trésor public», a-t-il précisé.
Reste, maintenant, aux députés d'examiner, minutieusement, les chiffres présentés et de transformer le projet de budget en loi financière. La commission finances et économie, dirigée par Sylvestre Ossiala, a du pain sur la planche et devra travailler d'arrache-pied, pour y parvenir à temps.

Cyr Armel YABBAT-NGO

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