POLITIQUE : César Ganao conteste la dissolution de l’UFD, le parti fondé par son père

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Fils aîné de l’ancien Premier ministre Charles David Ganao, décédé en juillet 2012, César Ganao conteste la dissolution de l’Union des forces démocratiques (UFD), dont il est membre, et sa fusion au sein du Parti congolais du travail (PCT). L’UFD, qui a été fondée au lendemain de la Conférence nationale souveraine de 1991 par l’ex-Premier ministre de Pascal Lissouba, était jusqu’au 24 octobre dirigée par Josué Rodrigue Ngouonimba. Voici l’intégralité de sa réaction.

 

Nous avions été nombreux à suivre, le 24 octobre 2019, le compte rendu de la réunion du Bureau politique de l’Union des forces démocratiques (UFD), qui a prononcé la dissolution de ce parti et sa fusion au sein du Parti congolais du travail (PCT), la formation au pouvoir présidée par Denis Sassou-Nguesso. Lu d’un ton revêche par un responsable de l’UFD, ce compte rendu avait l’allure d’une décision prise sur un coin de table, autoritaire et sans réel consensus. Les raisons invoquées pour dissoudre l’UFD nous semblent légères, mesquines et d’un opportunisme sans pareil.
Petit rappel : créée à l’issue de la Conférence nationale souveraine de 1991 par notre Patriarche Charles David Ganao, ancien ministre des Affaires étrangères, ex-Premier ministre, décédé en juillet 2012, l’UFD fait depuis 2002 partie intégrante de la Majorité présidentielle - ce groupement de partis et associations politiques qui soutient l’action du Chef de l’Etat. Initié par le Fondateur de notre parti, cet engagement auprès du Président Sassou N’Guesso n’a jamais été remis en cause par qui que ce soit à l’UFD. Nous souhaitons simplement continuer à appuyer le Chef de la Majorité présidentielle, tout en gardant notre identité et nos propres valeurs, qui sont la justice, la fidélité et le courage. Halte donc au zèle et à la fourberie !
Pour justifier la «mort» de l’UFD, le Bureau politique, piloté par Rodrigue Ngouonimba, se réfère à la loi organique 20-2017 du 12 mai 2017, relative aux conditions de création, de fonctionnement et modalités de financement des partis politiques, auxquels ne satisfait certes pas encore notre parti. Mais ce Bureau politique oublie de signaler que rares sont les partis, de la Mouvance présidentielle comme de l’opposition, qui répondent aux exigences et critères de la dite loi. Ces responsables de partis n’ont pourtant jamais dissous leurs formations et fuient leurs responsabilités. Ils les assument et continuent de lutter. En outre, les statuts de l’UFD (article 96) stipulent que « l’Union des forces démocratiques ne peut être dissoute que par décision d’un congrès convoqué à cet effet». Un congrès a-t-il été organisé ? Que nenni.
Alors, au lieu de se hasarder à des manipulations et autres expérimentations douteuses, le responsable de l’UFD aurait mieux fait de quitter le parti et laisser les militants de notre «Maison commune» se réorganiser et poursuivre à leur façon le combat, même s’ils sont dépourvus de moyens financiers. On ne fait pas de l’argent «l’horizon indépassable de toute éthique et de toute politique», écrit le philosophe français Michel Onfray. La principale vertu d’un homme politique doit être le courage. Le courage de dire la vérité, de respecter et assumer les orientations de ses prédécesseurs. Une attitude que n’a jamais adoptée l’ancienne direction de l’UFD, engoncée qu’elle était dans l’amateurisme et le je-m’en-foutisme. Dans La Semaine Africaine du 25/10/2019, Rodrigue Ngouonimba déclare: «Nous intégrons le PCT parce que nous voulons participer aux débats d’idées et non pour ménager un bien matériel». Pourquoi diable n’a-t-il jamais lancé de véritables «débats d’idées» au niveau du parti que lui a laissé son grand-oncle Charles David Ganao ? Et il n’envisage pas de «ménager un bien matériel». Ah bon? Cela reste à vérifier...
Un parti politique, selon le dictionnaire Larousse, est une «association structurée qui rassemble des citoyens unis par une philosophie commune, qui inspire son action, avec comme objectif la conquête et l’exercice du pouvoir». C’est donc une organisation au service d’une idée. Et le vrai leader est celui qui est chargé de l’animer, d’éclairer la route aux militants et sympathisants qui n’ont souvent pour conviction que leur espérance. A l’image de son fondateur, l’UFD devait être une école de travail et de tolérance sur la scène politique congolaise. Mais la veste était sans doute trop ample pour les successeurs, dont la plupart sont sans épaisseur politique véritable.
En conclusion, à tous les membres de l’Union des forces démocratiques, le 6 juillet 2012 fut pour nous tous une date sombre. Une date qui a fait de nous des orphelins, suite à la disparition du Président-fondateur de notre parti. Aujourd’hui, il n’est pas question que nous le soyons à nouveau après ce «meurtre politique». Les lois du pays vont probablement nous empêcher d’utiliser les symboles de notre UFD. Mais continuons à conserver au plus profond de nous-mêmes nos idéaux et apportons notre contribution au développement de notre cher Congo. Le Patriarche disait lui-même que «le développement d’un pays est l’affaire de son peuple. Et un peuple ne peut assurer son développement que dans la liberté, dans cette liberté elle-même libératrice d’énergies et génératrices d’initiatives, dans l’unité, la confiance et la foi en soi et dans les autres, en un mot dans la démocratie».

César GANAO
Fils aîné de Charles David Ganao et membre de l’UFD

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