ASSEMBLEE NATIONALE : «Il n’y aura pas de réduction de la masse salariale», affirme Clément Mouamba

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Le Gouvernement était face à la représentation nationale le 25 juillet 2019 pour une séance de questions d’actualité liée à l’accord signé avec le FMI, au titre de la facilité élargie de crédit. L’auteur des questions, le député Venance Mogna, a saisi l’opportunité de l’approbation de ce programme pour vouloir en connaître les grandes lignes; les termes de la facilité élargie de crédit; les actions urgentes que le Gouvernement a résolu de mener dans la perspective de la prochaine revue au mois de décembre prochain; les mesures liées à cette facilité élargie de crédit et quel en sera le coût social; la nécessité de déposer un collectif budgétaire au Parlement.

 

Le Premier ministre a rappelé que le programme signé avec le FMI vient appuyer les efforts du Gouvernement dans la mise en œuvre des réformes économiques et financières. Il donne la priorité, selon Clément Mouamba, aux cinq grandes lignes suivantes: le rétablissement de la viabilité budgétaire et la restructuration de la dette qui s’effectueront par le renforcement accru de la gestion des finances publiques et la mobilisation des recettes intérieures en particulier dans le secteur non pétrole ainsi que la réduction des dépenses; les réformes structurelles qui visent à renforcer la diversification économique, à améliorer le climat des affaires, à rendre la croissance plus inclusive; l’amélioration de la gouvernance qui, dans l’esprit de cet accord, se fera entre autres à travers l’opérationnalisation de la Haute autorité de lutte contre la corruption, la déclaration de patrimoine de tout citoyen nommé ou élu à une haute fonction publique, l’amélioration de la performance de la justice et la transparence des finances publiques; le renforcement du capital humain au moyen des mesures qui visent à la protection des groupes les plus vulnérables; la reconstitution des réserves de change.
S’agissant des termes de cette facilité élargie de crédit, Clément Mouamba a dit que celle-ci a pour objectif de soutenir le programme économique et financier du Congo pour les trois ans à venir. «Le montant est de 448,6 millions de dollars, soit 246,9 milliards de F.Cfa pendant la durée du programme. Le taux d’intérêt est de 0%. Les décaissements sont effectués tous les six mois. Mais, ils sont conditionnés d’abord par le respect des critères techniques d’évaluation, mais également par la mise en œuvre des 48 mesures dont 7 ont déjà été exécutées contenues dans le mémorandum de politique économique et financier», a-t-il précisé.
Pour le premier ministre, l’accord conclu avec le FMI ouvre la voie aux appuis budgétaires qui seront apportés par d’autres partenaires multilatéraux et bilatéraux, soit 780 milliards de F.CFA.
«Quant aux actions urgentes que le Gouvernement a résolu de mener dans la perspective de la prochaine revue au mois de décembre prochain, Clément Mouamba a laissé entendre que la première revue semestrielle sera basée sur la restructuration de la dette avec les créanciers commerciaux et particulièrement les négociants en pétrole, compatibles aux objectifs du programme; le paiement avant le 31 décembre 2019 de tous les arriérés dûs aux créanciers bilatéraux extérieurs; la mise en œuvre de la quasi-totalité des quarante-sept mesures contenues dans le mémorandum de politique économique et financière au 31 juillet 2019; le plan d’apurement de la dette extérieure».
Sur les mesures liées à cette facilité élargie de crédit et quel en sera le coût social, le chef du Gouvernement a fait comprendre aux députés que le pays doit satisfaire certaines conditionnalités en rapport avec le respect des mesures qui servent de référence pour le suivi de l’évolution des variables macroéconomiques tels que les agrégats monétaires, les réserves internationales, les soldes budgétaires et les emprunts extérieurs ou encore les repères structurels qui aident à suivre l’application des réformes macroéconomiques essentielles dont dépend la réalisation des objectifs du programme. «Ce mémorandum met en évidence 48 mesures à exécuter par le Gouvernement entre mai 2019 et mars 2020. A ces mesures, il faut ajouter onze mesures relatives aux appuis budgétaires de la Banque africaine de développement et huit relatives aux appuis budgétaires de la Banque mondiale».
En ce qui concerne le coût social, «la facilité élargie de crédit ne conduira pas à des coupes sombres. Il n’y aura pas de réduction de la masse salariale», a rassuré Clément Mouamba.
Plutôt, «Il y aura augmentation des dépenses dans les secteurs sociaux, notamment la santé de base et la lutte contre les maladies, l’éducation de base, la protection sociale et la promotion de la femme», a-t-il poursuivi.
Concernant le collectif budgétaire évoqué par l’auteur de la question, le premier ministre a dit qu’il ne se justifiait pas. «Du point de vue budgétaire, il n’y a pas eu de grand décalage dans les réalisations observées actuellement. Le budget 2019 a été voté avec un besoin de financement de 520 milliards de F.CFA. Si par bonheur, on venait à mobiliser des recettes budgétaires assez consistantes dans l’année, elles viendraient systématiquement combler partiellement ou totalement ce besoin de financement de 520 milliards de FCFA. Dans ce cas de figure, un collectif budgétaire n’aurait pas sa raison d’être», a-t-il affirmé.

Cyr Armel YABBAT-NGO

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