INTERVIEW : Honoré Sayi réplique à Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou

  • Imprimer
Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Porte-parole de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), Honoré Sayi, député de la deuxième circonscription de Dolisie, a répondu à Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou. Au cours d’une émission de Radio-Congo, l’homme de la Chaine, n’a épargné ni l’UPADS, ni son premier secrétaire. Morceaux choisis.


*En tant que porte-parole de l’UPADS, quelle lecture faites-vous de la vie politique nationale?
**Il ne s’agit peut-être pas d’avoir une vue toute simple de ce qui se passe actuellement. Nous avons au niveau de notre parti posé des questions qui se résument en une. Si vous regardez lors des débats au Parlement, le jeune Jérémie Lissouba avait, d’une façon ou d’une autre, interpellé le premier ministre sur le sens que prend le pays dans la conduite des affaires publiques. On ne va pas dire autrement ce que tout le monde dit. Le pays, du point de vue de l’économie, est soumis au diktat actuel, à la fois de la Chine et du FMI. Du côté de la santé, vous connaissez le délabrement des structures sanitaires de notre pays. Eventuellement, s’il y avait une statistique fiable sur les taux de mortalité, on aurait pu tout comprendre. Mais toujours est-il que tous ceux qui se rendent à l’hôpital savent à peu près que sont les soins de santé publique qui sont offerts aujourd’hui. L’école, c’est ce que tout le monde sait. Y’ a-t-il eu réellement ou pas rentrée? Chacun dans son for intérieur connaît. Il ne s’agit pas de lire les rentrées scolaires à partir du prisme de Brazzaville. Il faut avoir été à l’intérieur et se faire une opinion juste et profonde. Lorsque les parents n’ont pas eu les moyens à temps pour envoyer leurs enfants à l’école, on peut présumer de cela que le système éducatif que nous avons aujourd’hui appelle quand même à une refonte ou une orientation profonde. Est-ce qu’il s’agit de continuer avec le modèle uniquement de recherche de diplômes tel que cela a lieu? Est-ce qu’il s’agit de former les citoyens qui peuvent avoir le sens de de la mise en exergue de la capacité building. Je crois que de plus en plus le système scolaire inspiré du modèle français ne produit pas assez d’effet dans nos sociétés, sinon que l’on crée des fonctionnaires, alors que le système anglo-saxon, par contre, oriente les gens vers la création et la floraison des génies. Le Congolais comme le Français se soucient de la retraite, mais le fonctionnaire anglo-saxon cherche à créer ou inventer une fois qu’il a passé quelques moments au sein de la fonction publique. Nous ne sommes certainement pas au mieux d’une civilisation qui aspire à aller de l’avant, c’est-à-dire au progrès.  

*Que vous inspire la vague actuelle d’adhésions massives constatées au PCT?
**Le principe est tout simple. Si vous voulez faire courber tout le monde, il faut assécher partout. Tous ceux qui y vont, je ne dis pas pour quelle raison, peut-être qu’ils croient en ce que le parti professe. Je crains essentiellement que ce soit une façon pour tous de s’agripper autour de quelque chose. Il s’agit de survivre. Est-ce que ce n’est pas par instinct de survie qu’ils s’orientent tous là-bas? Est-ce qu’ils ne sont pas tous devenus des poissons pour suivre le cours de l’eau? Je ne vais pas juger de leur capacité à avoir pris telle ou telle autre option, mais de l’extérieur, je regarde le mouvement comme un mouvement holistique. On ne peut pas comprendre qu’en seulement quelque temps, on ait pu renoncer à ce que l’on appelait à l’époque un parti unique, qu’on voit des gens désormais se ruer encore vers les confins d’un autre parti politique. C’est simplement déplorable. C’est peut-être tant mieux pour le PCT, mais pour la République, je ne sais pas ce que l’on cherche et cache. La loi saura par ailleurs tirer les conclusions de changements de parti en cours de législature pour certains.

*Monsieur Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou, président de La Chaîne, était récemment très critique vis-à-vis de l’UPADS et de son premier secrétaire. Quelle est votre réaction à l’UPADS?  
**Encore que j’ai trouvé beaucoup de la hauteur et de la grandeur dans la conduite du premier secrétaire de l’UPADS de n’avoir pas répondu. Monsieur Kignoumbi souffle le chaud et le froid. Certainement qu’il aime renvoyer dos à dos la majorité et l’opposition. Ce qui ferait un peu plus mal, ce n’est pas qu’on lui hôte le sens de la critique, non! Il survit de cela. Qu’il ait plus critiqué le PCT, le Gouvernement en place ou tout autre chose, c’est son droit. Se rapporter également à cette personne qui est désormais porteuse des opinions de l’opposition politique, c’est également un droit. Par contre, il y a quelque chose qui relève de petits comportements. Vous savez, les gens qui manifestement font preuve de petits comportements se soucient d’une seule chose, autant ils parlent d’autrui, autant ils s’ignorent eux-mêmes. Raymond Aaron disait: «Ce sont des gens qui se comportent eux-mêmes comme des monstres, mais un montre préférable à d’autres monstres que sont les autres». Le cas de Monsieur Kignoumbi est peut-être résumé par une formule que j’ai trouvée auprès de Mbilia Bel, lorsqu’elle dit d’une rivale qu’elle lui fait la guerre pour qu’elle soit connue, se fasse une grosse tête. Pour autant que Kignoumbi ne livre pas la guerre à Tsaty-Mabiala, il ne sera jamais connu. Et, il s’attend à ce que Tsaty-Mabiala réplique pour que dans l’opinion on se dise que Kignoumbi est le rival de Tsaty-Mabiala. Là où il est teinté de forfaiture, c’est qu’il est constant dans cette pratique depuis la fondation de l’UPADS. Depuis que les autres étaient allés en exil et sont rentrés de cet exil, il ne se préoccupe essentiellement que des choses à titiller. Quel est le projet de société réel qu’il incarne, on ne voit pas! Quelle est sa réflexion profonde pour que le pays aille de l’avant? Sur la base de simples critiques puériles et la médisance. Peut-on construire le Congo? Il se comporte effectivement comme ce type de nègre que la colonisation a laissé. Ce sont les vestiges de la colonisation, les mêmes qu’on trouve lorsqu’il y a eu la traite négrière. Vous savez, chez nous au Congo et peut-être en Afrique, il y a ce qu’on appelle les intellectuels de maison qui sont assimilés aux Noirs de maison qui ont pour adversaires les Noirs des champs ou ceux-là qui aspirent à apporter une certaine modification dans le pays. Ces intellectuels maisons n’ont qu’un seul souci, tirer le drap de leur côté. La politique devient pour eux un jeu dont ils cherchent essentiellement à tirer le meilleur profit pour eux-mêmes. Ça peut s’illustrer. Comment voulez-vous qu’un homme avec un seul député et lui-même seul élu, peut avoir une grande place au bureau de l’Assemblée nationale? Pour une seule voix, si jamais cette personne ne pactise pas avec ceux qui font la majorité actuelle, (il n’aura aucune existence, Ndlr). Vous savez, il y a beaucoup de choses à dire dessus, mais par respect pour la personne et certainement en se guidant du principe biblique, on dirait: «Dieu pardonne leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font». On se résout parfois à ne pas mettre au grand public ce que sont certaines personnes. Il vaut bien se réserver, sinon c’est faire la propagande de ceux qui courent assidûment après la reconnaissance.

*Comment aviez-vous apprécié ses déclarations?
**Ce sont des déclarations d’une personne qui est extérieure à l’UPADS. Pourquoi voulez-vous que ça nous fasse quelque chose? Dans le pays, la plus grande propagande et la meilleure qui soit, c’est de dire des mauvaises choses contre l’UPADS. C’est de dire que l’UPADS, se servirait à tel ou tel râtelier pour gagner un peu plus d’audience. La preuve, on ne l’apporte jamais; les assertions sont toutes gratuites. Tout ça, c’est pour faire quoi? Ils sont en train de chercher une certaine virginité politique, non! C’est même un blanchissement politique qu’ils recherchent. Vous savez qu’ils ont tellement fait mal, ils ont servi de marionnette à tous. Ce sont des valideurs de vote et des bouffons du roi. Pour continuer à gagner la même audience, ils continuent à être des opposants de façade. Comme dit le Fable: «Tout bon flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute». Pour continuer à bénéficier de ses prébendes, il doit dire des choses de ce genre et se faire admirer des gens qui ne connaissent réellement pas la vérité. Nous sommes assez patients et nous savons qu’un jour, la patience apportera son fruit même en l’escaladant.
*Pourquoi ce regard critique vis-à-vis de l’UPADS
**Il faut lui poser la question. Si j’étais aussi simple, je dirais qu’il est tellement assoiffé du pouvoir de l’UPADS! Quand tu as été au vote et que tu as eu 0,5% des voix à l’élection présidentielle, il vaut mieux envier convoiter celui qui a été élu et non celui qui est crédité d’à peine 5% de suffrages si l’on tient réellement à prendre le pouvoir et l’exercer. S’il avait 5% comme Tsaty-Mabiala, je crois qu’il aurait fait en peu plus de bruit. Mais, il a 0,5%. C’est pas un phénomène rare. Il est courant même, de voir que certaines grenouilles veulent se faire aussi grosses que des bœufs. C’est son cas. Il nourrit une animosité, une fragilité, une méchanceté inexplicables vis-à-vis du premier secrétaire pour des raisons que tout le monde peut connaître. Je n’ai pas envie de blesser des gens. Il sait pourquoi il le hait. Simplement qu’il porte des fruits et qu’il souhaite prendre sa place. Tout comme le renard qui attend que le corbeau lâche le fromage à l’ouverture de son bec. Là, il est aux aguets, il attend et il attendra longtemps. Personne ne lui cédera cela. C’est de ça qu’il est question.

*Est-il vrai que le premier secrétaire de l’UPADS pactise avec le pouvoir?
**Que signifie pactiser avec le pouvoir? Est-ce être dans les Institutions de la République? Est-ce apporter loyalement ses contributions pour le mieux-être du pays et de sa population?  Est-ce entretenir le climat de bonne entente entre les acteurs politiques du pays et se résumer à considérer que ce qui nous unit est plus important que ce qui nous désunit? Le premier secrétaire de l’UPADS ne remâche pas un échec ou une déconfiture quelconque.  Il n’a pas besoin d’une opposition frontale pour satisfaire certains et offrir un soutien critique aux autres. En épuisant l’envergure d’homme d’Etat, il sait simplement faire et agir pour l’intérêt suprême de la nation. C’est ce que le professeur nous a enseigné. Etre continument un nationaliste et non un nationaliste par éclipse. Si pactiser avec le pouvoir, c’est se mettre résolument et distinctement au service du pays, la réponse est toute simple oui. Le reste n’est que démagogie et flagornerie. J’ai simplement bon droit de croire que ce n’est pas de moi que je parle lorsque je parle de toi.

Propos recueillis
Cyr Armel YABBAT-NGO