PANDEMIE DU COVID-19 AU CONGO : Des inquiétudes et des interrogations autour!

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Le coronavirus continue de se frayer du chemin au Congo. Quatre jours après l’identification d’un premier cas d’une personne testée positive, le Premier ministre Clément Mouamba a annoncé mercredi 18 mars l’existence de deux nouveaux sujets contaminés. L’inquiétude des Congolais monte. Ils se demandent si les mesures prises jusque-là par le Gouvernement suffisent à endiguer la propagation de la redoutable pandémie.

 

Les deux nouveaux cas de COVID-19 déclarés sont un ressortissant américain âgé de 37 ans et un Congolais de 46 ans. Arrivés sur le territoire national les 8 et le 12 mars dernier en provenance de Paris, ils ‘’ont observé le confinement à domicile’’, selon la déclaration du Gouvernement rendue publique par le Premier ministre Clément Mouamba. Ce qui porte à trois le nombre des personnes contaminées par l’épidémie.
Par conséquent, le Gouvernement a annoncé de nouvelles mesures de restriction complémentaires aux premières: fermeture des lieux de culte; des établissements d’enseignement préscolaire, primaire, secondaire et supérieur tant publics que privés; des bars dancings, des boîtes de nuit, des caves, des VIP et les rassemblements de plus de 50 personnes, pour une durée de 30 jours.
Faut-il y voir une faille dans le système de riposte mis en place par le Gouvernement? Beaucoup de Congolais s’inquiétent et s’interrogent. Comment, disent-ils, les deux nouveaux cas détectés le 18 mars pouvaient-ils être en confinement chez eux? Qui leur a donné l’autorisation, sachant qu’ils provenaient des pays à haut risques?
Les toutes premières mesures prises par précaution par le Gouvernement pour éviter la propagation de la pandémie ont été, entre autres, l’organisation de la mise en quarantaine pour les voyageurs en provenance des pays à haut risque; l’élaboration d’un plan budgétisé de préparation à une éventuelle épidémie de nouveau conoravirus; l’identification des principaux points d’entrée: aéroports Maya-Maya et Agostino Neto, le Beach de Brazzaville, le poste frontalier de Tchamba Nzassi et le Port autonome de Pointe-Noire; l’équipement de ces points d’entrée de prises de température en équipement de protection individuelle, en produits de désinfection et en fiches de surveillance épidémiologique; l’affectation du personnel supplémentaire au niveau des points d’entrée; l’adoption de la définition opérationnelle des cas telle que recommandé par l’OMS; l’affectation d’un site pour le confinement des cas suspects; la préparation du CHU et de l’hôpital militaire à la prise en charge d’éventuels cas; l’activation d’un numéro vert: 3434 pour toute information en lien avec l’épidémie.
Force est de constater que ces mesures de prévention n’ont pas été strictement respectées. On signale un vol d’Air France où des passagers ont échappé aux contrôles d’usage. Tous étaient rentrés chez eux alors qu’ils devaient être mis en quarantaine. Certains Européens étaient exemptés de la quarantaine au motif que leurs ambassades ont créé des structures appropriées pour leur confinement. Laxisme ou complaisance?
Cette difficulté pour nos autorités à faire appliquer les mesures de précaution nous coûtent chers aujourd’hui. ‘’Si les choses étaient prises au sérieux, on n’en serait certainement pas arrivé là. Le pire serait évité’’, fait-on observer.
Bon nombre de Congolais estiment que la fermeture des vols en provenance des pays à haut risque devrait être prise depuis longtemps, ainsi que l’obligation faite à toute personne provenant de ces pays d’être placées en quarantaine, peu importe sa nationalité ou sa personnalité. La vie des Congolais en dépend.
Les deux nouveaux cas détectés étaient certainement en contact avec d’autres personnes qu’il faudrait retrouver. L’épidémie n’est-elle pas déjà en train de se propager?
Le centre de confinement de Kintelé n’a qu’une capacité de 100 places, alors que les passagers qui débarquent des vols d’Air France ou d’Ethiopian sont plus nombreux. Les conditions sont-elles réunies pour leur mise en quarantaine? Le Gouvernement a-t-il prévu un autre site au cas où celui de Kintelé serait saturé? «Nous avons à Kintelé 100 places, et l’ambassade de Chine a mis à notre disposition à Brazzaville plus d’une dizaine de places. Ce qui nous permet de libérer certaines places à Kintélé et envoyer des personnes dans ces sites de confinement qui sont organisés au sein de certaines entreprises chinoises», expliquait Jacqueline Lydia Mikolo, au cours de la conférence de presse co-organisée avec l’ambassadeur Ma Fulin.

KAUD

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