ECLAIRAGE : Clément Mouamba affirme que le FMI ne va pas opérer des coupes sombres

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La conférence de presse animée par Clément Mouamba, Premier ministre, le 18 juillet dernier était, non seulement, l’occasion d’édifier l’opinion publique sur l’accord signé avec le FMI, mais aussi d’informer sur les actions qui seront posées par le Gouvernement pour conforter les positions du social.

 

Pour le premier ministre, ce prêt du FMI vise à relancer l’économie congolaise en panne de croissance, car tous les indicateurs économiques sont au rouge. «Le Congo a bénéficié d’un programme qui me parait très bon. Le FMI ne vient pas pour faire des coupes sur le plan social. Par exemple, ce programme ne prévoit point des avancements de salaires des fonctionnaires sans effet financiers. Ils continueront à avancer avec effets financiers».
Ce programme, selon lui,  demande d’avoir l’équilibre des finances publiques. «Lorsque l’équilibre est trouvé, l’Etat retrouve la souplesse pour faire face à tous ses engagements. Si l’équilibre est fait, il y a la régularité de payer tout le monde, y compris les boursiers, qui ne le sont plus aujourd’hui totalement. Le programme prévoit des montants conséquents en faveur du secteur de la santé. Il a un volet social très dense. Avec l’équilibre, on peut faire face aux arriérés des partenaires, tous la arriérés intérieurs et extérieurs, surtout intérieurs, tout en reconnaissant la détresse des hommes d’affaires qui ont fait faillite, parce qu’ils ne travaillent qu’avec l’Etat».
Selon les termes de l’accord, le Congo devrait mettre en œuvre 48 mesures imposées par le FMI, une à une, au plus tard en mars 2020. «L’application de ces mesures nécessite plusieurs acteurs, notamment le Gouvernement, le Parlement, les partenaires sociaux. Ces mesures sont de nature diverses, les finances publiques, les balances de paiement, la gouvernance, les rapports avec l’extérieur, la situation de la dette», a expliqué Clément Mouamba.
Le crédit contracté auprès du FMI est une dette à taux zéro. «La somme encaissée, c’est la somme à rembourser. Il n’y a pas de surcharge. Les décaissements des fonds des différentes tranches planifiées seront libérés en fonction des progrès que va réaliser le Gouvernement sur les 48 mesures retenues. La diversification de l’économie est une nécessité pour le pays. Le FMI va accorder 49,390 milliards de F.CFA en 2019 pour la première tranche, 74 milliards de F.CFA en 2020 pour la deuxième tranche, 74 milliards de F. CFA, également, en 2021 pour la troisième tranche et le reliquat de 49 milliards de F. CFA en 2022».  
Parlant de la dette, Clément Mouamba a indiqué que le surendettement était apparu à près de 117 % du PIB de façon automatique. «Le pays s’est retrouvé à un niveau insoutenable. Il y a eu des choses qui n’étaient pas inscrites dans le budget. Il a fallu s’endetter pour achever certains projets. Le niveau d’endettement du Congo, dans les grandes lignes, officiellement, est estimé aujourd’hui à 5.580 milliards de F. CFA. Dans ce lot, il y a la dette extérieure et intérieure. La dette extérieure s’élève à 3861 milliards de F. CFA et la différence, c’est la dette intérieure. Maintenant, il est question de redresser pour relancer le pays. On va donner la vraie cadence de l’économie en fonction des moyens dont dispose le pays, pour éviter de se retrouver dans cette situation, surtout que le pétrole intervenait à plus de 70% dans les revenus de l’Etat. Si la croissance est au rendez-vous et bien gérée surtout pour le secteur hors-pétrole, on peut se retrouver dans les normes»; a-t-il rassuré.
Dans le cadre du programme sur la facilité élargie de crédit avec le FMI, le Gouvernement envisage de réformer les entreprises étatiques et paraétatiques en difficultés, notamment le CFCO, Congo-Télécom et la SOPECO.

Philippe BANZ

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