ASSEMBLÉE NATIONALE : Questions orales, le Gouvernement à la peine!

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La séance des questions orales avec débats organisée à l’Assemblée nationale le 13 novembre 2019 a tenu ses promesses. Les travaux étaient présidés par Isidore Mvouba, président de la chambre basse du Parlement. Le Gouvernement était conduit par le Premier ministre Clément Mouamba.

 

Seuls 9 ministres sur 15 concernés ont répondu aux questions des députés qui n’ont pas fait de quartier au Gouvernement. Denis Christel Sassou-Nguesso s’en est pris d’abord au Premier ministre sur la question de la diversification de l’économie: «Force est de constater qu’il est difficile de diversifier une économie si on ne la rend pas avant tout attractive par des mesures structurantes, afin qu’elle devienne compétitive. L’amélioration du climat des affaires est une condition sine qua non pour diversifier une économie. La place qu’occupe notre pays dans le dernier classement Doing Businesse, c’est-à-dire 185 sur 190, nous rappelle qu’à ce jour, au-delà des efforts indéniables, notre économie n’est pas attractive, ce qui ne permet pas d’attirer les investissements nécessaires qui lui permettront d’atteindre l’objectif de diversification».
Il voulait savoir les mesures et réformes envisagées qui devront être mises en place pour permettre au pays de devenir véritablement une terre d’investissement afin que la diversification ne soit pas un simple slogan mais une réelle vision.
A l’endroit du ministre de l’Agriculture, le député d’Oyo est parti d’un constat: «Depuis plus de 40 ans, nous nourrissons des grandes ambitions pour offrir à l’agriculture une place de choix dans notre économie pour , in fine, garantir la sécurité alimentaire et protéger par la même occasion le pouvoir d’achat de nos compatriotes. Plusieurs initiatives ont été prises: agriculture, station fruitière de Loudima, l’édification du lycée agricole Amical Cabral, l’Office du café et du cacao (aujourd’hui disparu), la mise en place des villages agricoles, le centre de démonstration des techniques agricoles de Kombé, le Fonds de soutien à l’agriculture, le PDAC en partenariat avec la Banque mondiale ou 100 millions de dollars seront mobilisés sur 5 ans afin de booster l’agriculture commerciale. Toutes ces initiatives ont donné lieu à des objectifs ambitieux: agriculture priorité des priorités, autosuffisance alimentaire d’ici l’an 2000, une école un champ, etc. Cependant, force est de constater que depuis, notre pays n’est toujours pas autosuffisant et toujours tributaire d’importations qui se chiffrent à plusieurs milliards de francs Cfa et l’agriculture représente moins de 4% de notre produit intérieur brut. Notre agriculture, essentiellement rudimentaire, reste donc l’un des ventres mous de notre économie».
Il a posé la question de savoir si un bilan objectif de toutes ces politiques agricoles avait été effectué afin de tirer les leçons des échecs et consolider les acquis des réussites. «Pouvez-vous éclairer la représentation nationale sur la vision de notre pays dans le domaine agricole pour garantir la sécurité alimentaire de nos compatriotes?», a-t-il demandé.
Jérémy Sylvain Lissouba a interrogé le Premier ministre sur les difficultés que rencontre le Gouvernement dans l’exécution des dépenses sociales. «Pensez-vous qu’il faille repenser le modèle social congolais, et si oui, quelle est la vision proposée et quelles sont les réformes engagées, pour rendre ce modèle économique soutenable, plus inclusif et hautement plus performant dans les années à venir», a-t-il indiqué.
Aimé Hydevert Mouagni est, quant à lui, revenu sur la Haute Cour de justice qu’il a qualifiée d’amorphe. Il a pour cela interpellé le ministre de la Justice: «Lors de la prestation de serment du président de la République le 16 avril 2016, il avait insisté sur la rupture avec  les antivaleurs. Cette ne devrait pas seulement être une incantation de simple litanie des antivaleurs, mais plutôt une mesure rigoureuse visant à punir les auteurs de ces faits…Il y a quelque temps, peu avant le changement de la Constitution, un ancien ministre des finances déclara publiquement ici à l’Assemblée nationale, que le Congo avait trop d’argent. Que s’est-il passé pour que nous nous retrouvions dans cette situation où les salaires ne sont même plus payés. Pourquoi la Haute Cour de justice est-elle amorphe depuis sa mise en place? Pensez-vous, avec cette omerta sur l’amorphie de celle-ci que vous donnerez satisfaction aux aspirations du peuple en la matière; sachant qu’il y a bel et bien eu enquêtes préliminaires sur lesdits  détournements?».
Le vice-Premier ministre Firmin Ayessa était interpellé par Bonaventure Boudzika sur les difficultés qu’éprouve le Gouvernement dans la mise en œuvre de l’autonomisation de la retraite.
Le député Isidore Lenga a posé une question au Premier ministre sur les ‘’bébés noirs’’. Pour lui, ce phénomène devient un problème récurrent créant de façon permanente l’insécurité réelle et la psychose aux populations vivant dans les villes de Brazzaville et Pointe-Noire: «Quelles sont les dispositions actuelles prises par le Gouvernement pour éradiquer  définitivement ce phénomène?».
Cyr Ebina, député d’Ignié, a demandé au Premier ministre, les premières mesures de réformes déjà mises en œuvre sur les 48 recommandées par le FMI dans le cadre de l’accord conclu le 11 juillet 2019.
Eu égard aux coûts élevés des passages à niveau des péages qui seraient à l’origine de l’inflation des prix des denrées alimentaires, Cyr Ebina a demandé au ministre Jean Jacques Bouya s’il n’était pas nécessaire en cette période de crise économique de supprimer les péages ou, en tout cas, de les réduire au nombre de deux sur les 7 qui existent sur la route nationale n°1.
La flambée des prix sur le marché était l’une des préoccupations de Ferréol Constant Gassackys, adressées au ministre d’Etat Alphonse Claude N’Silou. «Que se passe-t-il?». Tout comme les pénuries récurrentes en carburant  tous les deux mois à Brazzaville. Une question destinée au ministre des Hydrocarbures. «Quelle stratégie préconisez-vous pour mettre un terme à ces manquements qui finissent par exaspérer les consommateurs?».
A ces préoccupations, le Gouvernement a tenté de dire sa part d’explications. «Les raisons pour lesquelles on n’arrive pas à exécuter de façon optimale les dépenses sociales sont consécutives au faible niveau de mobilisation des ressources», a répondu Clément Mouamba, tout en estimant que le choix de la diversification est loin d’être un slogan encore moins une mode.
Quant à l’autonomisation de la retraite, Firmin Ayessa pense que celle-ci ne peut être fiable que si l’ensemble du processus est entièrement informatisé.
Sur la hausse drastique des prix sur les marchés, Alphonse Claude N’Silou a marqué son indignation: «Je suis contre l’augmentation des prix. Je ne cesse de répéter aux commerçants de dénoncer les contrevenants en communiquant leurs numéros d’identification».
Répondant sur les pénuries récurrentes de carburant observées à Brazzaville, le ministre des Hydrocarbures, Jean Marc Thystère Tchicaya, a laissé les députés dubitatifs. Pour lui, seuls l’aboutissement du projet de construction de l’oléoduc entre Pointe-Noire, Brazzaville et Ouesso, en phase finale d’études, et la construction à terme d’une nouvelle raffinerie d’une capacité minimum de 5 millions de tonnes pourront pallier le déficit du marché intérieur en produits pétroliers finis.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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