CORONAVIRUS : Jacqueline Lydia Mikolo appelle à ne pas céder à la panique

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

La première personne testée positive au COVID-19 au Congo est un conseiller du Premier ministre. Il est âgé de 50 ans et est rrivée au Congo le 1er mars 2020 en provenance de Paris, en France, par le vol d’Ethiopian Airlines ET861, après un séjour à Amsterdam, au Pays Bas où il a pris part au salon de l’agriculture. Le patient est actuellement pris en charge par les services de santé. Son état est stable, selon la ministre de la santé Jacqueline Lydia Mikolo qui est passée à la télévision nationale pour apaiser la population qu’elle a appelée à ne pas céder à la panique.

 

Le patient a constaté l’apparition des symptômes caractéristiques deux semaines après son retour au pays. Les tests biologiques réalisés au Laboratoire national de santé publique ont été positifs le 14 mars dernier. Son épouse, de nationalité française, ainsi que leur fille âgée de 6 ans, ont été isolées et sont sous «surveillance permanente».
Le Gouvernement a demandé à toutes les personnes arrivées par ce vol d’Ethiopian Airlines à prendre contact avec les services de santé. De même, il a demandé à toutes celles qui sont entrées sur le territoire national depuis le 1er mars dernier, en provenance des pays à haut risque, et présentant un des symptômes suivants: écoulement nasal, courbatures, toux, mal de gorge, fièvre, difficultés respiratoires, d’appeler les services compétents.
Dans l’entre temps, le patient est bien allé travailler pendant deux semaines, avant d’être testé positif au COVID-19. Il était en contact permanent avec ses collègues de service, les membres de sa famille, les amis, ses collaborateurs; sa fille s’est rendue certainement à l’école, etc. Le cercle de risque de la contamination est vraiment large. Il y a donc de quoi pousser les investigations plus loin.
Pourquoi le patient n’était-il pas en confinement, après son arrivée au Congo, sachant qu’il revenait des pays à haut risque et tout conseiller de la primature qu’il soit? A-t-il subi des contrôles à l’aéroport Maya-Maya où il est passé par le salon diplomatique sans subir les tests d’usage?
Jacqueline Lydia Mikolo a assuré que le patient avait subi les vérifications: prise de température, désinfection des mains. «Cette personne est restée en contact avec les services de santé et au moment où elle a constaté l’apparition des symptômes caractéristiques, elle a alerté les services de santé», a expliqué la ministre.
Ce qui laisse croire que le patient n’était pas en confinement et libre de tous ses mouvements. Une défaillance du système de riposte ou légèreté du personnel médical commis à la tâche?
En tout cas, le premier cas confirmé de COVID-19 sur le territoire national pose plus de questions qu’il n’apporte des réponses rassurantes. «C’est un cas d’importation», a répété la ministre de la santé. Importé ou pas, le virus est déjà au Congo, malgré les différentes mesures prises par le Gouvernement. Tous les cas constatés en Europe où en Amérique sont importés. Il n’y a pas lieu de faire une différence entre un cas local (qui n’existe pas) et importé. Le virus est là. Le patient est Congolais, il a la double nationalité, simplement.
Faut-il y voir une faille dans le système de riposte mis en place? A cette préoccupation, Jacqueline Lydia Mikolo a répondu par la négative. «Le Congo n’est pas le premier pays africain ou de l’Afrique centrale a déclaré un cas de COVID-19. Il n’y a pas de faiblesses dans le système de santé. Il n’y a pas à avoir de crainte ni de honte à importer un cas. L’essentiel pour nous, c’est que ce cas a été maîtrisé», a-t-elle rassuré.
Quant aux personnes ayant pris attache avec le patient, la ministre a dit que ses services reçoivent beaucoup d’appels. «Nous sommes en train de retracer tout le cercle familial, tout le cercle professionnel et les passagers qui se sont déjà manifestés. Pour la plupart, certains sont à l’étranger ou ont certainement déjà quitté le territoire national. Les passagers qui nous intéressent le plus, ce sont ceux qui étaient assis dans la même cabine que la personne et dans les sièges les plus proches. Nous sommes déjà en contact avec eux», a-t-elle affirmé.
Après la confirmation d’un premier cas de COVID-19, le Congo est passé de la première phase à la deuxième, celle de la pandémie. A ce stade, «il n’y a pas besoin de prendre des mesures aussi drastiques. Nous ne sommes pas à comparer avec les pays qui ont déjà développé une contamination locale de la maladie», a-t-elle déclaré.
Et d’ajouter: «Il s’agit d’une seule importation qui est maîtrisée et prise en charge. Les mesures de précaution et de prévention sont certes à renforcer, mais il n’y a pas lieu de céder à la panique ou de fermer les écoles, sauf les établissements scolaires dans lesquels il y aurait eu le passage des personnes qui ont été confirmées ou suspectées. De manière préventive, il n’y a pas lieu de s’inquiéter», a rassuré Jacqueline Lydia Mikolo.
La ministre pense qu’il faudra toutefois renforcer la prise en charge. «Cela nécessite des moyens financiers», a-t-elle indiqué, tout en soulignant que l’entourage du patient a subi les tests qui se sont révélés négatifs. «Il n’ y a aucun membre du Gouvernement testé positif au COVID-19 et le Premier ministre est sain et sauf. Son test est négatif», a-t-elle conclu.

KAUD

Informations supplémentaires