DROITS DE L’HOMME : Paris attend des actes concrets en faveur de l’opposant Jean-Marie Michel Mokoko et des autres prisonniers politiques

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En visite de travail à Paris, en France, où il est arrivé le 2 septembre 2019, Denis Sassou-Nguesso s’est entretenu le 3 septembre à l’Elysée avec Emmanuel Macron, avant la séance de travail qui a abouti à la signature de trois accords dans les domaines de l’environnement, de la santé et de l’éducation. Peu avant, le ministre français des Affaires étrangère, Jean-Yves Le Drian, avait, devant l’association de la presse diplomatique, fait savoir que Paris attendait des actes de la part de Brazzaville sur le cas de l’opposant Jean-Marie Michel Mokoko.

 

Le président congolais a été reçu par Emmanuel Macron, dans le cadre d’une visite de trois jours, à l’invitation de son homologue français. En tant que président de la commission Climat du bassin du Congo et du Fonds bleu pour le bassin du Congo, Denis Sassou-Nguesso joue le rôle de porte-parole du deuxième poumon écologique du monde.
Outre les accords bilatéraux concernant la santé et l’éducation, un protocole de coopération a été signé sur le renforcement de la capacité des cadres, le développement durable, la gestion des aires protégées, l’écotourisme et la protection de la réserve de carbone que sont les tourbières du Nord-Congo.
Une lettre d’intention engageant 65 millions de dollars pour la préservation de la forêt tropicale du Congo a été signée par le président Macron. Couvrant 23,9 millions d’hectares qui représentent 69,8% du territoire national, les forêts du Congo constituent une source inestimable de biodiversité et de stocks de carbone.
L’accord signé prévoit notamment la mise en œuvre de plans d’utilisation des sols favorisant la protection et la gestion durable des tourbières, en interdisant tout drainage et assèchement. Découverte en 2017 dans le bassin du Congo, ces tourbières revêtent une importance vitale dans la lutte contre le changement climatique, car elles contiendraient près de trois années d’émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Dans cet accord, le Congo s’engage à ne pas convertir plus de 20.000 hectares par an, et ce uniquement en dehors des zones à haut stocks de carbone et à haute valeur de conservation.
Certains sujets phares de la vie politique congolaise ont été au menu de la visite de Denis Sassou-Nguesso à l’Elysée. Devant l’association de la presse diplomatique, le chef de la diplomatie française a exprimé le vœu de son pays sur la situation de l’opposant incarcéré Jean-Marie Mokoko. «Je lui ai parlé de Jean-Marie Michel Mokoko et d’autres personnes en lui disant qu’on attendait de sa part des actes…Je le lui ai dit avec fermeté et je pense que le président de la République lui dira la même chose», a déclaré Jean-Yves Le Drian.
L’opposant a été condamné à 20 ans de travaux forcés pour «atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat».
Plusieurs organisations de défense des droits humains exigent la libération de Mokoko, ainsi que celle d’André Okombi-Salissa, deux opposants qui ont contesté la victoire de Denis Sassou-Nguesso à l’élection présidentielle de 2016. L’exigence de Paris ne saurait être anodine vu que le prochain scrutin présidentiel aura lieu en 2021.
Peu avant la France, le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, institution rattachée au Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, avait estimé que la détention de l’ancien candidat à la présidentielle de 2016 était arbitraire.
Une décision qui procédait de l’examen de la requête introduite par les avocats de l’ancien chef d‘état-major (1978-1993). Dans cette requête, les avocats de Mokoko ont fait état, entre autres, de l’illégalité de la prolongation de la détention du général, son assignation à résidence surveillée.
Des allégations «à première vue crédibles», selon le groupe de travail, même s’il n’a pas examiné la déposition du Gouvernement parce que parvenue au-delà du délai. En mai dernier, l’organe avait donné jusqu’au 3 juillet pour que Brazzaville lui envoie sa réponse au sujet du cas Mokoko. Mais, ce n’est que le 12 juillet que le Gouvernement a sollicité un prolongement du délai.
C’est ainsi que le groupe de travail a appelé Brazzaville à procéder à la libération de l’opposant. L’organe plaide également pour son indemnisation et l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les raisons de cette détention.

KAUD

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