SÉCURITÉ ALIMENTAIRE : Un réseau des alliances parlementaires de la sous-région est né

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Il s’est tenu à Brazzaville, du 19 au 21 novembre 2019, le Forum sous-régional des parlementaires de l’Afrique centrale sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Sous le thème: «Une vision commune pour une alimentation et une nutrition améliorées à travers une agriculture durable», il a été organisé par le Parlement congolais, en collaboration avec le système des Nations unies, sous le patronage du chef de l’Etat, Denis Sassou-Nguesso. Son objectif était de créer un réseau des alliances parlementaires de la sous-région Afrique centrale pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.

 

De manière spécifique, il s’agissait de sensibiliser les parlementaires sur la sécurité sanitaire des aliments transformés localement ou importés selon l’approche «une seule santé»; susciter l’adhésion des parlementaires à la création des alliances nationales et au réseau des alliances parlementaires de la sécurité alimentaire et nutritionnelle; valider les textes juridiques du réseau des alliances parlementaires de la sécurité alimentaire et nutritionnelle; soumettre aux parlementaires un modèle standard pour la création des alliances nationales; mettre en place des instances de direction et d’animation du réseau.
En effet, l’expérience a démontré que lorsque les programmes de lutte contre l’insécurité alimentaire sont régis par un cadre législatif adéquat, les indices s’améliorent considérablement. Cette évidence met en lumière le rôle clé des parlementaires comme garants du droit à l’alimentation et à la nutrition.
Ayant la capacité de légiférer, d’assigner le budget et de veiller à la bonne gouvernance de l’exécution, ils sont les mieux placés pour attirer l’attention sur la question de la sécurité alimentaire et la nutrition.
Pour la représentante de l’UNICEF, Mme Micaela Marques de Souza, ce forum a été une occasion historique pour les parlementaires d’Afrique centrale d’échanger et, surtout, de convenir des actions fortes à mener dans leurs pays respectifs, afin de changer cette situation pour le bien des enfants de la sous-région.
«L’organisation de ce forum, témoigne de la volonté manifeste du Congo à contribuer significativement à l’élimination de la faim et de la malnutrition sur toute ses formes d’ici 2030», a dit, pour sa part, le coordonnateur sous régional de la FAO.
Les parlementaires, responsables au premier chef des lois, du budget et de la surveillance des options des pouvoirs publics, a-t-il ajouté, «sont les mieux indiqués pour porter la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans l’agenda politique et législatif».
Prenant la parole, Mme Suze Percy Filippini, représentante de la FAO au Congo, a estimé que la thématique de ce forum est déterminante pour le devenir des populations en rapport avec l’agenda 2030, à savoir la sécurité alimentaire et nutritionnelle. «La mise en place du réseau des parlementaires n’est pas une fin en soi. Garants du droit à l’alimentation et à la nutrition, les parlementaires auront la lourde mission de contribuer significativement à conduire nos sociétés vers la faim zéro à l’horizon 2030», a-t-elle déclaré.
De son côté, la secrétaire générale adjointe de la CEEAC, Mme Thérèse Chantal Mfoula, a fait savoir que le secrétariat général de son institution soutenait l’action et le processus de la mise en place d’un réseau des parlementaires.
Ces alliances parlementaires, a dit Isidore Mvouba, président de l’Assemblée nationale, visent l’émergence d’une agriculture durable pour lutter efficacement contre la faim. «J’ai la ferme conviction que la mise en place du premier réseau des alliances parlementaires sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle d’Afrique centrale a un bel avenir pour l’agriculture, la pêche et l’aviculture dans nos Etats respectifs».
En référence à l’évolution encourageante des maladies évitables par la vaccination, le président de la République pense qu’il faut impérativement remporter la bataille de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. «Grâce aux multiples atouts disponibles, en l’occurrence une pluviométrie abondante, des sols de grande fertilité, un réseau hydrographique dense, des terres cultivables disponibles, un ensoleillement appréciable, atteindre des niveaux conséquents de sécurité alimentaire et nutritionnelle est possible en Afrique centrale, sous-région où tout se prête à l’agriculture», a rappelé le chef de l’Etat.
Cet objectif, selon lui, ne pourra être atteint sans l’élimination des discriminations hommes-femmes et la participation de celles-ci à la prise de décision. «J’en appelle donc, à une plus grande autonomisation des femmes et à l’égalité des genres comme levier de sécurité alimentaire et nutritionnelle au sein de la CEEAC», a lancé le chef de l’Etat.
Dans cette optique, il a exhorté les partenaires au développement, notamment la FAO, le PAM et le PIDA, à consolider davantage cette problématique transversale qui augure de ce que sera la sécurité alimentaire en Afrique centrale. «De même, nos Etats doivent s’enrichir des prescriptions internationales et se retrouver en bonne place, au sein des dynamiques mondiales de réponse aux défis alimentaires et nutritionnels en présence. De la sorte, la mise en place des alliances parlementaires nationales ne saurait constituer une fin en soi. Il ne suffira pas uniquement d’inscrire l’importance de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le dispositif législatif. Plus que jamais, l’heure est à l’action», a-t-il ajouté
Il a demandé aux parlementaires de privilégier une perspective législative articulée par une vision communautaire globale, en ce qui concerne les politiques sociales solidaires, sous tendues par une intégration sous régionale effective.
Pour le chef de l’Etat, il faut quitter le domaine des incantations stériles pour engager résolument des politiques, des plans et des projets agricoles cohérents et intégrateurs, afin de rétablir l‘Afrique centrale dans son rôle incontestable de grenier continental. «Elus du Peuple et en votre qualité de législateurs, il vous faut montrer l’exemple en devenant des acteurs pragmatiques de première ligne sur le terrain, au rythme d’un parlementaire, un Champ, de préférence chacun d’entre vous dans sa circonscription électorale», a-t-il recommandé.

Cyr Armel YABBAT-NGO & Jeannette Laure MAVOUNGOU (Stagiaire)

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